Par Anaïs Briec
Ultime rôle pour l’acteur Michel Blanc, décédé brutalement le 3 octobre 2024, à 72 ans. La cache est un film tendre et inspirant. Ou plutôt inspiré, comme son réalisateur Lionel Baier qui adapte ici le roman éponyme de Christophe Boltanski (Prix Femina 2015, éd. Stock, 344 pages, 24 euros).
Un nid familial
À travers les yeux d’un petit garçon, Christophe, 9 ans, se traduit une réalité, celle qu’il convient d’accepter, aussi fantasque soit elle. Cette réalité met en scène un nid familial bien garni où évolue une galerie de personnages aussi foutraques les uns que les autres.
Une mère-grand (splendide Dominique Reymond) audacieuse, un père-grand (attachant Michel Blanc) trop timide, deux oncles passionnés par les mots et les arts, et une arrière-grand-mère au passé de sulfureuse danseuse russe.
Toute cette joyeuse famille vit ensemble, ne formant qu’un dans un grand appartement rue Grenelle, à Paris.
Ce cocon si réconfortant
Ce groupe atypique n’est d’ailleurs pas sans rappeler un peu La famille Tenenbaum de Wes Anderson (2021) pour le léger dans le grave…
Ici, le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale est installé en filigrane d’une vie plus légère où les événements de Mai-1968 viennent nourrir l’éveil des consciences de chacun.
Un film aux dialogues d’une délicieuse finesse sur l’engagement, l’identité juive, l’histoire mais aussi, et surtout, sur la famille : ce cocon si réconfortant.
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