C’est le tout premier sondage d’intentions de vote de la campagne des municipales 2026 à Lyon. L’enquête, commandée par Jean-Michel Aulas qui réfléchit de plus en plus sérieusement à une candidature, a fait l’effet d’une petite bombe après avoir été publiée par actu Lyon ce lundi.
Grégory Doucet arrive légèrement en tête, mais se fait bousculer par Aulas (sans étiquette) qui vire directement en deuxième place sans être officiellement lancé, sans programme ni équipe. De quoi bousculer le jeu. Voici les réactions à gauche, au centre, à droite et chez les écologistes…
Pour les écologistes, « ce sera projet contre projet »
Grégory Doucet ou son entourage ne commentent pas ce sondage. C’est l’adjoint écologiste Gautier Chapuis qui réagit. « Il nous reste un an de travail pour tout terminer, les projets, les chantiers », dit-il en critiquant en creux le sondage (panel, mode d’interrogation, candidats testés…).
« Ce qui va porter la campagne, c’est un projet, une dynamique, une équipe et on est encore loin de tout ça », met-il en garde.
Je ne doute pas qu’il aime cette ville mais quel projet il en a ? Ce n’est pas écrit. Il n’a pas encore dit qu’il était candidat. Ensuite, ça sera projet contre projet. Vu ses postures sur les travaux, on n’a pas la même vision du futur de la ville pour plus de place pour les piétons, cyclistes, plus d’arbres, moins de pollution… Je prends tout ça avec des pincettes, ça dépendra de son équipe, de ses projets…
Il estime que les partenaires de gauche (PS et LFI) sont « mesurés moitié que moins que nous » à 11% d’intentions de vote contre 22% pour le maire. « On souhaite une union, on souhaite travailler ensemble Ville et Métropole. On a des valeurs très alignées malgré des différences. Il faut un rééquilibrage au plus juste », selon l’adjoint.
Jean-Michel Aulas, « l’homme de la situation »
L’entourage de Jean-Michel Aulas qui a commandé le sondage ne commente pas. C’est le collectif « spontané » de soutien à l’homme d’affaires qui s’en charge.
« Le sondage souligne que Jean-Michel Aulas attire un électorat très large et diversifié, des retraités aux classes populaires, en passant par les électeurs centristes et modérés. Contrairement au maire sortant, dont le socle électoral est limité à la gauche écologiste, Jean-Michel Aulas est une figure de rassemblement, capable d’unir les Lyonnais bien au-delà des clivages traditionnels », dit-il dans un communiqué.
« Un sondage mauvais pour Grégory Doucet », tacle Pierre Oliver
Du côté de Pierre Oliver (LR), mesuré à 11% d’intentions de vote en cas de conduite d’une liste de droite, on affirme que c’est un « mauvais sondage » pour le maire Grégory Doucet, marqué par un fort rejet. « Il a une notoriété plus forte qu’en 2020, mais il fait 10 points de moins sur son bilan. Il est en tête, mais il est en baisse significative et c’est rare pour un maire sortant », assure le maire du 2e arrondissement.
Pour lui, Jean-Michel Aulas « vient rabattre les cartes » et « bouscule les équilibres ».
Celui qui n’est pas encore candidat mais qui pourrait se déclarer au printemps assure : « Je ne suis pas encore en campagne. On va créer notre propre dynamique ». Les 11% qui montrent un positionnement difficile de LR ne sont que le début, selon lui. « Aux législatives, on faisait entre 5 et 7% à Lyon, ça reste 4 points de plus », évacue-t-il. « Il faut l’union dès le premier tour, l’union fait la force », dit-il.
« Je suis dans le trio de tête », se félicite Georges Képénékian
Le rare candidat officiel, Georges Képénékian, se réjouit d’être « dans le trio de tête » en recueillant 15% d’intentions de vote.
« Il aura besoin de s’entourer de gens qui pourront l’accompagner dans ce travail, car c’est un engagement lourd. J’échange avec tout le monde, personne seul n’a toutes les solutions. Je maintiens mon appel. Les habitants n’attendent pas une grande vision politique nationale, ils attendent des réponses à leurs besoins. Et il faut aujourd’hui fédérer plutôt que diviser », dit-il à propos des ambitions de Jean-Michel Aulas.
L’ancien maire de Lyon prévient aussi : « Il ne faut pas sous-estimer les écologistes. »

Le PS « sera un acteur central de cette élection »
Sandrine Runel, testée à la tête d’une liste socialiste avec 11% d’intentions de vote, se réjouit des résultats de ce sondage qu’elle qualifie toutefois « imparfait ».
Ça joue en ma faveur, on est à un an du scrutin, je ne fais pas campagne et je suis testée seule alors qu’on ne partira pas tout seuls. On veut un rassemblement de la gauche, on est en échanges et c’est très encourageant de voir cela. Être déjà à 11% sans rien avoir annoncé, c’est une bonne nouvelle. On fera partie du paysage politique en 2026, c’est certain, on sera un acteur central de cette élection.
« Ça nous oblige, car on voit bien que le tempo est lancé et que le timing est celui-là. Peut-être devra-t-on discuter de tout ça bien avant le Congrès socialiste. » L’ancienne adjointe de Grégory Doucet affirme qu’elle est candidate à être cheffe de file du PS pour ces élections.

Chez les Insoumis, on est aussi « au centre du jeu »
Toujours à gauche, chez LFI, on se réjouit d’être au « centre du jeu » alors que la campagne commence à peine. La liste insoumise est à 11% d’intentions de vote, testée avec le nom du député Idir Boumertit qui ne sera pas candidat.
« 11%, c’est énorme en début de campagne ! Le cumul des candidats gauche/ droite, c’est 43%/44%, ça peut se jouer dans un mouchoir de poche », analyse Thibault Logereau, collaborateur parlementaire de la députée lyonnaise Anaïs Belouassa Cherifi qui pourrait être la candidate.
Le mouvement pourrait bien se lancer seul au premier tour pour ensuite peser au second en obtenant des concessions de Grégory Doucet : mairies d’arrondissements, adjoints, mesures de programme… « Je fais confiance à Grégory Doucet, il sait lire une carte électorale, il connaît les rapports de force », glisse LFI.

Nicolas Zaugra et Théo Zuili
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