Il y a plus grave dans la vie qu’une défaite… Éliminé au dernier tour des qualifications du tournoi de tennis international de Cherbourg (Manche) le dimanche 9 mars 2025, l’Ukrainien Vitaliy Sachko relativise vite quand il pense au combat que mène son pays depuis trois ans face à l’envahisseur russe.
Au sortir du court, c’est un garçon particulièrement touché par la situation qui a accepté d’évoquer sa situation de joueur de tennis, qu’il qualifie comme « un privilège ».
Sa ville natale sous les bombes
Si ses parents et sa sœur sont désormais installés en République tchèque, une grande partie de sa famille réside encore dans sa ville natale de Krementchouk, au centre du pays et au bord du fleuve Dniepr, où une attaque de missiles russes a totalement rasé le centre commercial le 27 juin 2022.
« Ce n’est pas facile d’être ici alors que mes proches vivent des choses horribles. Je regarde en permanence les informations, je vois à quel point les gens souffrent
« Je vais jouer partout dans le monde, mais mon esprit est tourné vers mon pays, je soutiens mon pays », insiste le joueur de 27 ans, qui essaye de faire « tout ce qu’il peut » pour aider ses compatriotes, en donnant notamment de l’argent aux volontaires dans l’armée. Il évoque au passage son admiration à l’égard de Sergiy Stakhovsky, un ancien joueur ukrainien, demi-finaliste à Cherbourg en 2012, désormais engagé sur la ligne de front. « C’est vraiment courageux de sa part », dit-il.
Comme dans de nombreuses villes où il a l’occasion de jouer, le 384e mondial trouve du réconfort en observant le drapeau bleu et jaune flotter sur le perron des mairies ou chez des particuliers, preuve que le monde n’oublie pas la situation dans laquelle est plongée l’Ukraine.
Je croise les doigts pour que l’Europe continue de nous soutenir
« Ça apporte des émotions positives quand on voit les gens supporter notre pays. Les gens pourraient se dire que c’est loin, que ça ne les concerne pas… Mais si, les gens se sentent concernés car ne sont pas seulement les Ukrainiens qui sont en danger, c’est toute l’Europe qui est en danger », résume-t-il, inquiet de la tournure que prennent les choses avec les États-Unis qui tournent désormais le dos à Kiev.
« La France fait beaucoup pour l’Ukraine et nous en sommes très reconnaissants. On nous apporte une aide militaire et c’est grâce à ça que nous pouvons nous défendre, que nous avons encore notre pays, une nation indépendante, notre drapeau, notre hymne. On a suffisamment de moyens pour se protéger. J’espère simplement que cette guerre ne va pas s’éterniser. Mais, malheureusement, on ne peut être sûr de rien… »
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