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« Je vais te tuer, j’aurais ta peau », un octogénaire condamné pour violences et menace de mort



Un accrochage en voiture a failli mal tourner. Un habitant de Gouffern en Auge (commune historique du Bourg-Saint-Léonard) a été condamné ce mardi 18 mars 2025 par le tribunal judiciaire d’Argentan (Orne) pour avoir été reconnu coupable de violences sous la menace d’une arme, dégradation d’un véhicule, menaces de mort réitérées. S’il a reconnu les dégradations, il a nié tous les autres faits donnant une version bien différente de celle du plaignant.

Il lui aurait foncé dessus « délibérément »

Dans la matinée du 14 décembre 2024, un garde particulier au lieu-dit « Le moulin » à Gouffern en Auge dépose plainte contre un homme qui a embouti sa voiture et qui l’aurait menacé de mort avec un couteau. Il explique qu’après avoir passé la nuit dans le gabion, en sortant de la parcelle, il a été percuté sur sa droite par un autre véhicule qui, selon lui, a foncé « délibérément » sur lui. Il était légèrement avancé sur la route afin de pouvoir sortir de sa voiture et fermer le portail.

Lors d’une manœuvre pour repartir, il viendra une seconde fois foncer dans son véhicule. Alors qu’il tentait de partir, c’est par l’arrière que cette fois il aurait été poussé. Il réussira à s’enfuir pour trouver refuge chez un voisin.

Son agresseur le suivait toujours. Il affirme l’avoir vu sortir, un couteau dans sa main droite en lui criant : « Je vais te tuer, j’aurais ta peau. » Il ne sait pas pourquoi cet homme s’est ainsi comporté, il a déjà déposé plainte contre lui il y a deux ans. Il pense qu’il s’agit d’une jalousie, car il est le garde particulier du gabion.

Le voisin confirmera les déclarations du plaignant ajoutant qu’il est équipé d’une vidéosurveillance et que la scène a été enregistrée.

Pour cet homme de 83 ans, il s’agit au départ d’un accident de la route, il ne l’avait pas vu. En revanche, pour la suite des événements, la version est bien différente. Lui, explique qu’il est descendu pour lui demander de faire un constat, ce que cet homme aurait refusé, et se serait enfui. Il l’aurait suivi pour qu’il vienne faire ce constat. Malgré son insistance, cet homme ne serait pas sorti, il aurait alors décidé de rentrer chez lui et de prévenir son assurance de cet accrochage.

– « Je vous le jure sur la tête de mes petits enfants. Depuis mon jeune âge, je n’ai jamais eu à faire avec la justice », termine le prévenu.

– « Mais pourquoi l’avoir suivi avec un couteau à la main ? », lui demande la présidente.

– « Ce n’était pas un couteau, mais un tournevis que j’utilise pour ouvrir la portière, elle ne fonctionne pas bien. »

La victime aurait eu très peur

Le tribunal constate, après exploitation des photos jointes au dossier, qu’il s’agit en réalité d’une alêne. S’il avait son fusil dans sa voiture c’est parce qu’il avait l’intention de se rendre à la chasse.

La victime affirme à la barre que les faits se sont bien déroulés ainsi et avoue avoir eu très peur. S’il a trouvé refuge chez ce voisin, car il savait qu’il était équipé de vidéosurveillance. Il maintient que ce n’est pas la première fois qu’il a des problèmes avec cet homme qui visiblement souffre de jalousie à son égard. Son avocate demande au tribunal d’entrer en voie de condamnation et sollicite réparation.

Il est facile de comprendre, à la lecture du dossier, que ces deux hommes ne s’entendent pas. »

Le procureur de la République

Cependant, l’exploitation de la vidéosurveillance par les gendarmes confirme bien que le prévenu suivait le plaignant avec une alêne à la main en proférant des menaces.

Interdiction d’entrer en contact avec la victime

En répression, face à un passé pénal néant, le procureur a requis une peine de trois mois de prison assortis d’un sursis simple, l’interdiction de détenir une arme pendant deux ans outre le retrait du permis de chasser avec une interdiction de le repasser avant un délai de six mois outre la confiscation de tous les scellés.

« Des constatations qui ne collent pas avec les déclarations » pour la défense, même si effectivement son client tenait dans sa main cet outil et qu’il pouvait être menaçant. En revanche, il n’y a jamais eu de violence « alors même que le plaignant se tenait à portée de gifle ». L’avocat a plaidé la relaxe pour les violences et le transport d’une arme.

Il sera finalement condamné à une peine de trois mois de prison assortis du sursis avec les interdictions d’entrer en contact avec la partie civile pendant trois ans, de paraître au domicile du témoin pendant la même durée, outre la peine obligatoire de détenir ou porter une arme pendant cinq ans, le retrait de son permis de chasse avec une interdiction d’en solliciter une nouvelle délivrance avant un an et ordonne la confiscation des biens saisis. Il devra également verser à sa victime la somme de 3 736,60 € au titre de son préjudice matériel, 1 000 € pour son préjudice moral et 550 € pour les frais d’avocat.



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