Il est 19 h lorsque les Celtics Griffons composé d’une vingtaine de supporters du Stade briochin débutent le cortège direction le stade Fred Aubert pour le 8e de finale de la Coupe de France à Saint-Brieuc.
Précédé et suivi de voitures de police, le groupe « familial et festif » fait entendre sa voix dans les rues de la ville hôte du match.
« On pourra me traiter, d’être fou à lier seulement ces couleurs qui illuminent mon cœur, celles du Stade briochin ».
Aux abords de l’arène, le kop est entouré des spectateurs en masse.
Soudain, la lueur d’un fumigène perce l’obscurité.
Un, deux, trois, et puis une dizaine de ces pétards à mains éclairent le groupe.
Une galette saucisse pour le courage
Appuyé à la barrière, derrière le but qui sera gardé quelques minutes plus tard par le Stade briochin, Daniel fait passer le temps avec une galette saucisse.
Venu de Quessoy (Côtes-d’Armor) avec son gendre et les frères de ce dernier, il reste « surpris ».
« Pour le travail de l’entraîneur qui est le président du club c’est mérité », souligne-t-il, l’écharpe bleue et jaune nouée autour du cou.
« On a plus peur pour Nice qui passe de la Ligue 1 à un petit stade, ils peuvent être déstabilisés ».

« Mon fils va entrer sur le terrain avec un joueur niçois », note Jonathan, le papa fier du match.
Accompagné de Gwendoline et des amis de son fils, le père attend la « belle affiche ».

Gilles, lui est responsable du bar le Légué. Derrière lui, ses compères remplissent à tour de bras les ecocups à l’effigie du club.
« En 1966 je suis allé avec mon père à Brest pour voir le match contre Marseille. J’étais aussi au match face à Strasbourg », se souvient-il empreint d’une pointe d’émotion.

Alors que le kop a pris place en bout de tribune, à l’opposé du parcage de Nice, les fans continuent d’entonner les chants.
À dix minutes du coup d’envoi, le groupe déploie une immense bâche aux couleurs du club.
Le hissage est artisanal : avec du cordage.

« On va essayer de gagner »
Alors que le match vient de commencer, les pourtours sont remplis sur trois rangées et les stands de galettes saucisses voient la file diminuer.
Chaque action est l’occasion pour les supporters du club breton de vibrer.
Applaudir, crier, encourager, chacun est enivré par le spectacle historique.
« Aller courage les gars, il reste 80 minutes », ironise un supporter en bord de terrain.
À la mi-temps, Gilbert, 65 ans et autant d’années à supporter le club de Saint-Brieuc n’en revient pas.
C’est beaucoup d’émotions, il y a une très très belle ambiance, je garde espoir.
Du côté du kop, l’énergie demeure. « On va essayer de gagner », s’accordent-ils.
Alors que la seconde mi-temps débute au son des chants des Celtics Griffons, au bord du terrain, on s’impatiente.
Le froid se fait ressentir. Chaque occasion est l’occasion de sauter.
De se réchauffer.

Alors que les Briochins égalisent à 1-1, les supporters explosent. Ils n’y croyaient plus.
Deuxième but, le liquide des verres jailli dans le stade prêt à s’enflammer.
Et puis, la fin de la rencontre est sifflée.
Les Griffons ont craché du feu pendant la rencontre.
« Ils se sont battus pour un résultat »
Sur la pelouse verte, il n’y a plus uniquement les 22 joueurs, mais bien les Briochins qui se sont invités sur la pelouse de la victoire.
« C’est incroyable », « c’est historique ».

Kelvin n’en revient pas « on n’était pas des plus sereins mais c’est fou ».
Lucas et Jean-Yves, amis pétanqueurs, ont le sourire aux lèvres.
C’est incroyable de voir une ville vibrer pour un match de foot. Il y a toujours des exploits en Coupe.
Sur le point de quitter la tribune, René 65 ans, a vécu un match à en perdre haleine.
« On a jamais été aussi haut. C’est beaucoup de fierté parce qu’on voit qu’ils se sont battus pour un résultat. on s’aperçoit que de match en match ils s’améliorent ».

Dans le kop à peine dispersé, malgré le coup de sifflet final, Florian, le chef, ne quitte pas le micro.
« À chaque fois qu’on dit que le Stade briochin est mort, ils réussissent », jubile le fan.
« C’est vraiment un rêve », éclate Florian, la voix éraillée.
À ses côtés, un acolyte les larmes aux yeux vit un rêve et ne quitte plus le terrain désormais vidé du regard.
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