Home Politique le conseil municipal d’Andrésy brusquement interrompu

le conseil municipal d’Andrésy brusquement interrompu

35
0



« Monsieur Trump ! Tu te souviens ? Petit Trump ! » Cette phrase lancée lors du conseil municipal d’Andrésy (Yvelines), mercredi 12 février, fut décisive. Elle a été prononcée par Michel Près, ancien adjoint au maire ayant rejoint le groupe d’opposition Andrésy Union Citoyenne (Auc), et elle était destinée à Lionel Wastl, le premier magistrat (Dvg) de la commune des bords de Seine. Cette même comparaison au président américain avait déjà fusée lors du précédent conseil. Mais cette fois-ci, le maire n’a pas laissé passer.

« C’est la quatrième fois… On arrête ! »

« Qu’est-ce que tu as dit ? », a-t-il demandé à son ancien colistier. « Petit Trump, comme la dernière fois », a réitéré Michel Près avec aplomb. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. « Bon, ça suffit… Je ne me fais pas injurier ! C’est la quatrième fois que monsieur Près m’injurie. J’arrête le conseil municipal ! », s’est emporté Lionel Wast en refermant son ordinateur portable.

La vidéo du conseil municipal, diffusée en direct sur la page Facebook de la Ville, s’arrête quelques secondes plus tard, tandis qu’on entend l’élu d’opposition protester également : « J’en ai marre aussi que tu transformes systématiquement… », avant que le son soit coupé.

Les douze délibérations à l’ordre du jour avaient cependant été préalablement votées. Seules les questions orales n’ont pu être posées. « Il n’y a donc aucune conséquence juridique et rien n’empêche les élus qui le souhaitent de me faire parvenir leurs questions pour que j’y réponde », confie le premier magistrat d’Andrésy. Ce dernier indique qu’il ne compte pas donner de suite judiciaire à l’affaire. « Il n’y a pas eu de grossièreté, estime Lionel Wastl. Je vais simplement envoyer un courrier à cet élu pour lui rappeler ses devoirs en matière de comportement et de probité dans ses propos. Mais aussi lui rappeler qu’il a voté la Charte de l’élu local, qui demande notamment d’avoir un comportement digne. »

Échange tendu

La dispute est intervenue suite à un reproche de deux groupes d’opposition, Auc et Notre Parti C’est Andrésy, présidé par Denis Faist. Ces derniers regrettaient un manque de communication de la majorité auprès des conseillers municipaux minoritaires. Après un vif échange, particulièrement tendu, la comparaison de trop a mis un terme au débat. « Nous avons une grande considération pour l’opposition, qui peut poser autant de questions orales qu’elle le souhaite le jour même et du conseil, et dispose d’une page entière pour ses tribunes dans le journal municipal, sachant que la majorité n’en a pas, à ma demande, car en tant que maire je suis déjà directeur de la publication », souligne Lionel Wastl.

Avant de démissionner de ses fonctions d’adjoint, en mars 2024, Michel Près était 2e adjoint au maire, délégué à la démocratie participative, aux nouvelles technologies, aux risques environnementaux et sanitaires. « Cet élu ne supporte ni la contradiction ni la hiérarchie. Après m’avoir déjà jeté en pleine face « mais tu vas te taire », phrase retranscrite dans le compte rendu d’un précédent conseil, il présente une accumulation de propos qui n’ont pas leur place en assemblé politique », glisse Lionel Wastl.

« Le maire a tendance à tout simplifier »

« Comme je l’ai expliqué au précédent conseil, mon allusion au président des États-Unis tient du fait que le maire a la fâcheuse tendance à simplifier à outrance, voire caricaturer, les arguments de ses opposants », justifie, de son côté Michel Près. « Très attaché au langage, je n’ai pas apprécié la manière dont Lionel Wastl a, une fois de plus, déformé mes propos. Opposition et majorité s’envoient régulièrement des pics, c’est le jeu. Le problème, c’est qu’il est impossible d’avoir une discussion argumentée avec le maire », ajoute l’ancien adjoint. « Personnellement, je n’ai aucun problème avec la contradiction, j’ai d’ailleurs beaucoup travaillé sur la démocratie participative en tant qu’élu et j’étais le premier désolé de la suppression de la possibilité de laisser des commentaires sur la retransmission vidéo du conseil municipal. Ce qui me pose surtout problème, ce sont les mauvaises pratiques du maire, dont la réaction montre qu’il est débordé et n’a plus le contrôle sur les nombreuses remarques qu’il essuie », conclut Michel Près.

« Lui-même avait traité d’autres élus de petites frappes « 

«Lors du conseil, le maire a fait une déclaration liminaire pour s’offusquer que des conseillers municipaux interrogent le préfet pour se faire confirmer le cadre légal de quatre des seize délibérations à l’ordre du jour, indiquant » qu’une personne bien intentionnée « l’avait prévenu du risque et que de ce fait il les retirait. Il est probable que ce premier contretemps dans les volontés de monsieur Wastl a commencé à l’énerver », analyse Denis Faist, conseiller municipal du groupe Notre Parti C’est Andrésy.

« À la fin du conseil, lors des questions orales, c’est à l’occasion d’une interrogation sur le niveau d’information des élus n’appartenant pas à la majorité par rapport aux Andrésiens et à leurs associations, que Michel Près est intervenu pour relater cette même demande faite lors de la commission d’Urbanisme. Ce fut probablement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase car le maire de répondre « c’est normal, on fait ce qu’on veut, nous sommes la majorité ! » C’est sur cette réponse que Michel Près a interpellé le maire en l’appelant « petit Trump » », poursuit l’ancien premier adjoint (Se) du maire sortant Hugues Ribault, tête de liste lors des municipales de mars 2020.

« Irrespect envers les élus »

« Le maire ne supportant pas ce qualificatif (alors que lui-même avait traité d’autres élus de « petites frappes ») a alors brutalement mis fin aux échanges des autres questions pourtant listées en début du conseil municipal.. Or, si le maire est maître de l’ordre du jour du conseil, nous considérons que cette interruption démontre, s’il en était besoin, le mépris qu’il a pour l’exercice de la démocratie locale et l’irrespect envers les élus qui ne sont pas des béni-oui-oui, mais qui représentent autant que lui les Andrésiens », conclut Denis Faist.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here