Un feuilleton à la Pagnol dans un décor à la Toulouse-Lautrec. Lundi 10 mars 2025, le Conseil d’État a rendu sa décision dans le bras de fer opposant le Club Lepic Abbesses Pétanque (Clap) à la Ville de Paris. Le club de boulistes devra verser 20 000 euros à la municipalité.
Des terrains occupés pendant plusieurs mois
En avril 2024, les terrains des boulistes, que la municipalité avait octroyé à un hôtel particulier, avaient été occupés par le Clap. Cette nouvelle ZAD avait fait l’objet d’une demande d’expulsion de la part du Conseil d’État. « Il est enjoint à cette association ainsi qu’à tous occupants de son chef de libérer cette parcelle dans un délai de quinze jours à compter de la notification à l’association de sa décision, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l’expiration du même délai », avait ainsi indiqué l’institution le 3 avril.
La décision n’avait pas été suivie par le Clap. L’occupation du terrain avait duré jusqu’au 21 octobre. Les boulistes avaient été alors chassés par les forces de l’ordre. Ne restait plus à l’institution qu’à « liquider l’astreinte », c’est-à-dire payer les indemnités de retard. Au total, ces dernières s’élevaient à plus de 90 000 euros.
« Ça reste une grosse somme »
Ce lundi, le Conseil d’État a toutefois décidé de modérer l’astreinte. « Il y a cependant lieu, en application des dispositions de l’article L. 911-7 du code de justice administrative, de modérer l’astreinte initialement prononcée et de fixer le montant de la somme due par l’association Club Lepic Abbesses Pétanque à la somme de 20 000 euros », est-il écrit dans la décision.
Du côté du Clap, on prend acte de cette décision. « Ils ont dû se rendre compte qu’en tant qu’association, nous ne pourrions pas payer. Mais ça reste une grosse somme ! Pour nous, c’est trois ans de recettes sur licence. On va peut-être essayer de lancer une campagne de dons », nous indique Maxime Liogier, porte-parole du club de boulistes.
L’association est désormais dans l’attente de la décision de la Ville de Paris. C’est cette dernière qui a le dernier mot sur l’obligation de verser l’astreinte. « Est-ce que la mairie va continuer à s’acharner ? », se demande Maxime Liogier.
« On joue à droite à gauche »
Actuellement, alors que 176 personnes ont repris leur licence cette année, le club de pétanque n’a plus de terrain et doit pratiquer ailleurs dans la capitale. « Aujourd’hui, on joue à droite à gauche. En ce moment, on est accueilli par le club des Batignolles », continue le porte-parole.
Si des solutions ont été proposées par la mairie, elles ne sont pas recevables pour le Clap : « On nous a proposé deux terrains pour jouer le lundi de 9 heures à 21 heures uniquement le lundi. On ne pouvait pas accepter ça. On demande à la municipalité de se bouger. La compétition a repris. L’équipe féminine vient de se qualifier pour les championnats régionaux. Dimanche dernier, un membre du club est devenu champion de tir de précision de Paris ».
En dehors des terrains, la lutte continue aussi pour le Clap. Aux côtés d’élus et de riverains, l’association avait lancé plusieurs recours contre les projets de la Fremosc, l’entreprise à la tête de l’hôtel particulier ayant récupéré les terrains. Cette dernière a pour projet de créer « le plus beau jardin de Paris ».
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