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la digue cède, 150 maisons inondées

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« Je n’ai eu que le temps de courir d’une maison à l’autre pour prévenir les habitants qui ont dû faire vite ». L’homme qui parle ainsi, c’est un électricien qui passait dans le quartier de la Grève d’Or, au nord de Barneville-plage, vers 9 heures ce samedi matin 9 février 1974.

En hâte, on a érigé de nouvelles digues: les autorités, Préfet en tête, viennent voir l’avancée des travaux. ©Archives La Presse de la Manche

Car à la faveur d’une marée de 112 et d’un vent sud-ouest de force 10, la mer venait de rompre la digue de Bel Abri protégeant le quartier (côté havre) et s’engouffrait rapidement à travers les rues peuplées de nombreuses maisons, dont beaucoup de résidences secondaires inoccupées.

Sur le volet de cette maison, la trace indique la hauteur impressionnante atteinte par la mer.
Sur le volet de cette maison, la trace indique la hauteur impressionnante atteinte par la mer. ©Archives La Presse de la Manche.

Le miracle, l’urgence et la frayeur

Heureusement, il faisait jour. Heureusement, les secours ont été réactifs : pompiers, gendarmes, sont arrivés rapidement sur place, secondés par le zodiac de la SNSM locale qui patrouillait dans les rues inondées. Et heureusement, la marée n’a pas tardé à refluer.

Rupture de la digue Barneville février 1974
Le patron de la SNSM locale, M. Tourniquet de Brandt, va participer aux opérations de sauvetage. ©Archives La Presse de la Manche

Bilan : 150 maisons touchées (dont certaines inondées à hauteur de 2,50 mètres), 52 familles devant être relogées, et miraculeusement aucune victime (une personne âgée ne pouvant se déplacer a été secourue).

Rupture de la digue à Barneville février 1974
150 maisons ont été touchées, à des degrés divers. ©Archives La Presse de la Manche.

En urgence, on colmate la brèche pour contrer la prochaine marée du soir. En urgence, les propriétaires tentent de sauver ce qui peut l’être. Rétrospectivement, certains se font des frayeurs :

Mes deux petits-enfants étaient couchés dans une pièce aménagée dans mon sous-sol. Si la catastrophe était survenue en pleine nuit, auraient-ils eu le temps de gagner l’étage ?

Un habitant de Barneville

Qui est responsable, qui va payer ?

Et on se pose ensuite des questions. La digue qui a cédé, était vieille de plus d’un siècle (Second Empire) et était reconnue comme peu solide, négligée par les propriétaires riverains à qui incombait son entretien. Certains y posaient des fagots de bois pour la renforcer quand d’autres n’y prêtaient guère d’attention….

Même si la zone a rapidement été déclarée sinistrée et que des secours d’urgence ont été débloqués par l’État pour venir en aide aux habitants les plus démunis, les propriétaires se retrouvent devant un sacré dilemme : vont-ils devoir se retrousser les manches et casser leurs tirelires pour rebâtir plus solidement la digue ? Ou est-ce aux collectivités (commune, État) de le faire ?

C’est vraisemblablement la première fois qu’on s’interroge ainsi sur la responsabilité de la protection du littoral…

De nouvelles inondations, de la prévention

En 2006 et 2008, les digues de Barneville ont de nouveau cédé, provoquant des inondations dans le bas du bourg.

En 2014, 20 000 tonnes d’enrochements sont venues caparaçonner la côte barnevillaise, et la digue de Bel Abri a été rehaussée de 50 cm. Mais plusieurs pavillons, situés juste derrière, sont toujours en dessous du niveau de l’eau à marée haute.

Sachant qu’en matière de pression atmosphérique, 1 hectopascal en plus, c’est 1 centimètre d’eau en plus (on peut donc avoir jusqu’à 50 cm d’eau en plus). Et qu’en fonction de la direction du vent, on peut avoir aussi une surcote d’eau de 50 autres centimètres.

Après la tempête Xynthia (février 2010, 53 morts sur la façade ouest française), l’obligation de la présence d’une pièce-refuge se situant au-dessus du niveau de la mer, a été imposée dans les habitations proches du littoral.



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