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Jeune et encore fragile, l’Agglo du Cotentin arrive à un tournant avant l’élection de jeudi

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Dans le bureau de la présidence de l’Agglomération du Cotentin, le 27 février 2025. Quelques heures avant d’officialiser son départ au Sénat, David Margueritte confie sa confiance quant au pouvoir de responsabilité des élus à s’engager dans une forme de stabilité des équilibres de l’Agglo, à un an de la fin des mandats.

Le nom de Jacques Coquelin, maire de Valognes (Manche), circulait depuis déjà plusieurs jours en cas de nouvelle élection à la présidence. « Coquelin, vous pensez que c’est fait d’avance ?, écrit le lendemain dans un message un collaborateur. Je vous conseille de passer trois ou quatre coups de fil. Vous allez voir… »

Chacun semble avoir sa définition de « stabilité ». Depuis, le plus souvent en « off », une sorte de frénésie inattendue s’est emparée d’un sujet qui a échappé à bien des concitoyens.

Retour des clivages

Vendredi 7 mars 2025, Christèle Castelein, binôme de Jacques Coquelin, a annoncé sa candidature à la présidence de l’Agglo. « C’est la candidate du Cercle du Cotentin, qui tente de prendre l’hégémonie sur l’Agglo », souffle un élu cherbourgeois, qui rappelle qu’elle est la vice-présidente du mouvement.

Les partisans de l’élue de Saint-Cyr-Bocage (Manche), au contraire, mettent en avant un « gros travail de relais et de lien » avec les maires ruraux mené ces dernières années.

Inutile d’aller chercher l’enjeu des derniers jours avant l’élection à la présidence de jeudi 13 mars 2025. Il est là, dans ce retour des clivages des débuts que le temps n’a jamais complètement aboli: la ruralité et la ville, avec une pincée de politique au milieu.

L’Agglo reste une structure jeune, encore fragile. La voilà à un nouveau tournant, alors que la dynamique et les perspectives d’avenir ont été largement renforcées ces dernières années.

La tentation de la « revanche » ?

Une volonté chez certains maires s’aiguise : refaire le match. L’expression d’un « ras-le-bol », en même temps qu’un coup de pied dans la fourmilière pour renforcer les aides et autres fonds de concours vers les communes, à l’heure où l’Agglo bénéficie de moyens nouveaux.

Et alors que certains pointent la géographie choisie ces dernières années « pour l’installation des grands équipements ». « L’axe RN13 », synthétisait Jean-Louis Valentin la semaine dernière, selon une logique que l’ancien « patron » de l’Agglo valide.

Dans une lettre de soutien à la candidature de Christèle Castelein, envoyée aux élus communautaires (non signée, mais très amène avec le travail de David Margueritte à la présidence, jugé « colossal »), des maires indiquent avoir besoin « d’un président qui soit en capacité de comprendre et d’entendre des dizaines de petites villes et villages » du territoire, et qui « ne souhaite pas une idéologie purement urbaine » du développement dans la ruralité.

Cherbourg, Valognes et La Hague pointées du doigt

Interrogés, plusieurs élus pointent clairement du doigt Cherbourg, Valognes et La Hague, déjà accusés de se « répartir les postes » entre la présidence et les deux premières vice-présidences.

« Pourquoi, soudain, alors que David Margueritte est un élu de Cherbourg-en-Cotentin et son premier vice-président de Valognes, décider que le prochain président ne pourrait venir d’aucune des trois principales villes du Cotentin ?, s’interrogeait Benoit Arrivé vendredi dans un courrier aux élus communautaires, ciblant sans le nommer le Cercle du Cotentin. Pourquoi stigmatiser trois maires en particulier, si ce n’est pour légitimer une candidature issue d’un groupe politique auquel ils n’appartiennent pas ? »

Il y a eu, à l’époque de la création de l’Agglo, bien des débats passionnés pour trouver la bonne formule. Même si, au fond, peu d’élus étaient farouchement contre le principe d’une communauté de destins au niveau du Cotentin. Elle était considérée comme légitime, de par sa réalité économique, culturelle et historique.

« Ce serait une victoire illusoire »

« Il y a eu plusieurs craintes exprimées au début, qui, je le crois, ont trouvé une réponse au fil des années, commente Jean-Louis Valentin, président de l’Agglo entre 2017 et 2020. Il y en avait plusieurs. À commencer par l’ingouvernabilité, due à son assemblée nombreuse. Chez certains maires ruraux, il y avait la crainte d’une dépossession, d’une absence de proximité des décisions. Certains maires craignaient ne pas pouvoir exercer dans de bonnes conditions certaines compétences qui leur avaient été dévolues. Il y avait aussi le sujet de la fiscalité et de l’impossibilité de l’harmoniser. »

La loi Notre obligeait les élus à se reposer la question de la bonne échelle. Même ceux qui étaient contre l’Agglo telle qu’elle avait été dessinée reconnaissaient le bien-fondé de la marche en avant. Certains estimaient qu’il fallait peut-être des étapes différentes, que le territoire n’était pas prêt à y aller d’un coup.

Une fois que les discussions ont été soldées, tous ont joué le jeu. Y compris ceux qui n’étaient pas pour.

« Ce serait une victoire illusoire de croire qu’on peut construire l’Agglo contre Cherbourg, Valognes et La Hague, expliquait en milieu de semaine dernière Jean-Louis Valentin. Il n’y a rien à gagner dans un tel affrontement. »



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