C’était une nuit de tension à Guingamp, dimanche 16 mars 2025, quand un incendie a ravagé un appartement au 14, rue des Ponts-Saint-Michel.
Deux pompiers, pris au piège dans une fumée opaque, ont frôlé le pire. Aujourd’hui, heureusement, le soulagement domine.
Contacté ce mercredi 19 mars par L’Écho de l’Armor et de l’Argoat, le lieutenant-colonel Denoual, chef des opérations du Sdis 22, livre des nouvelles rassurantes : « Notre collègue, plongé en réanimation et sous sédation à Saint-Brieuc, a repris conscience. Il va mieux, et les médecins sont optimistes : il devrait s’en sortir sans séquelles, même s’il faut rester prudent, car le suivi médical se poursuit. »
Un mur de fumée qui piège les pompiers de Guingamp
Un immense soulagement pour les pompiers de Guingamp et de toutes les Côtes-d’Armor, qui ont tremblé pour leur frère d’armes.
Retour sur ce drame : au cœur de l’appartement, la fumée, épaisse comme un mur, a piégé les deux soldats du feu.
« Dans cet appartement, ils ont fait face à ce que l’on appelle un feu couvant, qui dégage énormément de fumée. Leurs bouteilles d’air sont tombées sous les 50 bars de pression, déclenchant une alerte stridente, indiquant la nécessité pour eux de quitter rapidement les lieux. Mais il a été compliqué pour nos collègues de trouver la sortie dans ce brouillard de fumée toxique, avec des réserves d’air qui baissaient rapidement », raconte le lieutenant-colonel Denoual.
Sauvés in-extremis par leurs collègues
À bout de souffle, ils ont été sauvés in extremis par leur binôme de sécurité, qui les a arrachés à la fumée et aux flammes.
Pris en charge dans l’urgence, l’un, plus gravement touché, a rejoint l’hôpital de Saint-Brieuc, l’autre celui de Guingamp.
Le second, moins gravement atteint, a pu rapidement quitter l’hôpital, mais l’inquiétude était vive pour le premier, placé en réanimation.
« On a eu peur, vraiment peur pour notre collègue », confie le lieutenant-colonel Denoual.
Pour tous les soldats du feu, le choc reste vif.
L’intervention, un vrai défi, a mobilisé 64 pompiers pour juguler l’incendie et protéger les bâtiments voisins.
« On a évité une propagation plus large du feu grâce à la rapidité de l’intervention ».
Le temps de l’enquête et du rétablissement
Une enquête est désormais lancée pour décortiquer l’incident et renforcer, éventuellement, les protocoles de sécurité et d’intervention.
Pour ces héros, la guérison sera physique, mais aussi mentale : le traumatisme ne s’efface pas d’un coup de sirène. « Des échanges avec des psychologues permettent aux pompiers de verbaliser et d’extérioriser de possibles traumatismes », conclut le lieutenant-colonel Denoual.
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