Le 24 décembre 1943, un attentat contre un foyer du soldat allemand à Morlaix entraîna une rafle : sur 600 personnes arrêtées, 60 furent déportées. Cet épisode marqua un tournant dans la répression en Finistère : ce fut directement de l’état-major de Rommel que vint l’idée d’organiser, dans le cadre de la lutte contre les terroristes, des commandos de chasse composés en partie de volontaires français qui pourraient sortir de la légalité militaire sans que leur action soit freinée par le commandement.
Un groupe aussi violent…
Le Kommando de Landerneau fut mis en place au printemps 1944 : pouvant mobiliser une vingtaine d’hommes, il fut chargé d’empêcher l’entrée d’armes dans la forteresse de Brest, de rechercher les saboteurs et les zones de parachutage… Il comptait quelques nationalistes qui s’adressèrent parfois en breton à leurs prisonniers, ce qui fut vécu comme le comble de la trahison. Ils allaient même annoncer la mort d’un captif à sa famille avant de l’expulser et de brûler la maison, non sans s’être servi en objets de valeur et en denrées alimentaires au passage.
…qu’inefficace
Toutefois, malgré la violence de son action (qui ne fit que croître après le débarquement de Normandie) et l’arrestation de résistants notoires comme Paul Fonferrier ou Mathieu Donnart, le Kommando ne put revendiquer qu’un bilan mitigé : il n’ébranla que des groupes qui ne représentaient que 4 % de la Résistance et ne joua qu’un rôle mineur dans la retraite vers Brest. Certains de ses membres réussirent même à déserter ! Il n’atténua donc guère la déconfiture allemande…
Benoît Quinquis
Source : Communication de Jean-Yves Guengant, prononcée le 24 octobre 2024 dans la cadre du colloque Les victimes de 1944 en Bretagne.
Source link