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Le maire d’Alençon défend un « budget sincère », l’opposition parle d’une « tribune » avant les élections

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Son étude avait été reportée de quelques semaines en raison de l’absence de budget 2025 adopté. Lors du conseil municipal du lundi 3 février, les élus d’Alençon ont abordé le débat d’orientation budgétaire, qui présente les grandes lignes du budget avant qu’il ne soit voté. « Ce décalage a permis d’avoir une vision plus juste des grands équilibres budgétaires qui vont impacter les communes », a déclaré le maire Joaquim Pueyo.

Tributaire des dotations de l’État

Car la collectivité est dépendante des dotations de l’État, notamment la Dotation globale de fonctionnement (DGF) et la dotation de solidarité urbaine (DSU), qui représentent « 35 à 39 % » des recettes de la Ville, a rappelé Ahamada Dibo, adjoint aux finances. D’autres incertitudes subsistent d’ici l’arrivée du futur projet de loi de finances.

Il y a deux éléments prégnants sur lesquels on se doit d’être attentifs : la contribution des collectivités locales au redressement des finances publiques et le rétablissement de l’équilibre financier de la caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales.

Ahamada Dibo, adjoint aux finances

En 2025, les dépenses de fonctionnement de la collectivité sont évaluées à 29,50 M€ (contre 28,26 M€ en 2024), les recettes de fonctionnement à 33,04 M€ (contre 31,80 M€ en 2024). L’épargne nette, après remboursement du capital de dette, devrait s’élever à 2,64 M€, comme pour le budget prévisionnel 2024.

Vélo, place Foch, photovoltaïque…

Le maire a indiqué que la Ville « continuera à soutenir fortement le tissu associatif avec plus de 1,80 M€ de subventions » et à agir autour de « trois axes prioritaires », à savoir le bien-vivre, les solidarités et le dynamisme. Il a également fait savoir que la collectivité n’augmentera pas ses taux d’imposition. « Ce DOB prévoit de poursuivre des projets importants comme le développement des continuités cyclables, l’action en faveur de l’habitat, l’aménagement des espaces verts et la végétalisation de l’école Robert-Desnos, enjeu essentiel dans un monde qui se réchauffe », a listé Joaquim Pueyo.

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Sur le plan des investissements, une enveloppe de 11,22 M€ est envisagée sur l’année. Notamment 3,56 M€ pour les aménagements de voirie et le Plan vélo, 1,50 M€ pour la requalification de la place Foch, 850 000 € pour la création de deux centrales photovoltaïques, « au-dessus des ateliers municipaux et du gymnase Poisson », 152 000 € pour l’installation de deux aires de fitness, 150 000 € pour la modernisation du système de vidéo-protection ou encore 100 000 € pour la végétalisation de la cour de l’école Desnos. « Ce budget n’est donc pas celui de l’immobilisme », a appuyé Joaquim Pueyo.

Et d’ajouter : « Nous devons faire preuve de prudence et de rigueur pour garantir la pérennité de nos actions tout en maintenant un haut niveau de service public. Nous priorisons nos investissements et nous optimisons nos ressources pour ne pas compromettre notre capacité à agir. »

« Nous devons investir pour l’avenir »

Le centriste Ludovic Assier, conseiller municipal d’opposition, a été le premier à prendre la parole. Il s’est inquiété de la « progression plus rapide » des dépenses de fonctionnement (+ 4,46 %) que les recettes de fonctionnement (+ 2,33 %) et de « l’érosion régulière » de l’épargne nette, « autrement dit de nos capacités à investir grâce à nos ressources propres ».

Avant d’évoquer deux pistes de travail :

Nous devons investir pour l’avenir, c’est-à-dire penser nos bâtiments pour qu’ils soient moins énergivores et, ainsi, avoir un impact significatif sur nos dépenses. De même, nous devons examiner toutes les mutualisations possibles. À une époque, nous avions suggéré des rapprochements communaux, avec Cerisé, Saint-Germain-du-Corbéis, par exemple, puisque des élus de ces communes y sont favorables.

Ludovic Assier, conseiller municipal de l’opposition

Ensuite, l’élu d’opposition Pascal Mesnil, de la gauche unie, écologique et solidaire, a dit « s’interroger sur la réalisation » des investissements annoncés « au regard des taux de réalisation des années précédentes », notamment les aménagements des places Bonnem et Foch et la cour de l’école Desnos qui vont solliciter des subventions auprès du Fonds vert, qui devrait être largement amputé dans la loi de finances 2025.

« Las de ces inactions »

Même son de cloche pour la conseillère d’opposition Sophie Douvry (LR) : « Cet exercice obligatoire pourrait être intéressant si les débats d’orientations budgétaires précédents ne nous avaient pas appris que vos orientations ne sont pas souvent suivies d’investissements réels comme nous le constaterons avec le compte administratif et le faible taux de réalisation », a-t-elle pointé. « Par exemple, vous nous proposez 3,56 M€ pour les travaux de voirie et le Plan vélo contre 4 M€ l’an passé. Concrètement, qu’est-ce qui a été mis en place l’an dernier ? Nous avions des espoirs de voir enfin une politique vélo avancer. Ce sera peut-être le cas cette année à l’approche des élections… »

Celle qui a déjà annoncé sa candidature aux municipales 2026 estime que ce DOB « ne semble être qu’une tribune permettant de communiquer sur ce qui ne sera pas mis en place ». « Nous sommes las de ces inactions. Quand d’autres villes avancent, nous prenons du retard qui sera de plus en plus difficile à rattraper ! »

« Je n’ai jamais vu autant de chantiers »

Joaquim Pueyo a défendu des « investissements conséquents » avec des décisions sur des fonds de concours (pôle de santé, gendarmerie, espace sportif au skate-park…) et un « travail sur l’habitat » en apportant des « aides très conséquentes ». « Nous sommes l’une des villes qui aident le plus par rapport à notre strate de population. Grâce à l’action Cœur de ville, je n’ai jamais vu autant de chantiers dans la ville. »

Et de conclure : « C’est un budget sincère en fonction de nos capacités, de nos recettes et des incertitudes. Je préfère avoir une ville qui n’est pas endettée. » Au 1er janvier 2025, la dette de la ville s’élève à 8,22 M€ soit une durée résiduelle de 9 ans et 1 mois avec un taux moyen de 0,8 %.



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