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la mairie accusée d’avoir utilisé des fonds publics pour préparer sa campagne des municipales 2026

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Lors du conseil municipal de Melun (Seine-et-Marne) de fin janvier, une enquête financée par la Ville a suscité de vives réactions sur les bancs de l’opposition. Elle s’est inquiétée de la légitimité de cette dépense des fonds publics, redoutant qu’elle ne serve avant tout à préparer les élections municipales de 2026. La mairie a apporté des précisions.

Soupçons de manœuvres électorales

Céline Gillier (PS) a ouvert le débat en affirmant :  » Ce marché-là appelle une clarification pour les habitantes et les habitants de la ville, puisqu’il s’agit ici de leur argent, de leur confiance et surtout de l’éthique qui doit guider notre engagement public. « 

Elle a souligné avoir été alertée par des riverains contactés par l’Ifop, auxquels auraient été posées des questions sur  » l’image du maire  » et de son équipe.

Aux yeux de l’élue socialiste, le caractère confidentiel de la démarche jette le trouble. Dans son intervention, elle a rapporté que ni les élus d’opposition ni le conseil municipal n’avaient été consultés, malgré un montant s’élevant  » à 18 000 euros « .

Elle a reproché à la majorité de faire peser une ambiguïté sur l’usage de ces fonds :  » En agissant comme cela, vous alimentez un soupçon de confusion entre l’intérêt général et vos intérêts particuliers. « 

Cécile Prim, élue d’opposition LFI, estime qu’une enquête réalisée un an ou un an et demi avant l’échéance électorale pourrait être interprétée comme un outil de stratégie politique :  » Une enquête à mi-mandat aurait peut-être moins soulevé des questions comme celle-ci, mais un an avant les élections. Effectivement, ça interroge… « 

Elle réclame une transparence totale, insistant sur la nécessité de divulguer non seulement la synthèse des résultats, mais également la liste des questions posées, afin de dissiper tout soupçon.

La majorité contre-attaque

Face à ces interpellations, Henri Mellier, premier adjoint, a tenu à défendre la démarche municipale. Il a refusé de qualifier l’enquête de sondage, précisant :  » C’est bien l’Ifop. C’est une enquête et absolument pas un sondage. « 

Le fait que ce projet ait été entre les mains de Christopher Domba, adjoint qui est sous le coup d’accusations de corruption (mais présumé innocent, ndlr), a pu soulever des questions, vite désamorcées par l’élu.  » N’en faites pas une polémique. Il était adjoint chargé de la communication. Donc, c’est normal que ce soit dans le cadre des crédits liés à la communication. « 

Selon lui, il s’agit d’étudier le climat général dans la ville et d’évaluer la perception qu’ont les Melunais de diverses politiques publiques. Pour rassurer l’opposition, l’adjoint a souligné que le maire comptait partager la synthèse : les résultats devraient être transmis à chacun. Les résultats ont été, depuis, révélés sur le site et les réseaux sociaux de la mairie.

Insistant sur la nature strictement informative de cette étude, il a rejeté toute arrière-pensée électoraliste.  » Nous interrogions le climat municipal, c’est-à-dire les grandes politiques publiques, le logement, la sécurité, l’environnement… Ce n’est pas de savoir si le maire a une bonne image, si les adjoints travaillent bien ou mal. « 

Appel à plus de transparence

Dans ce contexte, Céline Gillier a reconnu attendre la publication intégrale avant de trancher. Elle a néanmoins fait remarquer que le doute persiste tant que les données recueillies n’ont pas été révélées.  » Oui. Alors, nous, on est un peu comme Saint-Thomas. On ne fait pas de procès d’intention « , a-t-elle déclaré, tout en réaffirmant sa vigilance concernant la manière dont les deniers publics sont utilisés.

Elle a également rappelé qu’à plusieurs reprises déjà, le groupe socialiste s’était érigé contre toute ambiguïté dans la commande d’enquêtes menées sur le territoire communal.

Pour sa part, Henri Mellier a continué de marteler qu’aucune question ne portait directement sur la popularité du maire ou sur des intentions de vote. Lors du débat, il a même lâché un bref :  » Nada. Rien du tout. Absolument rien  » pour illustrer l’absence d’orientation politique dans les volets abordés.

Il a conclu en exprimant son étonnement face au tollé, persuadé que la communication des résultats allait mettre fin à la polémique.

Au final, ce qui s’annonçait comme un simple point à l’ordre du jour a éveillé la suspicion d’une partie du conseil, bien décidée à scruter chaque dépense qui pourrait avoir un lien, même indirect, avec l’échéance électorale de 2026.



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