Une onde de choc a traversé la mairie de Haute-Goulaine ce jeudi 6 février. Au petit matin, élus et agents ont appris la condamnation d’un conseiller municipal pour agression sexuelle. Des faits survenus en 2022 à Rezé, alors que ce dernier était technicien d’une filiale d’EDF et intervenait chez une cliente, pour lesquels l’homme de 53 ans a écopé de 15 mois de prison avec sursis probatoire.
C’est la stupéfaction. Je suis abasourdi.
Il n’a pas attendu l’entretien avec ce dernier pour retirer sa photo de l’équipe majoritaire sur le site internet de la ville. Une rencontre prévue en fin d’après-midi, une fois la mairie désertée « pour éviter de croiser le personnel féminin qui s’est montré très inquiet ».
Sentiment de trahison
J’ai d’abord une pensée pour la victime. J’espère qu’elle pourra se remettre de cet acte ignoble. Je lui apporte, en mon nom et celui du conseil municipal, tout notre soutien.
Un élu également « en colère » par le sentiment de trahison qui l’envahit.
Jean-Jacques Beaugrand nous a rejoints il y a environ deux mois. Il était auparavant dans la minorité. On avait eu des discussions sur ses valeurs. Il avait réussi à gagner notre confiance.
En effet, candidat sur la liste Agir ensemble pour Haute-Goulaine en 18e position, il était rentré au sein du conseil municipal en octobre 2023, après de nombreuses démissions d’élus de l’opposition.
Nous n’étions pas informés de ce procès. Et encore moins du jugement qui a été rendu la semaine dernière. Il aurait au minimum dû nous prévenir. Il ne mettra plus les pieds à la mairie : il prend ses affaires et s’en va. Alors que la lutte contre les violences faites aux femmes est une cause nationale et qu’un élu doit être exemplaire, nous devons dénoncer ces agissements collectivement.
Déchu de sa fonction d’élu
Le maire n’aura toutefois pas à l’exclure, ni à attendre sa démission : les faits pour lesquels il a été condamné étant postérieurs à son élection, son mandat n’ira pas plus loin. Il est déchu de sa fonction d’élu local.
Cette déflagration survient alors que les tensions sont perceptibles au sein du conseil municipal. La majorité a perdu de nombreux colistiers en route : outre les démissions de deux élus, cinq autres ont quitté l’équipe dont quatre pour rallier la minorité.
C’est à partir de ce moment-là qu’on a décidé de lui dire qu’on était plus en phase avec lui. On n’avait pas d’atomes crochus. Les valeurs qu’il véhicule ne sont pas les nôtres. Même si on voyait bien qu’il adhérait aux décisions du maire, on a été très surpris qu’il rebondisse quelques jours après dans son équipe. Comme a été également éberlués de cette condamnation. On était évidemment au courant de rien
A un an des élections municipales, ce poste ne devrait pas être pourvu. Le condamné étant élu sur le groupe minoritaire, le siège pourrait leur revenir. Mais la liste est quasiment épuisée. La majorité devrait compter 18 noms et les minorités 10.
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