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« La vraie star du PSG, c’est Luis Henrique »

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En ce moment, les journées de Guillaume Allanou commencent à 5 h et se terminent à 23 h. D’ordinaire, celui qui est à la fois président, entraîneur et directeur sportif du Stade Briochin (Côtes-d’Armor) (et promoteur immobilier), ne voit pas le temps passer.

L’épopée en coupe de France vient bousculer encore un peu plus son quotidien. Entretien avec un homme entier, le jour de ses 48 ans.

Comment allez-vous ?

Je vis l’instant, cette frénésie irrationnelle. J’essaie de l’apprécier au maximum, même si cette surexposition médiatique n’est pas facile. J’accapare trop d’attention. Je préférerais que l’on mette davantage en avant mes joueurs, le reste de mon staff et tous les gens qui œuvrent au quotidien pour le club.

Je serai content quand le calme sera revenu.

Guillaume Allanou

Revenir de loin

En janvier 2024, vous aviez fait face au départ inattendu de Roland Vieira. Vous l’aviez remplacé au pied levé et maintenu le club en N2. Un an plus tard, le Stade Briochin est en quarts de finale de la coupe de France…

Il y a un an, je n’avais pas l’intention de coacher à nouveau. Je sortais d’une double opération du dos. J’étais au fond du seau. Je l’ai fait dans l’intérêt collectif.

Cela a été un concours de circonstances, comme ma vie d’ailleurs.

Vidéos :

Le maintien était mal barré. C’était une opération commando de cinq mois. Nous parvenons à nous sauver à trois journées de la fin. Je répète inlassablement à mes enfants : si vous n’êtes pas capable de faire quelque chose à fond, ne le faites pas. 

Face au PSG, ce sera le 9e match disputé par votre équipe dans la compétition. Vous avez marqué 13 buts pour deux encaissés. Quel est votre regard sur le chemin parcouru depuis le début ?

Je me souviens de tous les matchs : le contexte difficile à Plouvorn, dont je me suis servi pour la préparation du match face à Nice, Uzel-Merléac où j’avais dû secouer les gars à la mi-temps… Rien n’a été simple dans ce parcours. Nous avons joué face à des équipes de tous les niveaux sauf le National. 

Ce parcours est la récompense de la cohérence du discours que je fais passer aux joueurs. Nous jouons plutôt bien. Je peux les saouler avec des détails pour les tirer vers le haut. Le plus dur, c’est d’être dans l’exigence quand tout va bien. Ma plus grande fierté, c’est que le groupe ait progressé. Même les plus expérimentés. 

A l’avenir, quand nous nous recroiserons avec les joueurs, il n’y aura même pas besoin de se parler. Parce que cette aventure est trop belle. 

L’image qui vous revient, là, tout de suite ?

Evidemment, le deuxième but d’Hugo contre Nice. Nous sommes tous en transe.

Je ne savais même pas que j’étais encore capable d’accélérer sur 60 mètres comme je l’ai fait !

Une émotion indescriptible. Je n’étais plus moi. Il n’y a que le sport, et le football en particulier, qui peut nous faire vivre ce genre d’émotions.

A tous les tours, j’étais intimement persuadé que nous allions passer. Mes joueurs ont été au-delà de mes espérances. 

« La vraie star du PSG, c’est Luis Henrique ! »

Vous avez pu observer le PSG face au Stade brestois en Ligue des Champions, à Roudourou. Qu’est-ce qui vous a frappé ?

La tonicité et la qualité technique des joueurs. Il y a très peu de déchet. Nous ne faisons pas le même sport qu’eux.

Ce que j’aime beaucoup, c’est la force collective que le PSG dégage. C’est une machine de guerre.

Sur ce point, Luis Henrique a réussi son pari. C’est lui la vraie star de l’équipe. Il entraîne des supers champions qui veulent gagner et battre des records.  La seule faille, de temps en temps, étant donné que c’est trop facile, ils peuvent se relâcher un petit peu quand ils viennent de marquer.  

Ce match, c’est l’affiche entre un club de N2 dirigé par un homme aux multiples casquettes et un club de L1, propriété d’une société d’investissement gérée par le gouvernement du Qatar…

Quand l’arbitre va siffler le coup d’envoi, nous serons a égalité avec le PSG. C’est déjà extraordinaire.

Ce sont deux galaxies complètement différentes. Je suis content d’affronter la meilleure équipe de France. Mais il y a quand même un match à jouer. Ce n’est pas juste une fête.

Mon approche envers mes joueurs sera la suivante : montrez à la France ce que vous êtes capables de faire. Il faut essayer de jouer au football. 

« Se fabriquer un souvenir impérissable »

Vous ne jouerez pas ce quart de finale à Fred-Aubert mais au Roazhon Park. Pourquoi ce choix ? 

Nous devons nous fabriquer un souvenir impérissable. La classification du terrain de Fred-Aubert ne convient pas à ce stade de la compétition. C’est réglementaire.

Nous nous sommes demandés si nous sommes capables de remplir le plus grand stade breton. Selon les premiers retours, je pense que oui. Même si c’est à une heure de route, que c’est tard et que c’est diffusé sur une chaîne publique gratuite.

De plus, le Stade Briochin et le Stade Rennais sont partenaires depuis 10 ans.

Par ailleurs, l’état de la pelouse du stade de Roudourou est en souffrance. Rajouter un match supplémentaire n’aurait pas été judicieux.

C’est difficile de boucler les budgets en N2 donc nous avons aussi besoin de faire la meilleure recette possible, avec des tarifs abordables pour les spectateurs.

Les repères ne seront pas les mêmes. Comment allez-vous gérer ce paramètre ?

A part Christophe Kerbrat et Benjamin Angoua, aucun joueur n’a jamais joué devant plus de 30 000 personnes. C’est aussi un souvenir à se fabriquer.

Qu’attendez-vous des élus et des Briochins ?

J’aimerais que les collectivités nous aident à l’organisation des navettes. Ce n’est pas au club de tout gérer. Il faut un réel engouement populaire avec les commerçants notamment. Que ce soit jaune et bleu partout. On ne le revivra peut-être plus !



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