C’est un grand pas franchi dans l’enquête sur les soupçons de maltraitance animale au chenil communautaire de la communauté d’agglomération du Grand Albigeois, dans le Tarn. L’ancien responsable a été mis en examen. On le suspecte, entre autres, d’actes de cruauté envers des animaux. La description des méthodes fait froid dans le dos.
Tout avait commencé en 2023. Par des soupçons. Le syndicat Interco CFDT, après plusieurs mois de recueil d’éléments effectuait un signalement au parquet d’Albi pour des faits survenus dans ce chenil au sud de la préfecture du Tarn dans la zone de Ranteil.
Perquisition en 2024
L’association Les 4 Pattounes portait plainte et à la mi-juin 2024 les policiers investissaient les lieux pour mener une grande perquisition.
Quelques mois plus tard, en février 2025, une information judiciaire était ouverte par le parquet d’Albi pour harcèlement moral, exercice illégal de la médecine vétérinaire, atteinte volontaire à la vie d’un animal et sévices graves ou actes de cruauté envers un animal. Ainsi que pour harcèlement moral, confirme la procureure Stéphanie Bazart à Actu Occitanie.
Une information judiciaire qui a entraîné la mise en examen et le placement sous contrôle judiciaire de l’ancien responsable du chenil, âgé de 66 ans.
Jetés au congélateur
Les faits se seraient produits sur une période longue avec une partie couverte par la prescription, qui est de six ans pour ces délits. « Impossible d’évaluer le nombre d’animaux concernés », nous confie une source. Mais ils sont nombreux. Beaucoup de chatons auraient été euthanasiés en dehors de tout cadre légal selon une procédure glaçante.
Selon un des témoignages qu’Actu Occitanie a pu lire, les chatons étaient tués d’une façon atroce.
« J’ai découvert comment mon chef euthanasiait les chatons. Il les mettait dans un sac poubelle avec un sopalin au milieu, il les piquait dans le ventre avec un produit et les aspergeait d’éther, fermait le sac pour les étouffer avant de les jeter au congélateur ».
La gestion des cadavres aussi était terrifiante, avec l’aménagement d’un emplacement pour les corps parfois en décomposition dans le chenil…
Des salariés « traumatisés »
« C’est une honte, ça discrédite l’ensemble de la profession », réagit la patronne de l’association les 4 Pattounes, la capitaine de police Céline Gardel, qui évoque des salariés « traumatisés ».
Sur les sites d’offre d’emplois territoriaux, le poste de responsable est toujours considéré comme « vacant suite à une cessation de fonction de l’agent précédemment sur le poste ». Les investigations se poursuivent.
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