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la peine la plus lourde requise contre l’accusé


La réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté incompressible, la peine la plus lourde du code pénal français, a été requise mercredi à Paris à l’encontre du Tunisien Brahim Aouissaoui, accusé d’avoir assassiné trois personnes en 2020 dans la basilique de Nice (Alpes-Maritimes).

La perpétuité incompressible est une sanction rarissime rendant très infime la possibilité d’un aménagement de peine.

Une peine aussi appelée « perpétuité réelle »

En matière de terrorisme, cette peine aussi appelée « perpétuité réelle » avait été prononcée contre le Français Salah Abdeslam pour les attentats du 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts en région parisienne.

Dans un réquisitoire à deux voix devant la cour d’assises spéciale de Paris, les avocates générales du parquet national antiterroriste (Pnat) ont mis en avant « la dangerosité intacte » de Brahim Aouissaoui, « enfermé dans son fanatisme totalitaire et barbare ».

Alors qu’une des avocates générales rappelait que l’accusé était « habité par l’idéologie jihadiste », le Tunisien de 25 ans a crié en arabe : « Ce n’est pas du terrorisme » avant de se faire rabrouer par son propre avocat qui lui a demandé fermement de se taire.

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L’attentat a eu lieu dans une basilique du centre-ville de Nice, le 29 octobre 2020, faisant trois morts. (©Archives / Manon Reinhardt / actu Nice)

14 minutes « d’horreur »

Pour l’accusation, Brahim Aouissaoui a fait preuve d’une « sauvagerie inouïe » en assassinant avec un couteau de cuisine la paroissienne Nadine Devillers, 60 ans, quasiment décapitée, le sacristain Vincent Loquès, 54 ans, égorgé, et la mère de famille Simone Barreto Silva, 44 ans, qui a reçu 25 coups de couteau avant de succomber.

Le jeune Tunisien est également accusé de sept tentatives d’assassinat contre deux amis du sacristain, présents dans l’église, et les cinq policiers municipaux qui sont parvenus à le neutraliser après « 14 minutes d’une scène d’horreur d’une cruauté absolue, dans un lieu sacré et hors du temps », selon les mots d’une des deux magistrates.

« La peine requise doit être à la hauteur de la barbarie » de cet acte, a affirmé une des magistrates en soulignant « la détermination sans faille » de l’accusé décidé à « frapper la France, terre des + chiens + et des + mécréants + pour semer la terreur ».

Troisième acte d’une série d’attentats

Il a cherché à « déshumaniser » ses victimes en les décapitant ou les égorgeant, a-t-elle dit. « Son intention de tuer ne peut souffrir d’aucune contestation », ont affirmé les magistrates, en soulignant que l’action de Brahim Aouissaoui « ne s’inscrit pas dans un coup de folie ».

Cet attentat a été le troisième acte d’un automne meurtrier en France après la republication par le journal satirique Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomet le 2 septembre 2020, le jour de l’ouverture du procès de l’attaque jihadiste sanglante contre l’hebdomadaire le 7 janvier 2015, ont souligné les avocates générales.

Une semaine après la republication des caricatures, des médias proches d’Al-Qaïda appelaient à frapper la France, « porte-étendard des croisades en Europe ».

Il a longtemps nié les faits, avant d’avouer

Le 25 septembre, un Pakistanais attaquait avec un hachoir deux personnes qui se trouvaient devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris. Le 16 octobre, un jeune Tchétchène poignardait et décapitait en région parisienne le professeur d’histoire Samuel Paty qui avait montré en classe des caricatures du Prophète.

Le 25 octobre, quatre jours avant l’attentat de la basilique de Nice, un média pro Al-Qaïda appelait à « égorger » des Français dans « leurs églises ». Après avoir longtemps nié les faits en se réfugiant dans une « amnésie », factice selon des experts psychiatres, Brahim Aouissaoui a reconnu sa responsabilité dans l’attentat au cours du procès mais a refusé de donner des détails sur les circonstances de son acte.

Selon les magistrates, Brahim Aouissaoui était déjà « une bombe humaine » quand il a quitté clandestinement la Tunisie le 18 septembre 2020.

Verdict ce mercredi soir

Jeune homme buvant de l’alcool et fumant du cannabis, il s’était brusquement radicalisé fin 2018 ne fréquentant plus que des salafistes, dont certains impliqués dans des dossiers terroristes en Tunisie. « L’attentat est en réalité l’aboutissement d’un engagement jihadiste né en Tunisie », a résumé une avocate générale.

Après son acte, « il n’a fait preuve d’aucun remords », a-t-elle rappelé. « Sa haine de l’Occident et de la France est restée intacte ». Le verdict est attendu dans la soirée.

Avec AFP



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