C’est un profil pour le moins atypique qui sera jugé le 15 mai 2025 par le tribunal de Versailles. Maxime, 41 ans, est accusé de deux tentatives de braquage, au préjudice des magasins Biocoop et Animalis de Versailles. Les faits datent du 13 février de cette même année.
Identifié par la vidéosurveillance et la téléphonie, il conteste les faits. Il soutient qu’il est victime d’un coup monté. Et surtout, que c’est un hologramme qui a commis les délits à sa place. Face à cette stratégie de défense, la justice a préféré demander une expertise psychiatrique plus aboutie.
Le premier acte de la pièce s’est donc joué au Biocoop situé près de la gare des Chantiers. Vers 14 h 25, un homme entre, vêtu de sombre et visage masqué. Il menace une employée. Face à son attitude étrange et ses mots incompréhensibles, elle prend la fuite. Lui tente d’ouvrir le tiroir-caisse. Son échec le pousse à fuir.
Un peu plus tard, vers 17 h 30, le magasin Animalis de la rue Foch appelle la police pour des faits similaires. Un homme, armé d’un objet, a exigé l’ouverture du tiroir-caisse. Un clic, comme un couteau qui s’ouvre, est entendu. Mais tout le personnel prend la fuite. Nouvelle déconfiture. Nouvelle fuite.
Déjà condamné pour des braquages
De l’enquête, il ressort que Maxime avait fait des repérages la veille. Il apparaît aussi que ce n’est pas la première fois qu’il s’illustre dans le braquage de commerce. Les enquêteurs ont retrouvé sa trace dans les dossiers de 2022, pour deux vols et une tentative à Maurepas. À l’époque, il avait menacé les employés avec un long couteau caché dans sa manche droite. Pour cela, il a fait près de 9 mois de détention, à Bois-d’Arcy, entre novembre 2022 et juillet 2023.
Le profil du prévenu est aussi particulier que sa ligne de défense. En audition, il a expliqué qu’il ne travaillait que « pour le plaisir », étant propriétaire de deux appartements à Paris et ayant investi dans les Bitcoins. La réalité semble bien différente puisqu’il vivrait de l’allocation du chômage, n’ayant plus d’emploi depuis la fin du mois de novembre 2024.
Un ancien directeur d’Animalis
Maxime a été licencié pour faute grave par l’entreprise qu’il a braquée. Il était directeur d’une boutique Animalis, en Essonne (dép. 91). Sa hiérarchie a découvert qu’il se servait dans la caisse. Et qu’il avait même laissé d’autres salariés être accusés à tort.
Arrêté le 5 mars à son domicile de Maurepas, le quadragénaire a expliqué qu’il ne faisait « pas grand-chose de ses journées. Je me promène sans but, souvent. »
Puis il s’est rapidement livré sur cette idée d’hologramme :
« Je suis sous la contrainte d’une organisation depuis 20 ans. Cette organisation peut prendre l’apparence de l’importe qui avec un hologramme. Je veux quitter cette organisation, mais ils veulent me nuire. Ils m’ont déjà envoyé en prison il y a 3 ans pour des choses que je n’ai pas fait. Ils préfèrent me voir en prison que dehors car je sais des choses. Je ne peux pas vous dire qui est cette organisation. »
Entendue, une de ses proches a relaté son refus de soins et sa dérive psychiatrique. « Il s’inventait une vie. Il disait qu’il travaillait alors qu’il ne travaillait pas. En 2022, il allait très mal. Il disait qu’il faisait partie des services secrets et qu’il n’avait pas d’argent car les services secrets lui piquaient son argent. »
La première expertise dit que tout va bien
Paradoxalement, la première expertise psychiatrique a conclu que l’intéressé n’était pas malade : « Les faits reprochés ne sont en relation avec aucune anomalie mentale […] Au moment des faits, il n’était atteint d’aucun trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré ou aboli son discernement, ou entravé le contrôle de ses actes. » Avec cette expertise complémentaire, il semble donc que la justice ne partage pas l’entier avis de ce premier rapport.
En attendant, le prévenu a été placé en détention provisoire à Fresnes, dans le Val-de-Marne. Le centre pénitentiaire dispose d’une unité spéciale dédiée à la psychiatrie.
Le jour du procès, plusieurs victimes pourraient être présentes ou seront représentées par un avocat. Car le retentissement a été important pour elles. La médecine légale a délivré des incapacités de travail de 5, 8 et 9 jours pour certaines.
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