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Le Jaouen, héros discret de la boxe



Il y a pile un an, l’ancien boxeur Jean-Pierre Le Jaouen s’éteignait à l’âge de 83 ans.

Dans la discrétion. Bon nombre d’amoureux du noble art n’ont appris que récemment son décès. Il fut l’un des quatre plus illustres sportifs, originaire de Mériel (Val-d’Oise), aux côtés du boxeur Jean Poësy, du cycliste André Leducq et de l’escrimeur Georges Breittmayer.

Héros discret

Le 28 janvier 1972, Jean-Pierre Le Jaouen avait été le premier boxeur du Val-d’Oise à combattre pour un titre de champion d’Europe professionnel.

Bien avant Antoine Fernandez (en 1989) et Khalid Rahilou (en 1994).

Le Mériellois, qui a grandi rue du Bas-Val-Mary et a vécu 54 ans au 21, chemin de Paris, défiait l’Italien Antonio Puddu au Palais des sports de Milan pour la ceinture des légers. Le combat d’une vie, en 15 rounds face à un sacré rival (une défaite en 46 combats).

« Comme des millions de téléspectateurs, j’avais suivi son combat sur l’Ortf, depuis notre domicile où je gardais nos deux enfants. 5 000 spectateurs étaient dans la salle lombarde. Mon mari était accompagné par son manager Roger Thorel (formateur du champion du monde Khalid Rahilou) et son kiné Paul Kormann », se souvient sa veuve Josette. 

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Chance continentale

Outsider vaillant, le natif de Méry-sur-Oise avait envoyé à terre le tenant dans les 5e et 9e reprises, mais avait été battu aux points.

Sa carrière de boxeur, débutée à l’âge de 12 ans, s’était achevée cinq mois plus tard, à 31 ans.

Le sociétaire de l’Usc Conflans avait déjà tout connu : 85 combats amateurs entre 1957 et 1966 et un titre de champion de France 1965 des légers décroché face à Jacques Cotot (2 fois sélectionné aux Jo). Puis, 26 succès en 34 combats en professionnel, entre 1966 et 1972.

Il avait été invaincu sur ses 19 premiers matches, deux fois champion de France (face à Thomias et à Pesenti) et deux fois opposé à Léo Tavarez (l’homme qui donne son nom au complexe sportif de Cormeilles-en-Parisis). 

Titres nationaux

Sa passion pour la boxe lui venait de son père Pierre, pro de 1928 à 1933 en poids coqs. Il aimait faire ses footings dans le bois des Garennes, à Mériel, s’entraîner chaque jour à Conflans (Yvelines) après son travail de tourneur puis de photographe.

Après avoir raccroché les gants, Jean-Pierre Le Jaouen fut arbitre national de boxe durant 20 ans et… représentant en vins et spiritueux. Comme Chuck Wepner, héros discret qui inspira le personnage de Rocky.

Julien BIGORNE




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