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jeunes et bravaches, les supporters du Paris Basketball cassent les codes


« Sa calvitie, c’est pas possible ! ». Au microphone, Redouane entonne un refrain répété à l’envi par le Kop Parisii. Dans les gradins, le sarcasme suscite des éclats de rire. Sur le parquet, l’intérieur de l’ASVEL Lyon-Villeurbanne, Joffrey Lauvergne, n’en a cure. Il enchaîne les lancers-francs sans prêter à la distraction émanant de la centaine de supporters du Paris Basketball.

De plus en plus de supporters

Ce dimanche 8 février 2025, l’international français n’est pas le seul à recevoir les quolibets du Kop Parisii lors de la victoire du club parisien à l’Adidas Arena, à l’occasion du premier anniversaire de la salle de la porte de la Chapelle (18e).

Le double vice-champion olympique, Nando de Colo, a, lui, le droit à des remarques mordantes sur son âge (37 ans). Qu’importe son palmarès et son statut de légende du basket. Cette identité bravache épouse l’ascension du leader du championnat de France, la Betclic Elite.

Doté d’une enceinte flambant neuve, dotée de 8 000 places, le club dirigé par l’homme d’affaires américain David Kahn peut également s’appuyer sur les 187 adhérents du Kop Parisii. Un chiffre qui ne cesse de croître.

« Chaque match, on a 110 à 120 supporters qui viennent dans le virage. Dans la Halle-Carpentier, ils étaient une dizaine, ça change ! »

Julien Dias
Secrétaire général du Kop Parisii
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À 38 ans, ce natif de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), fan du Paris Saint-Germain (PSG), admet volontiers sa passion pour le basket. Une éprise construite dans les années 1990, au moment où les exploits de la légende NBA Michael Jordan s’exportaient à bas bruit sur les tubes cathodiques des foyers français.

Depuis trois ans, Julien Dias fait partie des responsables du Kop Parisii. (©AG/ actu Paris)

Culture urbaine

Bercé par la culture américaine, ce père de deux enfants a adhéré au mantra des dirigeants du Paris Basketball. Car dans l’enceinte de l’Adidas Arena, les baffes crachent du hip-hop, du rap, les écrans centraux diffusent des « dance cam » et les vedettes locales… Une profusion d’héritages aussi présents dans l’expression urbaine propre à l’Île-de-France.

Le Kop Parisii se veut aussi le chantre de cette altérité et de cette diversité depuis sa création, en 2021. « Chez nous, il y a des Noirs, des Arabes, des Blancs… On ne fait aucune différence. C’est le Grand Paris. Peu importe le résultat, on met le feu à notre façon », explique Julien Dias.

Et il n’est pas rare d’observer la présence de familles. « Mon compagnon m’amène ici pour la première fois. Nos deux enfants sont fans de basket. L’ambiance est très chouette », glisse une trentenaire résidente de l’Oise. « On revendique une atmosphère familiale. C’est plutôt bon enfant », abonde Julien Dias.

Dans le groupe, la proportion d’étudiants et de jeunes adultes est forte. « Il y a une superbe ambiance. C’est bienveillant. Et ça change d’autres groupes, au sein desquels il y a des fanfares », confie Jules, 24 ans. Originaire du Mans (Sarthe), ce jeune travailleur arrivé à Paris en 2021 s’est rapidement fondu dans la masse. De quoi inciter l’un de ses amis, Antoine, 30 ans, à rallier le groupe.

Redouane, le meneur du Kop Parisii, donne de la voix à chaque match. Une méthode inspirée de la culture Ultra, très présente dans le football. (©AG/ actu Paris)

« Certains sont assez véhéments avec nous »

« Je suis plutôt fan de foot à la base. Mais je me suis retrouvé dans le Kop Parisii. Donc, j’y vais à chaque match depuis le début de la saison (2024-2025). J’aime bien aussi le côté chambreur », souffle cet habitant du 18e arrondissement, voisin de l’Adidas Arena. Pourtant, si la plupart des messages sarcastiques envoyés par le Kop Parisii sont bien accueillis, certains échanges peuvent être houleux, notamment sur les réseaux sociaux.

Julien Dias a notamment eu une récente altercation virtuelle avec l’un des responsables des Blue Phoenix, le groupe de supporters du Saint-Quentin Basket-Ball (SQBB).

« Certains sont assez véhéments avec nous. Ils disent qu’on est privilégiés, qu’on est un club de riche. Mais on assume. Nous ne sommes pas des parvenus. On est des fans de basket »

Julien Dias

Cet indéfectible soutien est salué par les joueurs. Illustration à l’issue de la victoire contre l’ASVEL. Le nouvel intérieur du Paris Basket Mathis Dossou-Yovo, indisponible, a saisi le microphone du meneur du Kop Parisii, Redouane, pour célébrer ce succès. « On a de bonnes très bonnes relations avec les joueurs. Le club organise aussi des événements où nous sommes conviés », se satisfait Julien Dias.

Pour parvenir à devenir un grand d’Europe, l’organisation parisienne sait la nécessité de compter sur ses supporters. Une communauté déjà très implantée dans les meilleurs clubs du continent, comme en Grèce ou en Turquie. Mais il faudra du temps et des résultats.



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