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le jeune écope d’une peine de prison ferme

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Le soir du 8 juillet 2024, entre 23 h et 23 h 30, les policiers de Val-de-Reuil (Eure) sont en patrouille de routine dans les rues de la ville lorsqu’une Dacia passe devant eux à ce qui leur semble être une vitesse excessive. Décision de contrôle est prise. Un peu plus loin, les policiers demandent au conducteur en infraction d’arrêter son véhicule. À l’approche, les agents assermentés reconnaissent bien les jeunes gens à bord, dont ils connaissent également la famille. Randy, le conducteur, descend du véhicule. Permis, assurance, carte grise, contrôle technique : tout est en ordre et tout pourrait en rester là.

Pourtant, l’interrogation des fichiers fait remonter une recherche du tribunal d’Évry Courcouronnes à l’encontre de Randy. Lors des palpations d’usage, le jeune homme indique avoir un couteau papillon au fond de sa sacoche. Mais lorsque l’agent veut le menotter, tout dérape. Selon le procès-verbal, le prévenu se débat, agite les bras comme il battrait des ailes et finit par s’enfuir en courant, non sans avoir, aux dires du policier – partie civile devant le tribunal ce jour – infligé quelques coups de pied et une balayette qui l’aurait projeté à terre. La bousculade aura occasionné quelques contusions sans provoquer d’impotence fonctionnelle. L’examen médical accorde un jour d’interruption totale de travail à la victime.

Une « arrestation pleine d’a priori »

Jointes au débat par la partie civile, « les vidéos » extraites des caméras de plastron des policiers ne sont guère explicites. On y voit une action confuse. En caméra subjective, une silhouette de dos tente d’échapper à l’interpellation. Me Marc François, avocat de la défense, interpelle la cour : « On vit des expériences existentielles dans cette salle d’audience ! Je ne vois rien ! Vous dites ‘les vidéos’ : il n’y en a qu’une. Pourquoi ? Je n’imagine pas qu’on n’aurait pas joint la deuxième caméra, car il ne se passerait rien ? Comment mon client pourrait-il faire une balayette à quelqu’un qui se trouve derrière lui ? Sur les images, je ne vois pas de violence. Il n’y a pas d’intentionnalité. On entend Randy qui demande : ‘Pourquoi m’arrêtez-vous ?’ Il veut être informé de ce qu’il lui arrive. Vous ne pouvez condamner mon client que pour rébellion. »

Dans son argumentation pleine de verve et de saillies bien senties, parfois même avec un soupçon d’ingénuité dans la voix, Me François semble, à mots à peine couverts, remettre en cause la bonne foi de la partie civile. Il dénonce aussi une « arrestation pleine d’a priori ». Si l’assemblée semble sous le charme de ce morceau de bravoure, la cour, ni impressionnée ni convaincue, reste de marbre.

Vidéos :

Une deuxième arrestation

Il faut dire que la défense a fort à faire, au regard de la deuxième interpellation tout aussi rocambolesque que la première. Le 19 octobre 2024, cette fois averties du caractère un peu ficelle du prévenu, les forces de l’ordre prévoient un dispositif à l’arrière du logement pour interpeller Randy chez sa maman suite à un nouveau refus d’obtempérer.

Lorsque les policiers frappent à la porte, le jeune homme saute par la fenêtre de sa chambre, parvient à échapper au dispositif qui l’attend, escalade la clôture du jardin. Une poursuite s’engage, aussi dérisoire que ridicule, au travers de broussailles et ronciers. Au terme d’une poursuite, qui aura occasionné quelques égratignures, dont il faudra faire droit, le jeune homme est enfin conduit au poste.

Les débats auront montré les difficultés quotidiennes croissantes auxquelles sont confrontés les policiers. Finalement reconnu coupable de violences, rébellions et refus d’obtempérer, Randy est condamné à six mois de prison ferme pour refus d’obtempérer avec mandat de dépôt, interdiction de porter une arme pendant cinq ans. Il écope également de seize mois de prison, dont huit avec sursis probatoire, obligation de soins en addictologie, obligation de travail, obligation de réparer et obligation de payer les sommes dues au trésor public. En outre, la partie civile se voit accorder 600 € pour préjudice physique ainsi que 600 € de frais de justice. Le jeune prévenu n’est pas près de prendre son envol.

Les condamnations en première instance ne sont pas définitives puisque susceptibles d’appel. Jusqu’à la condamnation définitive, les prévenus sont donc toujours présumés innocents.



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