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« La Normandie est reconnue comme une puissance industrielle et un pôle attractif »

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Vous entamez avec le président Hervé Morin une nouvelle tournée Tous Normands. Quel bilan tirez-vous de votre action jusqu’à présent ?

Nous nous étions fixé l’objectif de réussir la réunification. De faire en sorte que chaque territoire se sente impliqué dans le projet régional. Je pense qu’aujourd’hui on peut dire que la Normandie pèse et qu’elle est reconnue. Depuis plusieurs années, la Normandie s’est affirmée comme une région forte et unie, portée par une identité commune et des politiques publiques structurantes. Une de nos premières fiertés dans l’exécution de notre projet politique est d’avoir réussi à fédérer autour d’une identité commune, celle de la Normandie, l’ensemble des territoires normands.

Quelles réalisations marquantes retenez-vous depuis le début de ce mandat ?

D’abord le développement économique. Aujourd’hui, la Normandie est identifiée comme une puissance industrielle et un pôle attractif au sein de l’arc européen. Cet essor s’est notamment traduit par le développement de filières économiques structurées sous une même bannière régionale, ainsi que par un investissement massif dans les infrastructures ferroviaires, permettant d’améliorer l’offre et la qualité des services. Enfin, l’attention a été portée à la jeunesse. L’un des défis majeurs a été l’adaptation aux évolutions démographiques, avec un soutien accru à l’éducation et à la formation. Plus de la moitié des lycées normands ont déjà été rénovés ou sont en cours de modernisation. À Dives-sur-Mer, par exemple, 5,2 millions d’euros ont été investis. Cette politique volontariste vise à renforcer l’attractivité des établissements scolaires et à accompagner les jeunes vers l’emploi.

Formation emploi, écologie, tourisme

Concrètement, que faites-vous pour la formation et l’emploi des jeunes ?

La Région a ainsi ouvert plus de 250 nouvelles formations adaptées aux besoins des entreprises locales, favorisant l’apprentissage et l’insertion professionnelle. La Région se distingue également par son soutien aux Volontariats Internationaux en Entreprise (VIE), en finançant ces dispositifs à 80 %, ce qui en fait la collectivité la plus engagée dans l’insertion des jeunes dans un environnement international, quel que soit leur niveau de formation. Enfin, notre engagement se traduit aussi par un soutien financier aux entreprises qui recrutent des jeunes, afin de favoriser leur insertion dans le tissu économique régional.

Quel rôle doit jouer la Normandie dans la transition écologique ?

Il est essentiel de promouvoir le développement durable dans toutes les régions, y compris en Normandie. L’impact du changement climatique est de plus en plus visible, et depuis quatre ans, nous disposons d’une photographie précise de son évolution. Cette analyse permet d’adapter les politiques publiques et d’accompagner les territoires face aux défis environnementaux. Nous, en Normandie, nous sommes sur une politique d’adaptation. On accompagne les structures qui doivent être délocalisées à cause du recul du trait de côte par exemple.

Le tourisme est un secteur clé pour la Normandie. Comment le développer tout en préservant l’environnement et le patrimoine local ?

Nous avons réuni tous les partenaires sur le tourisme durable, ses enjeux, comment les aborder ensemble et quelle est la politique à conduire. Ce travail aura lieu tout au long de cette année. Cela ne peut se faire qu’avec les maires et les acteurs concernés.

Des réflexions sont menées pour mieux préserver le patrimoine naturel et littoral, qui joue un rôle fondamental dans l’équilibre écologique et économique de la région.

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Quelles sont les priorités de la Région d’ici la fin du mandat ?

