Home Faits Divers « J’utilise l’alcool comme un médicament »

« J’utilise l’alcool comme un médicament »

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Vingt à trente courriels d’insultes. Quotidiennement, jour et nuit ; et autant de messages vocaux. Vendredi 21 février 2025, un homme de 58 ans les a reconnus lors de son procès au tribunal de Quimper (Finistère).

Lui et sa conjointe ont vécu 24 ans ensemble. Ils ont trois enfants. En 2023, ils ont décidé de se séparer. L’envoi de mails malveillants a commencé peu après, et a duré un an et demi. La victime a fini par porter plainte en octobre 2024 pour dénoncer du harcèlement.

« Dans quel but ? »

« Tous ces messages, c’était dans quel but ? », a questionné Anne-Sophie Quideau, la présidente du tribunal. « Entre nous, il y a un désaccord profond sur la répartition de nos biens. » « Mais est-ce que cela justifie de traiter Madame de conne, d’idiote, de pute ? », a insisté la présidente.

Le prévenu estime qu’il a beaucoup travaillé et beaucoup apporté à la vie commune. Dans les courriels, « je voulais aussi lui expliquer que la procédure devant le juge aux affaires familiales était infondée et nous coûtait très cher ».

Au fil de l’audience, le quinquagénaire a parfois eu un petit rictus. Certaines de ses explications et déclarations ont paru surprenantes. La présidente s’en est agacée. Pour sa défense, l’intéressé a invoqué sa santé :

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J’ai des troubles qui font que je supporte mal la contrariété. Pour cela, j’ai un suivi psychiatrique. Mais quand le traitement n’agit pas assez vite, je vais acheter une bouteille. J’utilise alors l’alcool comme un médicament.

Casier vierge

Il a assuré qu’il a rédigé des mails « sous le coup de la colère » et en état d’ébriété. « Il ne faut pas sous-estimer les effets de la maladie », a-t-il indiqué. Le procureur Clément Jouen n’a pas été dupe et a déploré « un discours très autocentré » du prévenu.

Monsieur a été entendu en octobre et en décembre 2024. Vous avez été convoqué pour une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Vous vous étiez engagé à arrêter l’envoi de messages. Malgré tout, vous avez recommencé début février.

Clément Jouen, le procureur.

Ancien cadre, le quinquagénaire a perdu son emploi juste avant le premier confinement de mars 2020.  » J’ai très mal vécu le Covid. Avant cela, j’ai travaillé pendant 35 ans dans le recrutement. »

Son casier est vierge. « Après 48 heures de garde à vue et une nuit en prison, ça va. J’ai compris », a-t-il assuré.

Quatre mois de prison ferme

Le magistrat du ministère public ne l’a pas vraiment cru car « Monsieur a un fort complexe de supériorité par rapport à Madame », et « une absence de limite ». Il avait requis huit mois de prison ferme avec un bracelet électronique et huit mois avec un sursis probatoire de deux ans.

Une peine « totalement disproportionnée » pour la défense qui a surtout plaidé pour des soins. Me Soazig Yven a été en partie entendue.

Son client a écopé d’un an d’emprisonnement dont quatre mois ferme avec un bracelet électronique. Il a en outre interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime pendant deux ans.



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