Home Faits Divers le pédophile des campings, repéré dans les Yvelines, dort en prison

le pédophile des campings, repéré dans les Yvelines, dort en prison

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Il est arrivé seul et libre le jeudi 13 février 2025 au tribunal de Versailles (Yvelines), sans famille ni avocat. Il est reparti entouré par deux policiers, les menottes aux poignets. « C’est une catastrophe », s’est-il exclamé quelques minutes plus tôt en apprenant qu’il risquait cinq ans d’emprisonnement avec une incarcération immédiate.

Originaire d’Igny (Essonne), cet homme de 65 ans a comparu pour des faits remontant au 20 juillet 2024. Au camping Huttopia de Rambouillet, il avait été surpris en train de prendre en photo un adolescent sous la douche, glissant son téléphone par le bas de la cabine.

L’enfant avait hurlé, ce qui avait permis à sa sœur de poursuivre le retraité jusqu’à sa tente, qu’il partageait avec sa femme et des amis, et de prévenir la direction du camping.


573 photos et 5 vidéos compromettantes

Le sexagénaire avait finalement été interpellé à son domicile d’Igny le 29 août 2024. Dans son téléphone, les enquêteurs découvraient alors la somme de 573 photos et 5 vidéos de mineurs, prises entre 2022 et 2024, montrant des adolescents nus sous la douche, parfois même en train de se masturber.

Pour établir un tel stock, le prévenu avait écumé les campings, de Rambouillet à Oléron (Charente-Maritime), en passant par Ploërmel (Morbihan) ou encore Landrellec (Côtes-d’Armor).

Comment en est-il arrivé là ? « Je cherche des réponses, a-t-il murmuré à la barre. Je suis perdu, c’est stupide, ça n’apporte rien. Je ne cherchais pas spécialement à prendre des photos. C’est le hasard. »

Vidéos :

« Vous créez votre propre contenu pédopornographique »

Ces explications ont peu convaincu le président du tribunal. « Si vous regardiez par le dessous de la cabine, c’est bien que vous cherchiez s’il n’y avait pas une petite photo à prendre. C’est une démarche active de votre part. Vous créez votre propre contenu pédopornographique. »

À demi-mot, le prévenu a d’abord reconnu qu’il faisait tout ça depuis 4 ou 5 ans, avant de concéder que cela faisait peut-être 10 ou 15 ans finalement, avouant même une précédente condamnation en 1991 (1 mois de détention préventive, une condamnation non inscrite à son casier judiciaire) pour détournement de mineur.

Une attirance pour les garçons de 13 à 16 ans

« Je prends en photo toutes les tranches d’âge mais je ne garde que celles des garçons de 13 à 16 ans car c’est le début de la puberté. » Le retraité évoque une agression sexuelle subie par son propre frère. » Pourquoi ça ressort maintenant ? C’est difficile à comprendre. » Il soutient qu’il était arrivé à un stade « où il fallait que ça pète, je ne contrôlais plus rien ».

Que faisait-il de toutes ces photos ? « Rien, je les mets juste sur un cloud (stockage en ligne) et je ne les regarde plus. Celles que j’ai prises cet été, j’étais d’ailleurs à deux doigts de les effacer. Mais je ne l’ai pas fait. »

Des antécédents il y a plus de 30 ans

Il a aussi reconnu que certains de ses contacts lui avaient envoyé des photos sur des chats gays.

« Et si c’étaient vos enfants sur ces photos ? », demande le président du tribunal. « Je n’apprécierais pas. Je pense que j’aurais réagi violemment », admet-il.

« Ce qui est ancré chez vous depuis le début des années 90, ou peut-être même avant, ne vous a jamais lâché, poursuit le président du tribunal. Ça a même évolué. C’est quoi la limite ? Où allez-vous vous arrêter ? Quelle est la prochaine étape ? »

« Je sais que je peux me sortir de tout ça, assure le sexagénaire. J’ai commencé une thérapie (NDLR : deux séances pour le moment) et je la continuerai, aussi longue soit-elle, peut-être jusqu’à la mort. Ces images, je ne veux plus les voir. Je veux faire le vide, travailler sur moi-même, essayer de comprendre. »

« Aucune empathie pour ses victimes »

Un argumentaire qui n’a pas convaincu la procureure de la République.

« Ces actes sont loin d’être anodins. Ce sont des délits. Sa pratique est ancrée depuis plus de 10 ans. Il cherche le contact avec les collégiens (NDLR : en devenant notamment chauffeur de bus à la retraite). Je vois un vrai pédophile qui n’a aucune empathie pour ses victimes. Il réagit seulement quand on lui parle de la peine encourue. »

La procureure de la République

Elle a demandé « une réponse ferme » : 12 mois d’emprisonnement avec un mandat de dépôt et un suivi sociojudiciaire de 5 ans.

Après un long délibéré, le verdict est tombé : un an avec incarcération à Bois-d’Arcy, qui laissera la place, après une rencontre prochaine avec le juge d’application des peines (JAP), à une détention à domicile sous surveillance électronique.

Un suivi sociojudiciaire pour une durée de 5 ans lui a été imposé, ainsi qu’une injonction de soins, l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) et l’interdiction définitive d’entrer en contact avec des mineurs.



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