Parcourir le globe à contresens. C’est le nouveau défi d’Yvan Bourgnon. Le navigateur et aventurier franco-suisse, basé à La Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan, veut établir le tout premier temps de référence de ce tour du monde en solitaire à bord d’un multicoque. Au départ et à l’arrivée de Brest. Fin 2026 (ou fin 2027).
Un exploit pour lequel il se prépare. Parce que contrairement à la route normale, il lui faudra franchir le Cap Horn en premier, puis longer l’Antarctique en passant par les caps de Bonne-Espérance et Leeuwin avec des vents contraires dans les mers du sud, pour enfin remonter l’Atlantique jusqu’à Brest. « Naviguer contre les vents dans les mers du Sud, c’est comme escalader l’Everest par la face nord : chaque mille parcouru demande une énergie et une préparation hors normes », précise Yvan Bourgnon.
« Ce n’est pas insurmontable »
« C’est une route qui fait un peu peur », reconnaît le navigateur-aventurier. Parce que seulement cinq skippers ont réussi la traversée en monocoque, le record étant détenu depuis 2004 par Jean-Luc Van Den Heede (122 jours et 14 heures). En multicoque, Yves Le Blevec avait chaviré proche du Cap Horn en 2017 et Romain Pilliard/Alex Pella avaient également échoué en 2021-2022.
« Mais à un moment donné, ça va s’ouvrir, parce que ce n’est pas insurmontable, optimise Yvan Bourgnon. Il faut juste être le premier. » Il veut être celui-là.
Le navigateur et aventurier pense que c’est le bon moment pour lui. « Contre les vents dominants, tu te rallonges la route pour éviter d’essuyer tempête sur tempête, il y a beaucoup plus de manœuvres de changement de vent, cela demande un engagement technique, matériel et humain. Il ne faut jamais pousser le bateau à 95/100 % de ses capacités. Donc savoir baisser le pied. »
À 55 ans, j’ai plus de maturité et de sagesse pour prendre le temps et raisonner.
Son objectif premier sera de revenir à Brest. « En moins de 100 jours. 90 jours ce serait bien. »
L’acquisition du bateau en 2026
Yvan Bourgnon s’est lancé dans une première course : démarcher des partenaires pour boucler son budget. 2,5 millions d’euros pendant trois ans. « C’est la moitié d’une écurie d’un Top 15 pour le Vendée Globe. »
En 2026, il fera l’acquisition du bateau. « Idéalement le trimaran Idec, géant de 32 mètres de long qui a remporté des records légendaires, très fiable et qui, pour moi, est fait pour réussir ce défi. »
Deux transats sont prévues l’été 2026 pour prendre le bateau en main et se lancer dans la course en décembre 2026.
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