L’année 2025 sera marquée par des travaux importants pour définir des stratégies adaptées aux enjeux climatiques. Il est crucial d’intégrer tous les acteurs dans cette démarche : citoyens, entreprises, collectivités et institutions doivent travailler ensemble pour bâtir des solutions durables. Enfin, l’agriculture normande doit être repensée pour mieux rémunérer les agriculteurs tout en respectant l’environnement. Cette transformation passera par des pratiques plus responsables et une meilleure valorisation des produits locaux. En Normandie, nous continuons à soutenir une industrie innovante et performante, notamment dans le domaine de l’économie circulaire. À la fin de l’année, un programme de recherche sera lancé pour relever ce défi majeur et proposer des solutions durables. L’objectif est de développer des écoles et des formations spécialisées pour accompagner cette transition et répondre aux besoins croissants en main-d’œuvre qualifiée. En effet, la région Normandie connaît une demande importante en matière d’emploi, notamment avec des projets structurants comme le développement du Cotentin et du Calvados.

« Si demain j’avais un mandat national, je pourrais mieux défendre nos concitoyens » ©S.Q.

Comment envisagez-vous de renforcer l’attractivité de la Normandie pour les étudiants et les jeunes professionnels ?

L’innovation est au cœur de cette dynamique, et il est crucial d’anticiper les besoins en formation. Pour réussir cette transformation, il faut aussi changer le regard sur certains métiers et rendre la Normandie plus attractive pour les étudiants et les jeunes professionnels. L’ouverture de nouvelles écoles et parcours de formation est une priorité, notamment dans des domaines clés comme la transformation des matériaux et l’ingénierie. Par exemple, l’école Builders, spécialisée dans les matériaux culturels, est une référence en France, et d’autres établissements doivent suivre cette voie pour répondre aux enjeux technologiques et industriels. L’enseignement et la recherche jouent un rôle central dans cette dynamique, avec des projets d’envergure comme le Cyber Campus, qui s’intègre au programme national de cybersécurité. Ce projet vise à former des experts en sécurité informatique et à lutter contre les cyberattaques. Il y a également l’école 42 au Havre depuis 2021. La Normandie, forte de son héritage numérique, se positionne comme un acteur clé dans ce domaine.

Nouvelles technologies, politique

Comment voyez-vous l’impact des nouvelles technologies et notamment, l’intelligence artificielle sur le développement économique de la Région ?

Les nouvelles technologies ont un impact direct sur le développement économique de la Normandie. L’agence de développement régional travaille à l’accompagnement des entreprises dans leur transition numérique et leur protection contre les cybermenaces. La Normandie a été l’une des premières régions à proposer des aides aux entreprises dans ce domaine, mettant en avant son engagement pour l’innovation et la sécurité des données. L’avenir de la région passe par cette capacité à allier tradition et modernité, en intégrant les enjeux environnementaux, économiques et technologiques.

Quel est l’état des relations entre la Région Normandie et le gouvernement actuel ? Quels dossiers défendez-vous auprès de l’État ?

Il n’y a pas d’argent facile, et c’est un message que j’aime rappeler : nous avons besoin d’écoute, mais surtout de stabilité. Depuis sept ans, sous la présidence de Macron, il n’y a eu aucun bouleversement territorial. Concernant les relations avec l’État, il n’y a pas de véritables discussions. Pourtant, sur le terrain, nous réussissons à faire avancer les programmes avec les services déconcentrés de l’État. Par exemple, nous avons défendu un programme de formation sur le nucléaire, et ce n’était pas gagné d’avance. Rien n’était prévu à la base, mais en mettant la pression, nous avons obtenu un financement de 43 millions euros pour cette formation, ce qui est une avancée essentielle. Il y a aussi d’autres dossiers comme la clarification des lois régionales et leur application immédiate.

À quoi aspirez-vous pour la suite de votre parcours politique ?

Je ne m’interdis rien. L’expérience acquise dans la gestion concrète d’un territoire est précieuse, et on a souvent sous-estimé l’importance d’avoir des élus de terrain qui connaissent la réalité du quotidien. Contrairement aux ministres et députés qui partent souvent d’une page blanche à chaque nouveau mandat, la gestion régionale oblige à prendre des décisions concrètes et responsables. Si demain j’avais un mandat national, je pourrais mieux défendre nos concitoyens, car je connais leurs préoccupations et je ne les découvre pas en cours de route.

Avec Antonin BARDIN



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