Le parquet général de la Cour d’appel de Rennes a requis mardi 18 février 2025 la confirmation de la condamnation infligée à Pascal Rabevolo, l’ancien maire de Vue (Loire-Atlantique), pour les deux outrages qu’il avait proférés à l’encontre de sa successeure Nadège Placé, relate l’agence Presspepper.
Pour rappel, les échéances judiciaires s’enchaînent entre les deux : le 5 février 2025, la même cour d’appel de Rennes avait désavoué l’actuelle maire en relaxant son prédécesseur de 53 ans des poursuites de « diffamation » qu’elle avait engagées contre lui après qu’il l’avait accusée indirectement d’un « détournement de fonds publics ».
Deux jours plus tard, la commune avait été attaquée au tribunal administratif de Nantes pour sa « responsabilité » dans le « harcèlement moral » de deux agents par Pascal Rabevolo quand il était maire.
Deux « outrages » reprochés à l’ancien maire
Ce mardi 18 février 2025, Pascal Rabevolo faisait donc appel de sa condamnation pour « outrages » envers l’actuelle maire. En première instance, il avait été condamné à une « interdiction de contact » et de « paraître à la mairie » pendant trois ans.
L’ancien élu avait aussi été condamné à indemniser le « préjudice moral » de Nadège Placé et avait dû prendre en charge ses frais de justice, ainsi que ceux de l’Association des maires de France (AMF) de Loire-Atlantique, qui s’était constituée partie civile aux côtés de la maire de Vue.
Il lui était donc précisément reproché deux « outrages », commis en décembre 2021 et en avril 2022, lors de deux conseils municipaux : l’ancien maire avait souligné « l’incompétence » de celle qui l’avait remplacé. « Nadège, si tu as un cerveau, sers-t-en », lui avait-il aussi asséné.
« J’ai formé appel au motif que les reproches faits sont infondés, je conteste formellement avoir commis l’infraction », a d’emblée indiqué Pascal Rabevolo au président de la 12e chambre des appels correctionnels de Rennes, mardi 18 février 2025.
Sommé par la maire de « quitter les lieux »
Nadège Placé avait en fait porté plainte contre lui le 27 juin 2022 après « les propos tenus » par son rival politique.
Neuf conseillers municipaux entendus comme témoins avaient alors confirmé auprès des enquêteurs « la teneur » de sa plainte, a-t-il été dit lors de l’audience, et Nadège Placé l’avait cette fois-ci trouvé « agressif » et « menaçant ».
Un conseiller municipal d’opposition avait pour sa part confirmé que Pascal Rabevolo l’avait bien « traitée d’incompétente », mais il s’agissait d’une « réponse » aux « insultes » de « minable » que l’ancien maire s’était lui-même vu asséner.
Le 4 avril 2022, l’ancien maire avait « perturbé » le déroulement du conseil municipal auquel il assistait en tant que simple citoyen : il s’était « levé » pour glisser un mot à l’oreille d’un élu et avait alors été sommé de « quitter les lieux » par la maire. Pascal Rabevolo lui avait alors proposé « d’utiliser son cerveau », avant de « critiquer les élus ».
En première instance, ce dernier avait affirmé que « les mots avaient outrepassé sa pensée », mais il faut toutefois « replacer ces paroles dans le contexte », a-t-il cette fois précisé devant la cour d’appel de Rennes.
« C’était une réponse au comportement inopportun de la maire », a dit celui qui se considère comme une victime de « harcèlement » ces « dernières années ».
« Une blessure qui ne guérira jamais »
Pascal Rabevolo n’avait manifestement pas supporté que la maire mette fin à la séance du conseil municipal alors qu’un élu d’opposition souhaitait lire sa « lettre de démission ». Cette fois-ci, il a aussi expliqué qu’avec « toutes ces pressions », il a décidé de mettre sa maison « en vente » et de « quitter la commune ».
Pour l’avocat de Nadège Placé, cette saga judiciaire s’explique par le fait que Pascal Rabevolo garde « une blessure qui ne guérira jamais » : celle de ne pas avoir été « reconduit » alors que l’actuelle maire avait fait dissidence contre lui.
« Depuis ça, il lui voue une haine intense […] et son objectif est qu’elle ne soit pas réélue en 2026 si elle venait à se représenter », a plaidé Me Clément Launay, sous les yeux de sa cliente.
Se représentera-t-il en 2026 ? Son avocat ne le « croit pas »
L’avocat s’est par ailleurs dit convaincu que la volonté de Pascal Rabevolo était de « se représenter en 2026 », mais Me Loïc Cabioch, l’avocat du prévenu, a ensuite recadré les choses en disant qu’il ne le « croyait pas ».
En tout état de cause, ce procès ne peut être « une façon de l’exclure » de la vie politique locale et son client doit être « relaxé » puisque ces propos « pas agréables » et « un peu malheureux » n’étaient qu’une « provocation » et ne démontrent aucunement « une volonté d’outrage ».
En revanche, du point de vue du parquet général, la condamnation de Pascal Rabevolo doit être « confirmée » puisque « l’infraction est constituée ». L’avocat général a par ailleurs trouvé la peine infligée à Nantes « très mesurée ».
L’ancien maire de Vue sera fixé sur son sort d’ici un mois environ.
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