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la stupéfiante tactique de la défense pour freiner l’audience

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Un rendez-vous manqué. C’est la pensée dominante dans la vaste salle d’audience du tribunal de Paris ce lundi 24 mars 2025 au procès de Gérard Depardieu. Ce dernier est jugé pour deux agressions sexuelles commises sur le tournage du film Les Volets Verts en 2021. Alors que les bancs étaient pleins à craquer de curieux, la première journée a fait « pschit ». En cause, de longues conclusions de nullité soulevées par l’avocat de l’acteur. Du côté des victimes, on dénonce une volonté de freiner l’audience.

L’acteur entouré de sa famille

Rarement le gigantesque tribunal des Batignolles n’aura été aussi rempli de caméras. Au milieu des crépitements des flashs, une file d’attente se forme devant la salle d’audience. À l’intérieur, les bancs se remplissent et créent un étrange melting-pot de badauds et de soutiens. La retraitée côtoie Charlotte Arnould et le jeune étudiant joue des coudes avec Fanny Ardant.

Puis arrive le prévenu. L’icône déchue plongée dans la tempête médiatique par ses affaires judiciaires. Costume sombre et regard perçant, l’acteur de 76 ans, escorté d’un garde du corps, s’installe difficilement sur son banc après avoir serré quelques mains. Interrogé par le président lors des premières formalités d’usage, Gérard Depardieu l’annonce : il s’exprimera dès le début des débats. À ses côtés figurent sa fille Roxane et l’acteur Vincent Perez.

Une valse de témoins

Mais avant de lancer les hostilités judiciaires, il faut faire l’appel. L’appel des témoins. Témoins appelés en nombre des deux côtés du prétoire. Dix pour la défense et quatre pour les parties civiles. L’équipe technique des Volets Verts a été mobilisée en nombre. Les ingénieurs du son devront se faire entendre et les éclairagistes devront aider à faire toute la lumière sur les faits.

Dans ce défilé d’yeux et d’oreilles, un passage est plus remarqué que les autres : celui de l’actrice Fanny Ardant. La comédienne a été citée par la défense. Sa voix lascive inimitable tranche avec le ton protocolaire de l’huissier. Quelques rires fusent dans la salle. Pourtant, la fébrilité gagne en intensité.

Car ce procès contre le « monstre sacré » est aussi un match contre-la-montre serré. Gérard Depardieu ne pouvait venir à l’audience que sous certaines conditions. Atteint de diabète et d’hypertension, il ne peut pas rester plus de six heures dans la salle. Une pause est instaurée toutes les trois heures. Un espace privé lui a même été allégué pour qu’il puisse surveiller son état de santé. 

Une plaidoirie de quasiment deux heures

Arrivent les conclusions de nullité. Ces éléments, soulevés par la défense, consistent à pointer du doigt des irrégularités dans l’enquête. Pourtant, Me Jérémie Assous, l’avocat de Gérard Depardieu, va beaucoup plus loin. Il dénonce des « méthodes staliniennes » du ministère public et s’acharne à démonter point par point les éléments à charge contre son client.

Pendant presque deux heures, l’avocat tonne, fustige et parfois moque. Dans la voix du ténor, celle d’un témoin à charge se fait nasillarde et naïve. L’article de Mediapart révélant l’affaire, le scandale du Complément d’Enquête… Tout y passe dans cette virulente diatribe. « La mission, c’était de faire tomber monsieur Depardieu ! », crie Me Assous.

« On a l’impression d’être arrivé à la partie finale de l’audience »

À l’issue de cette longue plaidoirie, les avocates des parties civiles ne peuvent manquer de tacler cette première démonstration de force. « Jamais de la vie, vous auriez laissé cette plaidoirie durer, si ce n’était pas Gérard Depardieu », s’énerve Me Claude Vincent. « On a l’impression d’être arrivé à la partie finale de l’audience », rajoute le procureur.

Mais ce n’est pas fini. De nouvelles conclusions sont avancées par la défense. Les victimes tempêtent. Le public s’impatiente. Un cri d’indignation résonne dans la salle. C’est l’actrice Anouk Grinberg. Elle est escortée hors de la salle d’audience. Le temps défile et l’heure fatidique approche. Une nouvelle suspension est demandée, au grand soupir de la salle. Pendant de longues minutes, la glace se brise entre ces nombreux inconnus et l’on débriefe de la passe d’armes comme on commenterait un match de foot. « Il a les crocs l’avocat de la défense », glisse une femme. « Parler deux heures comme ça, c’est une performance », relève une autre.

L’audience doit continuer ce mardi. Gérard Depardieu devrait être entendu par le tribunal.



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