Un gang spécialisé dans le vol d’appareils utilisés dans les cabinets de sages-femmes et qui opère dans l’Hérault et le Gard, a échappé aux gendarmes de la compagnie de Lunel. Récit.
Ces derniers mois, des cabinets de gynécologues installés dans l’Hérault ont été cambriolés, de nuit, par effraction, selon un mode opératoire identique, avec comme butin de précieux appareils utilisés par les sages-femmes, tels que des microscopes, des outils pour électro-stimulation, des toises bébé, des pinces gynécologiques à usage unique, mais surtout des vidéos à coloscopes LED onéreuses et recherchées sur le marché. Le dernier vol aurait été commis l’été dernier au Crès, dans le ressort de la compagnie de gendarmerie de Castelnau-le-Lez.
Le gang très organisé qui repère ses cibles semble t-il refait parler de lui. En effet, dans la nuit de mercredi 29 à ce jeudi 30 janvier 2025, trois cabinets de gynécologie obstétrique ont été cambriolés dans le Lunellois, à l’Est de Montpellier, dont à Mauguio et à Mudaison, deux communes proches et le troisième non loin de Castries.
Selon l’inventaire dressé par les sages-femmes délestées de leurs appareils incontournables -fort heureusement récupérés le soir même des vols-, le préjudice avoisinait 200 000€. Selon une source gardoise proche de l’enquête, à partir de deux véhicules -un fourgon volé et une voiture, sans doute dérobée également-, les gendarmes de plusieurs unités de la compagnie de Lunel, compétente pour les trois derniers cambriolages, ont réussi, le jour même, à retrouver le fourgon abandonné dans une commune située à l’Est de Nîmes, puis de localiser un terrain isolé quelques kilomètres plus loin, dans un village également à l’Est de Nîmes, où était entreposé dans des constructions vides d’occupant, l’ensemble du matériel volé aux sages-femmes.
Alors que l’opération en cours était visible depuis la route où s’activaient une douzaine de gendarmes pour perquisitionner les lieux et récupérer les appareils, des militaires ont soudain vu passer la fameuse voiture identifiée comme ayant été utilisée la nuit des trois cambriolages et qui accompagnait le fourgon, découvert à quelques dizaines de kilomètres de là…
Une filière pour écouler ce matériel ?
Bien entendu, les voleurs ont poursuivi leur route à toute vitesse et ont disparu. On ignore si depuis, le véhicule a pu être localisé dans le Gard ou dans l’Hérault pour tenter d’identifier les membres de ce gang, qui doit utiliser une filière pour écouler une telle marchandise, des outils particuliers qui équipent outre les cabinets de sages-femmes indépendantes, les services d’hôpitaux, de cliniques et de maternités. À moins que ces appareils soient écoulés dans des établissements hospitaliers de pays du Maghreb, où il existe un réseau comme des enquêtes de police et de gendarmerie l’ont montré dans le passé.
Aucun dispositif de surveillance
Les investigations se poursuivent activement, aidées par les gendarmes scientifiques de la cellule d’identification criminelle qui a passé le fourgon volé et les appareils récupérés au peigne fin en quête de traces papillaires ou ADN. Reste qu’une source proche de l’enquête s’étonne ce samedi 1er février, qu’aucun dispositif de surveillance -notamment une planque discrète- ait été mis en place autour du terrain, où avaient été dissimulés les appareils dérobés dans les cabinets des sages-femmes pour réaliser un beau flagrant délit. Les auteurs qui ont filé au nez des gendarmes venaient sans nul doute tout récupérer…
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