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la partie de boules dégénère, un cerf tué par des chasseurs ivres et sous cocaïne

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À la barre, ils ont assuré qu’ils étaient venus en forêt de Fontainebleau pour une partie de pétanque… Mais l’occasion faisant le larron, ils ont finalement, en pleine nuit, tiré un jeune cerf «  pour avoir un gibier à Noël  », le tout sans avoir de permis de chasse et après avoir consommé de l’alcool et même de la cocaïne pour l’un d’eux. Deux hommes âgés de 25 et 44 ans, habitant Bondoufle (Essonne), ont comparu ce lundi 17 février 2025 devant le tribunal correctionnel de Fontainebleau. Ils devaient répondre d’une série de faits – détention et transport d’arme, usage de stupéfiant, chasse non-autorisée de nuit, en réunion, sans permis – qui auraient été commis lors de cette équipée sauvage, survenue le 13 décembre 2024, vers 3 h 40 du matin…

Deux hommes devant la justice pour une chasse alcoolisée et illégale en forêt de Fontainebleau

Cette nuit-là, un équipage de police en patrouille repère une Renault Kangoo stationnée au niveau de la rue des Archives, en lisière du massif forestier. Le véhicule maculé de sang attire immédiatement leur attention et ils déclenchent le gyrophare pour procéder au contrôle des deux individus présents à bord. Le conducteur et son passager semblent alcoolisés et les policiers découvrent un fusil et des cartouches. Immédiatement, les deux hommes affirment qu’ils viennent de tuer un chevreuil et que la bête se trouve à l’arrière.

Les fonctionnaires découvrent bien la dépouille d’un animal, entre des canettes de bière, mais aussi «  l’arsenal du parfait chasseur  » comme le précisera la procureure – notamment une serpette, des couteaux, une hachette – et une boîte contenant de la cocaïne. «  On s’est posé sur un parking et on a joué aux boules, éclairés à la lumière des phares  », assure Romain. Aucun des prévenus n’est par ailleurs titulaire du permis de chasse et le conducteur du véhicule, ne possède pas le permis de conduire.

«  Il voulait un gibier pour Noël  »

Ce dernier se trouve d’ailleurs en état de récidive légale pour des faits similaires liés au braconnage. «  Il voulait un gibier pour Noël, mais à la base on ne venait pas pour ça  », a insisté Frédéric, l’autre mis en cause. «  Vous étiez quand même drôlement bien équipés pour faire juste une partie de pétanque, s’est étonnée la juge. L’impression que ça donne, c’est que le but de votre expédition était de chasser, puis découper un animal…  »

«  Je sais que je n’ai pas le droit de chasser  », répond Romain. Frédéric, lui, assure qu’il n’était «  pas au courant de la présence de l’attirail dans le véhicule  »… Réponse de la juge : «  La chasse est réglementée, il y a quand même une notion de protection de la faune et on va difficilement chasser à 3 heures du matin, sauf à faire quelque chose d’illégal !  » L’Office national des forêts (ONF) s’est d’ailleurs constitué partie civile.

Pas un chevreuil… mais un jeune cerf de 70 kg

«  Ce n’était pas un chevreuil, mais un jeune cerf de 70 kilos, a précisé le représentant de l’ONF. Cette espèce est concernée par un plan de chasse (le prélèvement d’un nombre précis de cerfs est autorisé par la préfecture sur une période donnée, ndlr). C’est un animal qui a une valeur : de par sa relative rareté, sa valeur marchande, mais aussi le trophée qu’il représente…  » De son côté, la procureure s’est inquiétée que les deux hommes aient pu confondre les deux espèces.

«  Un promeneur aurait pu se prendre une balle, c’est déjà arrivé que des vététistes parcourent la forêt de nuit et ils auraient pu se faire dégommer…  », a-t-elle tancé. «  Je sais ce que j’ai tiré, même si je n’ai pas de permis, car j’ai accompagné mon grand-père à la chasse  », a répondu Romain. Frédéric, lui, a bien eu le permis de chasse à une époque «  mais je n’ai jamais tiré de cerf de ma vie, je ne connais pas trop.  »

Un tir à l’horizontal, depuis la voiture

Sur sa consommation d’alcool et de cocaïne, Romain a assuré d’un usage ponctuel de drogue «  aux grandes occasions  », mais annoncé consommer six à sept bières le samedi soir. «  Je reconnais que j’ai fait une grosse bêtise  », marmonne-t-il. Frédéric, lui, n’a pas le permis de conduire et admet avoir un problème avec l’alcool, demandant même l’aide du tribunal. De son côté, l’ONF a demandé un dédommagement de 1 000 € soit le prix fixé – fourchette basse – pour un bracelet d’un cerf adulte, quand ils sont prélevés légalement.

«  Je suis très inquiet de la dangerosité d’un tel acte : notamment un tir à l’horizontal depuis une voiture  », a insisté le représentant de l’office. Pis, la procureure y voyant «  un acte irresponsable, de nuit, alcoolisé et avec un calibre pour le gros gibier  ». Elle a demandé 12 mois de prison avec sursis pour Romain et 12 mois de sursis probatoire sur une période de 24 mois pour Frédéric, ainsi qu’une interdiction de port d’arme pour les deux hommes.

«  Ils reconnaissent eux-mêmes que ce n’était pas le meilleur des comportements, que c’était dangereux pour eux comme pour les autres  », a plaidé Me Camille Dehaies, leur avocate. Le tribunal a finalement reconnu coupables les deux hommes, estimant par ailleurs que si c’est bien Romain qui a fait feu, Frédéric a joué un rôle en ayant conduit la voiture.

Romain a écopé de huit mois de prison avec sursis et Frédéric à 8 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Ce dernier, sans emploi, a obligation de chercher un travail, mais aussi de soigner son addiction à l’alcool. Ils ont par ailleurs l’obligation de verser solidairement 1 000 € à l’ONF et devront s’acquitter de deux amendes de 300 €



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