jnews.fr

La polytoxicomane au « couteau facile » agresse son ami à Évreux



Polytoxicomane, la femme sous curatelle renforcée accueille volontiers des invités à sa table, pourvu qu’ils viennent avec de l’alcool ou d’autres substances. Le plus souvent, on mange liquide. Dans la soirée du 7 février 2025, l’homme qui se présente à la porte de l’appartement de la rue du Liban, à Évreux, avec une bouteille de deux litres de whisky, remplit tous les critères. C’est un vieil ami. La soirée commence bien, mais dérape rapidement : « Arrête de te gratter, tu mets du sang partout sur le canapé », intime l’hôtesse à son compagnon de boisson dont les démangeaisons de la gale sont irrépressibles.

« Quand il a bu, il veut m’embrasser »

Suivant les préceptes de la chanson de Gainsbourg La Recette de l’amour fou, elle « le fout dehors ».

L’homme a l’alcool romantique. Il tambourine à la porte pendant quarante minutes. Excédée par cette nouvelle interprétation de la sérénade façon Claude Nougaro, Marie-Christine* finit par ouvrir, couteau en main cette fois. Elle blesse l’homme à la main, puis porte une estafilade à l’avant-bras et à la poitrine du malheureux prétendant. Heureusement, les blessures ne sont que superficielles. Les voisins appellent la police et désarment l’agresseuse.

Dans le box des détenus, la prévenue n’est pas sans faire penser à Calamity Jane : visage rond fermé, peu expressif… Elle s’explique : « C’est un ami, je l’héberge de temps en temps. Quand il a bu, il veut m’embrasser et coucher avec moi. Mais je ne veux pas. » Le tribunal s’étonne des moyens employés pour repousser les avances. « C’est vrai, j’ai le couteau facile, concède-t-elle. C’était juste pour lui faire peur. »

En récidive

L’affaire prêterait à sourire sans le long parcours de misère de cette femme, entre alcool, crack et anxiolytiques. Maintenant sortie de la rue, elle est suivie par le Centre de soin d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) ainsi que par un psychiatre.

Vidéos :

Malgré les difficultés que rencontre Marie-Christine, le parquet souligne les condamnations antérieures, le contrôle judiciaire ordonné en juillet 2024 pour une affaire jugée en novembre dernier, ainsi qu’un prochain jugement en mars 2025 pour des faits similaires. Ça fait beaucoup, estime la substitut du procureur Sophie d’Auzon, qui requiert huit mois de prison aménageables en détention à domicile sous bracelet électronique.

Au terme du délibéré, les faits sont requalifiés en récidive. Jugée coupable, Marie-Christine est condamnée à douze mois de prison dont six mois avec sursis probatoire. Les six mois restants sont aménageables en détention à domicile sous surveillance électronique. En outre, la probation implique une obligation de soins ainsi qu’une interdiction de contact avec la victime pendant cinq ans.

*Le prénom a été changéLes condamnations en première instance ne sont pas définitives puisque susceptibles d’appel. Jusqu’à la condamnation définitive, les prévenus sont donc toujours présumés innocents.



Source link
Quitter la version mobile