Home Faits Divers l’assassinat d’une jeune Anglaise sème la panique

l’assassinat d’une jeune Anglaise sème la panique

4
0


Dans les locaux d’une société d’import-export, avenue Aristide-Briand à Cherbourg, un jeune homme découvre le corps de sa fiancée, transpercé de 18 coups de couteau. Les pompiers, la police, rapidement sur les lieux, ne peuvent rien faire pour ramener la jeune femme à la vie. Les coups qu’on lui a portés, étaient mortels.

Alison Dutton ©Archives La Presse de la Manche.

Une seconde agression

Qui est la victime ? Il s’agit d’Alison Dutton, une jeune Anglaise de 24 ans, originaire de Newcastle (nord-est de l’Angleterre). Depuis quelques mois, elle était responsable de l’agence locale d’une société spécialisée dans l’import-export de vins. Fiancée à un pompier cherbourgeois, Alison était une jeune femme dynamique et sympathique, qui s’apprêtait à se marier au mois de juillet.

Les deux jours qui suivent, sont deux jours d’attente et d’inquiétude. La police, le procureur ne laissent filtrer que peu d’informations, tandis que les Cherbourgeois découvrent dans La Presse de la Manche, le portrait de la jeune Anglaise assassinée.

On rappelle aussi que quelques semaines auparavant, une agression a été commise à la résidence du Trottebec à Tourlaville : une jeune infirmière enceinte de 7 mois a été attaquée chez elle par un individu qui lui a porté un coup de couteau au ventre. Fort heureusement, la jeune femme et son bébé ont été mis hors de danger par une intervention rapide à l’hôpital.

La résidence du Trottebec, lieu de la première agression.
La résidence du Trottebec, lieu de la première agression. ©Archives La Presse de la Manche.

Arrestation rapide

Un agresseur de jeunes femmes se baladerait-il à Cherbourg avec un couteau dans la poche ?  Il n’en faut pas plus pour commencer à créer un début de psychose à Cherbourg.

La psychose va être tuée dans l’œuf. Trois jours après le crime, la police fait une descente dans un immeuble du quartier du Maupas à Cherbourg, et en ressort avec un homme de 26 ans, menottes aux poignets. Il s’agit de Jean-Marie Chantreux, chômeur récemment sorti de prison où il purgeait une peine pour avoir participé à plusieurs vols et cambriolages.

Comment la police a-t-elle trouvé Chantreux ? Depuis trois jours (donc, depuis le meurtre), celui-ci squattait la cave de son frère dans l’immeuble du Maupas. En discutant avec celui-ci, Chantreux lance soudain dans la conversation :

T’as vu ce que je lui ai fait à l’Anglaise ?

Une phrase-choc, que le frère rapporte à sa mère. Le lendemain, une dénonciation anonyme émanant de la famille livre la cachette de Jean-Marie Chantreux à la police.

Avenue Aristide-Briand, où Alison Dutton a été tuée.
Avenue Aristide-Briand, où Alison Dutton a été tuée. ©Archives La Presse de la Manche.

Aux aveux

Au commissariat de Cherbourg, Chantreux craque au bout d’un quart d’heure. Oui, c’est bien lui qui a poignardé Alison Dutton. Pourquoi, comment ? A la recherche d’argent, il a profité du fait que les portes de la société d’import-export étaient ouvertes pour y rentrer. Pensant que tout le personnel était parti, il a commencé à fouiller les bureaux. C’est alors qu’Alison Dutton, entendant du bruit, est entrée dans la pièce. Chantreux s’est aussitôt précipité sur la jeune Anglaise et l’a poignardé avec force à plusieurs reprises au thorax et à l’abdomen. Alison est décédée quasiment tout de suite, et Chantreux a alors filé sans demander son reste.

J’avais envie de tuer

Jean-Marie Chantreux, l’assassin

Un peu plus tard dans la journée, Jean-Marie Chantreux avoue qu’il est également l’auteur de l’agression de la résidence du Trottebec en février précédent : déjà en manque d’argent, sorti de prison depuis à peine un mois, Chantreux errait dans les rues de l’agglomération. Armé d’un couteau de survie, il est rentré dans la résidence, a clenché toutes les portes jusqu’à ce que l’une d’elles, non fermée à clé, s’ouvre. Là, même scénario : tandis qu’il commence à fouiller l’appartement, il se retrouve soudain nez à nez avec une jeune femme. Il la frappe au ventre avec son arme avant de s’enfuir.

Au Maupas, devant les caves de l'immeuble où Chantreux se cachait.
Au Maupas, devant les caves de l’immeuble où Chantreux se cachait. ©Archives La Presse de la Manche.

Aux Assises

L’épilogue de l’affaire se joue à Coutances, aux Assises, au mois de novembre 1992. La vie et la personnalité de Chantreux sont mises à nu : entre 16 et 25 ans, il a écopé de 24 condamnations (vols, violences…) qui lui ont déjà fait passer 7 ans en prison.

L’expert psychiatrique décrit un homme frustre, égocentrique, en tension permanente, agressif particulièrement envers les femmes. Une violence qui peut éclater à tout moment, surtout quand Chantreux s’adonne à l’alcool. Quand il agressé la jeune infirmière à Tourlaville, il avait bu 2 packs de bière et 4 whiskies. Avant de tuer Alison Dutton, il avait ingurgité 5 litres de vin blanc.

Écartant la thèse de la folie, le jury suit les réquisitions de l’avocat général et condamne Jean-Marie Chantreux à la perpétuité. Celui-ci est décédé en prison en 2006.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here