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L’ancien gendarme condamné pour des agressions sexuelles sur sa petite fille près d’Alençon



La victime est aujourd’hui âgée de 20 ans, mais depuis la révélation des faits et la plainte qu’elle a déposée, sa version n’a pas varié d’un iota, ce qui, aux yeux du Parquet d’Alençon (Orne), donne encore plus de crédit à ses dépositions.

Deux agressions sexuelles

En 2018, elle avait 13 ans lorsque, alors qu’elle passait des vacances chez ses grands-parents, près d’Alençon, elle s’est rendue dans le bureau de son grand-père pour lui souhaiter bonne nuit. Ce dernier avait alors attiré sa petite fille sur ses genoux pour un « câlin ».

Au lieu de cela, il lui a caressé le sexe. La jeune fille était tétanisée.

La scène s’est reproduite quelques mois plus tard, à nouveau au domicile des grands-parents. Cette fois, son grand-père lui aurait aussi demandé de déboutonner son pantalon. L’adolescente a refusé et l’entrée de la grand-mère dans la pièce a mis fin à la scène.

Le grand-père ne « se souvient de rien »

Au tribunal correctionnel d’Alençon, jeudi 13 mars 2025, le prévenu de 65 ans a reconnu que de tels gestes « n’avaient pas lieu d’être » et a adopté une ligne de défense inhabituelle, réitérée à plusieurs reprises, qui se résume à trois affirmations : « il est possible que cela ait eu lieu alors que j’avais bu », « ma petite fille n’est pas une menteuse », mais « je ne me souviens de rien ».

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Il ne nie donc pas formellement les faits, mais semble être incapable de les faire cohabiter dans sa conscience avec sa carrière de gendarme.

Son alcoolisme chronique a été évoqué à plusieurs reprises. À l’époque, il pouvait consommer « deux bouteilles de rosé par jour ».

Une famille divisée

Depuis que la victime est sortie du silence, la famille s’est divisée. Si ses parents soutiennent la victime, la grand-mère et une tante se rangent du côté du grand-père. Deux cousins de la victime, plus jeunes qu’elle, ont déclaré aux enquêteurs : « maman nous a dit de dire qu’elle [leur cousine] était une menteuse et que papy était gentil ».

Pour tenter de convaincre le prévenu de sortir de son semi déni, le président Hugo Rialland lui a rappelé « qu’en pareil cas, le procès a moins pour objet une indemnisation qu’une reconnaissance de l’état de victime, condition de sa reconstruction ».

10 mois de prison avec sursis

Pour la partie civile, Me Christine Hilaire rappelle simplement les faits et sollicite 10 000 € de dommages et intérêts.

Dans ses réquisitions, Hélène Tardif, pour le Parquet, « doute du trou de mémoire » du prévenu. Dans son rapport, un expert psychiatre indique que la « crédibilité » du grand-père « paraît incertaine ».

Elle requiert un suivi socio judiciaire et une interdiction de tout contact avec la victime.

Malgré l’insistance du Parquet pour l’inciter à se montrer « à la hauteur » de la situation, en reconnaissant les faits, l’ancien gendarme a répété qu’il ne se souvenait de rien. « C’est tout ce que je peux dire », a-t-il conclu.

Le tribunal a prononcé une peine de 10 mois de prison avec sursis probatoire, assortie d’une obligation de soins et d’indemnisation. Il a interdiction de paraître au domicile de la victime.



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