Le 4 mars 2024 à Lannion, une prostituée se présente à un rendez-vous pris sur un site internet. La porte à peine ouverte, la femme est directement agressée, saisie à la gorge.
Elle est accueillie par : « Salope, t’es toute seule ? » Heureusement pour elle, la réponse est non, elle est accompagnée d’une collègue qui intervient. L’homme quitte les lieux.
Une aiguille plantée dans le cou
La collègue de la victime avait déjà eu un rendez-vous avec ce même homme en novembre 2023, elle le reconnait formellement. Elle aussi avait été agressée. Elle avait reçu des coups au niveau de la gorge à l’aide d’une grosse aiguille, aiguille qui lui était restée plantée dans le cou.
Cette seconde victime n’avait pas déposé plainte à l’époque, elle était alors en situation irrégulière sur le territoire national et avait craint pour sa situation.
Une reconnaissance des faits, claire et précise
L’homme a été entendu par les enquêteurs et a reconnu les faits sans ambiguïtés, il admet avoir eu recours à des relations sexuelles tarifées à plusieurs reprises.
Il explique qu’il ne supporte pas qu’on lui refuse des actes qui auraient été acceptés lors de la prise de rendez-vous.
« Je voulais lui faire mal et qu’elle s’en souvienne »
Il s’explique sans difficultés et ouvertement sur les violences qu’il a commises : « Je voulais lui faire mal et qu’elle s’en souvienne » a-t-il déclaré au cours de son audition.
Il a également reconnu que le fait d’agresser des prostituées l’excitait, pas physiquement mais psychologiquement avant d’ajouter que ce n’était pas la première fois qu’il utilisait une aiguille pour cela.
Une maladie neurologique comme explication ?
Le prévenu est absent à l’audience de ce vendredi 14 mars 2025 du tribunal de Guingamp, il est hospitalisé à Tréguier en UCC (Unité cognitivo-comportementale). Il est atteint d’une démence fronto-temporale, qui se traduit essentiellement par des troubles du comportement et du langage. Il est sous traitement chimique afin de diminuer sa libido.
Un dossier « effrayant »
Pour le ministère public, ce dossier est effrayant par la nature même des faits, le prévenu a même exprimé sa volonté de recommencer plus tard. De plus, il n’a fait montre d’aucun remord.
Ce magistrat requiert une peine mixte de douze mois d’emprisonnement dont huit assortis du sursis.
Après délibérations et prise en compte les éléments médicaux du dossier, le prévenu est déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés, mais l’altération de son discernement est néanmoins retenue.
L’intéressé est condamné à une peine de 18 mois d’emprisonnement entièrement assortis d’un sursis probatoire de deux ans, il a obligation de se soigner.
SK
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