Mauvais traitement, privation de nourriture, habitat pouvant être cause de souffrance, détention de cadavres et enfin inexécution de mise en demeure. Les faits recouvriraient la période de septembre 2022 à mars 2023 à Caumont-sur-Aure et à Val-de-Drôme (Calvados).
Insalubrité, manque de nourriture, cadavres de bovins…
Dans ces deux exploitations agricoles, les vaches laitières auraient subi de mauvais traitements, d’après un rapport de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations).
Déchets, boue, bouse, dans le couloir de circulation des bovins, du lisier de 20 cm d’épaisseur, absence de paillage, d’alimentation, veaux trop âgés pour être dans des niches, débordement de la fosse à lisier, cadavres de vaches et de veaux… Des constatations faites en septembre 2022 avec un délai de régularisation qui n’a pas été respecté. En mars 2023, aucune amélioration n’est constatée.
Débordés par le manque de temps et d’argent
Patrick et sa fille travaillent ensemble, aidés par deux salariés. Justine s’occupe de la laiterie. Ils ne sont manifestement pas assez nombreux. Lorsqu’ils ont voulu monter une deuxième exploitation, ils ont vite été débordés, par le manque de temps et par le manque d’argent.
Justine, qui est passionnée par son travail, est en larmes à la barre. « Un employé est parti, puis j’ai eu un accident de travail, on n’avait plus assez d’argent pour payer les dettes et les fournisseurs ». Patrick, qui a exercé cette activité toute sa vie, conclut : « Pour nous, l’élevage, c’est fini. On va vendre nos dernières génisses ».
On a du mal à accepter les termes de maltraitance et de prison
La procureure dit comprendre la difficulté de ce métier. Cependant, il y a un certain nombre de règles à respecter. « On leur a laissé le temps. Non seulement rien n’a été fait, mais la situation a continué de se dégrader ». Elle requiert des peines symboliques de prison avec sursis ainsi qu’un total d’amendes dépassant les 7 000 euros, ceci assorti d’interdictions d’exercer. « On ne conteste pas ce qui nous est reproché, mais on a du mal à accepter les termes de maltraitance et de prison », déclare Patrick.
Une présidente sensible à cette situation
L’avocat de la défense considère que cette affaire révèle la souffrance d’être éleveurs. « Ils travaillent de 7 h du matin jusqu’à tard le soir. Ils sont épuisés ». Il fait remarquer que si la situation sanitaire avait été aussi catastrophique, des maladies seraient apparues et insiste sur le fait que les vaches ont été vendues à des prix élevés.
« On peut faire dire tout et n’importe quoi à un rapport, en allant voir les animaux qui vont mal, mais pas ceux qui vont bien. Certes, il y a eu défaillance, mais c’était une population de 500 bovins avec beaucoup de vêlages. La plus grosse sanction que l’on puisse leur infliger, c’est la perte de leurs animaux ». La présidente Bénédicte Delgove se montre sensible à ces arguments et prononce un sursis pour la totalité des amendes, sans interdiction d’exercer.
*Prénoms d’emprunt
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