Un club au bord de l’implosion. Ce mardi 28 janvier 2025, les joueurs, le staff technique et les salariés administratifs de l’US Créteil-Lusitanos (Val-de-Marne) ont entamé un mouvement de grève unique dans l’histoire du football français pour un club de cette envergure, qui évolue en National 2, le quatrième échelon national.
Une décision motivée par « la situation sans précédent dans laquelle est plongé le club depuis l’arrivée en 2022 de M. Bassam Al Homsi au poste de président », écrivent-ils dans un communiqué.
Mais aussi par l’arrivée d’un nouvel entraîneur, Christophe Taine en début de semaine pour en lieu et place d’Abasse Chanfi, touché par un drame personnel. « La goutte de trop » pour l’ensemble des membres de l’US Créteil-Lusitanos.
Un club « en voie d’extinction »
Les salariés estiment que la gestion du club par leur président est « chaotique » et dénoncent des « situations pour le moins controversées » depuis son arrivée à la tête du club il y a maintenant trois ans.
Les membres de l’US Créteil regrettent un « projet sportif inexistant » symbolisé par le départ de nombreux cadres techniques. « Cela démontre une vraie instabilité dans les décisions prises par le président ». Ils reprochent également à Bassam Al Homsi son ingérence dans le secteur sportif. Ce dernier serait par exemple « intervenu la veille d’un match en exigeant de faire jouer son fils ».
Enfin, ils s’inquiètent des décisions prises par la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion), chargée de veiller sur les comptes des clubs. « Pour la première fois, le club se retrouve sous la menace d’une rétrogradation administrative », lit-on dans le communiqué. La conséquence selon eux d’un investissement jugé « pas à la hauteur » et qui ne permet au club d’assurer son train de vie. « Les fonds propres de la société fondent comme neige au soleil et les réserves sont à leur niveau le plus bas depuis de nombreuses années ».
Cette situation a donc poussé l’ensemble des joueurs, du staff et du personnel à réagir pour « veiller à la pérennité de cette institution presque centenaire », mais aujourd’hui « en voie d’extinction ».
Les joueurs soutenus par les supporters
Dans cette guerre ouverte contre leur président et propriétaire, les salariés ont reçu le soutien précieux du principal groupe supporters, la Kop Banlieue.
Dans un communiqué, ils apportent « un soutien sans faille au mouvement de grève » et réclament, eux aussi, le départ de Bassam Al Homsi et du directeur sportif depuis 2018, Rui Pataca, « fort d’un bilan de deux relégations en sept ans ».
Le peuple Cristolien n’a pas le droit à une once de bonheur. Nous végétons toujours en National 2 et n’avons aucun espoir de monter cette saison.
Le président fait front et ne démissionnera pas
Pointé du doigt par ses salariés et ses supporters, Bassam Al Homsi a tenu à réagir ce jeudi 29 janvier. Dans un communiqué, il explique en préambule que depuis son arrivée, « le club a dû faire face à des défis structurels majeurs dans un contexte global difficile pour le football professionnel et amateur ».
Malgré les vents plus que contraires, il promet d’avoir « œuvré pour sécuriser l’avenir du club et attirer de nouveaux partenaires » et assure qu’il continuera à le faire, excluant donc la possibilité de quitter le club phare du Val-de-Marne.
Le président explique que l’arrivée de Stéphane Taine, « un entraîneur réputé pour sa connaissance du National 2 et de la région parisienne » a été faite pour épauler Abasse Chanfi. « Face aux problèmes personnels auxquels il est confronté et aux possibles difficultés à assurer la continuité des entraînements », indique Bassam Al Homsi.
Pour le moment, aucune sortie de crise n’est à l’ordre du jour malgré la tenue d’une réunion ces derniers jours.
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