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Le contrôle routier se termine mal, un gendarme s’agrippe à la voiture : 1 an ferme



Samedi 25 janvier 2025, vers 16 heures, un homme de 46 ans, au volant d’une C4 Citroën, s’arrête sans faire de difficultés au contrôle routier mis en place au Theil-en-Auge (Calvados), entre Pont-l’Evêque et Honfleur. Il est titulaire du permis, le contrôle d’alcool s’est révélé négatif et le véhicule qui lui a été prêté est parfaitement en règle.

Toutefois, il paraît contrarié que le militaire lui demande de se garer quelques mètres plus loin afin de procéder à un dépistage de produits stupéfiants.

 » Moi je disais de lâcher « 

L’homme s’arrête à l’endroit indiqué, coupe son moteur, puis alors que le gendarme arrive à son niveau, il remet le contact, passe la première et quitte le parking.

Le gendarme, qui s’est accroché par réflexe à la portière, lui enjoint de s’arrêter. « Il me disait de m’arrêter et moi je disais de lâcher », expliquera le conducteur.

Le gendarme tombe

Un dialogue de sourds qui s’est brutalement arrêté quand le quadragénaire a donné un coup de volant à droite pour corriger sa trajectoire et prendre la route à vive allure en direction de Fourneville.

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Cette manœuvre a fait chuter le gendarme sur le sol. Dans le choc, la crosse de son arme de service s’est brisée et les balles se sont répandues sur la chaussée.

 » Je m’estime heureux « 

Le gendarme souffre d’un œdème de la main droite, d’un hématome à la cuisse et de dermabrasions. Il a eu 2 jours d’ITT, prescrits par le médecin de l’unité médico judiciaire.

« J’avais peur, si je lâchais, de passer sous la roue arrière. Je m’estime heureux d’être vivant. Heureusement qu’aucun véhicule n’arrivait en sens inverse. »

L’automobiliste a été jugé lundi 27 janvier 2025 en comparution immédiate au tribunal de Lisieux. Il se trouvait en état de récidive légale pour avoir été condamné le 17 septembre 2021 par le président du tribunal judiciaire d’Évreux pour conduite sous stupéfiants ; un délit assimilé à un refus d’obtempérer.

« J’ai honte de me droguer »

« J’ai honte de me droguer, je l’avais caché à ma famille et je ne voulais pas qu’elle le sache. » Tout au long de l’audience, le prévenu s’est confondu en excuses et a martelé ne pas avoir voulu « faire du mal » au militaire.

« S’il avait été devant la voiture, je n’aurais jamais bougé. J’ai vu que je pouvais m’enfuir… J’ai tenté… il avait juste à lâcher et c’était bon. »

Le lendemain matin, il appelait la gendarmerie pour se dénoncer. Une démarche spontanée mais superflue car le militaire avait conservé son permis de conduire.

Deux ans ferme requis

Après avoir précisé que la sécurité routière et les attaques aux forces de l’ordre sont deux sujets prioritaires pour le ministère public, la procureure requiert 24 mois de prison ferme avec mandat de dépôt.

Pour l’avocate de la défense, la décision des juges devra être « une peine juste qui protège la société et permette à [son] client – au lourd passé judiciaire – de se sortir de ce mauvais pas et de retrouver le droit chemin. »

16 ans de sa vie en prison

Le prévenu, dont le casier judiciaire comporte 9 mentions – lui ayant valu de passer 16 ans de sa vie en prison – est condamné à 18 mois de prison dont 12 assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de travail et de soins. Le tribunal prononce son inéligibilité pendant 5 ans et l’annulation de son permis de conduire.

6 mois pour le refus d’obtempérer

Il devra attendre un mois avant de le repasser. Pour le délit de refus d’obtempérer qui fait l’objet d’une peine distincte, il est condamné à 6 mois de prison.

Les peines de prison ferme sont susceptibles de bénéficier d’un aménagement. Il devra verser 500 € au plaignant au titre de préjudice physique et 1000 € pour la souffrance endurée.



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