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jugés, ils ont été relaxés

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Leur audience au palais de justice de Nantes avait déjà été reportée. Vendredi 28 février, les deux accusés étaient donc poursuivis précisément pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de destructions », « refus de se soumettre au prélèvement biologique de son empreinte génétique » et « dissimulation volontaire du visage lors de manifestation faisant craindre des atteintes à l’ordre public ».

Le premier, qui habite à Rennes, était absent de son procès en raison d’une « difficulté » qui avait toutefois été « prévue » par son avocat ; ce dernier avait donc un pouvoir de représentation. Son client, âgé de 29 ans, était connu de la justice pour avoir été condamné pour des faits similaires le 24 juin 2019 par le tribunal judiciaire de Rennes. Titulaire d’un master d’histoire et « en recherche d’emploi depuis quatre ans », il a voulu se reconvertir « dans les métiers du livre », après ses études et a désormais pour principale activité d’écrire « de la fiction », avait-il dit lors d’une précédente audience. Il vit du Revenu de solidarité active (RSA), avait-il alors précisé à la présidente du tribunal correctionnel.

Le second est lui aussi au chômage depuis la fin de son contrat d’animateur et de « directeur adjoint d’une colonie de vacances ». Celui qui a aussi travaillé dans la restauration et dans le bâtiment se consacre actuellement « bénévolement » à l’association qui l’a employé comme animateur « pour faire de l’administratif ». Ce second manifestant, qui vit pour sa part à Nantes, était quant à lui présent à l’audience, mais a refusé de s’exprimer sur les faits au-delà de simple « déclaration liminaire ».

« Quelques slogans avec le mégaphone »

Le parquet leur reprochait en fait d’avoir « chargé des policiers » et d’avoir « harangué la foule » dans une manifestation le 26 octobre 2024, où « des pierres ont été lancées » et où les participants avaient « le visage dissimulé » et se cachaient « sous des parapluies ». Le rassemblement avait lieu « dans le centre-ville » de Vertou en marge de ce « meeting de rentrée » du Rassemblement national.

Les gendarmes avaient en outre retrouvé, lors de leurs fouilles, « des protège-tibias noirs », « un tour du cou noir », « un bonnet noir » ou encore « un chapeau noir ». Seul un « morceau de tissu » était « bleu ». Il y avait aussi « des lunettes de plongée » et « des lunettes de ski ». Le Rennais s’était aussi vu reprocher d’avoir voulu « contourner les gendarmes », selon le procès-verbal d’infraction, mais la présidente du tribunal correctionnel de Nantes ne l’a pour sa part « pas constaté » sur les images : le prévenu était juste « un peu détaché du groupe ».

L’un des deux manifestants a, pour sa part, lui-même porté plainte contre les forces de l’ordre après avoir reçu « deux ou trois coups de matraque » injustifiés, de son point de vue.

Vidéos :

Les idées d’extrême-droite sont dangereuses pour la société. N’oublions pas que le RN a été fondé par des SS.

Le prévenu en guise de « déclaration liminaire ».

Sur le fond, l’ancien animateur a tout au plus concédé avoir « chanté quelques slogans avec le mégaphone »

Quelques policiers se sont alors trouvés au milieu de la voie. Le groupe s’est arrêté, sans trop savoir comment réagir, mais au bout de dix à quinze secondes, les policiers ont chargé sans faire de sommations. 

Le prévenu présent

La détention de masques de ski se justifiait par ailleurs par la volonté de « se protéger d’éventuelles images avec appels au lynchage » ultérieurs par les militants RN « comme cela s’est déjà produit à Nantes ».

L’avocat pointe l’inculture du général

Votre audience ne peut constituer une tribune contre tel ou tel parti politique. Il n’est pas interdit de manifester, mais il est interdit de commettre des infractions.

La procureure de la République au début de ses réquisitions.

Elle avait donc requis en particulier un total de douze mois de prison pour le prévenu absent, qui était « particulièrement connu » pour avoir un « certain ancrage » dans cet « activisme absolument insistant ».

L’avocat des deux militants avait toutefois rappelé que le rassemblement de Vertou n’était « pas une manif anti-flics » mais qu’il était dirigé contre un parti qui a « une histoire fasciste » et « des velléités fascistes ». La banderole « ne visait absolument pas les forces de l’ordre » mais exprimait « une opposition philosophique à un mouvement perçu comme délétère ».

Pierre Huriet a d’ailleurs « déploré l’inculture du général de gendarmerie » qui n’a pas compris que les « porcs rouges » sur la banderole des manifestants étaient une référence au film d’animation Porco Rosso (1992) du réalisateur japonais Hayao Miyazaki. L’avocat a invité les juges à le regarder « sur les plates-formes de streaming » : il raconte l’histoire d’un pilote d’hydravion à tête de cochon dans l’Italie des années 1920. « Porco Rosso était une insulte des fascistes à l’attention des communistes, traités de  »porcs rouges » », a-t-il expliqué.

L’extrême-droite n’hésite pas à soumettre à la vindicte populaire les militants qui lui apparaissent comme hostiles.

Pierre Huriet, l’avocat des deux manifestants

Une justification pour la détention de masques et de parapluies. La peine requise à l’encontre de son client absent, était enfin « un quantum exorbitant » pour avoir fait « un petit tour dans un cortège » et « s’être fait plaquer par un CRS de mauvais poil ».

Le tribunal a finalement relaxé les deux prévenus puisqu’il n’a « pas d’éléments suffisants pour caractériser l’ensemble des infractions reprochées ».



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