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la dalle de Choisy-le-Roi dans le viseur des autorités

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De gigantesques tours d’immeubles, et en dessous, des couloirs de commerces peu accueillants. Construite dans les années 60, la dalle de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) a perdu de sa superbe. Le quartier est gangréné par le trafic de drogue, mais aussi la vente à la sauvette. Ce mardi 11 février 2025, le nouveau Préfet du département Étienne Stoskopf et le procureur de la République Stéphane Hardouin étaient présents pour une opération policière visant à assainir l’espace public.

Drogue, médicaments et alcoolisme

Dans ce quartier dans lequel les grandes artères se mêlent aux sombres corridors, le panorama de la délinquance est très varié, comme le détaille le commissaire de police de l’agglomération Emmanuel Vaillant : « Il y a du trafic de stupéfiants, mais aussi de médicaments comme le Rivotril. Les rodéos urbains sont aussi fréquents ». Autre problématique, plus surprenante, l’alcoolisme : « Historiquement, le parvis est un lieu de rassemblement entre buveurs de toute l’Île-de-France ».

Des nuisances pour les riverains

Ce cocktail délictueux entraîne forcément des nuisances pour les riverains. La galerie commerciale Rouget de l’Isle située sous la dalle est déjà à moitié sinistrée. De nombreux magasins fermés rendent les petites allées peu rassurantes. « Ici, on achète plus grand-chose de légal », souligne le commissaire de police. À ce dépeuplement des commerces s’ajoutent des occupations d’immeubles.

« Il peut y avoir parfois 10 personnes agglutinées dans l’entrée, ce qui empêche le passage des habitants », révèle le policier, en désignant l’entrée d’un immeuble situé dans l’allée marchande. Si les rixes sont peu fréquentes, l’objectif des forces de l’ordre est qu’elles ne se développent pas : « On fait en sorte qu’il n’y ait pas de consommateurs de drogues qui se posent avec en conséquence des potentielles violences et de l’insécurité ».

Une politique de harcèlement

Pour lutter contre ces multiples phénomènes, les policiers, dont le commissariat est situé entre la dalle et le tramway, ont une méthode fastidieuse, mais qui paie : le harcèlement. Les agents effectuent de nombreuses patrouilles, afin d’empêcher tout regroupement et de créer un point de deal. Des caméras de surveillance installées en hauteur ont aussi pour effet de dissuader. Au niveau du City-stade, le commissaire de police a constaté une nette amélioration : « Avant, c’était un point de vente important, et la drogue était stockée dans les immeubles par des nourrices. On a fait de nombreuses perquisitions, et depuis, le trafic a diminué ».

Vidéos :

Ce mardi, les multiples agents, en uniforme, en civil et à cheval, font sensation dans les rues de Choisy-le-Roi. Plusieurs individus regardent avec méfiance ce rassemblement de képis. « Tout à l’heure, on a interpellé un homme en pleine transaction de stupéfiants », détaille l’un des policiers. L’acheteur a de son côté été verbalisé.

Une stratégie globale dans le département

Cette démonstration de force dans les rues de la commune a aussi pour but d’illustrer la volonté des autorités de lutter contre la délinquance dans l’espace public. L’enjeu est de taille, avec comme nouveau défi les ouvertures de nouvelles gares sur la ligne de métro 14 et les futures lignes 15, 16 et 17.  « Nous avons enclenché depuis plusieurs semaines un travail avec monsieur le procureur. Nous échangeons beaucoup », explique le préfet Étienne Stoskopf. Selon le dernier rapport de la préfecture sur la délinquance, les opérations se sont intensifiées. Les points de deal dans le département, au nombre de 34, ont ainsi été divisés par deux. Une tonne de cannabis a également été saisie durant l’année, ainsi que 8 kg de cocaïne.

« Le trafic de drogue et le crime organisé fonctionnent par couches. Nous devons donc utiliser toute la gamme de nos moyens. Il faut une coordination entre une sécurité publique mobilisée sur le terrain et une police judiciaire organisée », souligne le procureur de la République Stéphane Hardouin. Ce dernier concède que si les points de deal se réduisent, les trafiquants s’adaptent : « Il y a de nouveaux modes opératoires, comme les calls-centers. Il faut que la justice se spécialise pour lutter contre cette forme d’uberisation du trafic. Mais cela n’empêche pas des actions de proximité ».



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