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« Je rêvais de revenir jouer à Évreux »

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Comment vont la santé et ton corps cette saison ?

Très bien. Je suis contente d’avoir pu faire jusque-là une saison sans être embêtée par les douleurs ou les anciennes blessures [elle a subi des blessures aux deux genoux à Évreux, N.D.L.R.]. J’espère que ça va continuer. Je suis repartie de zéro, ça m’a fait du bien au mental et, forcément, le physique a suivi.

Tes graves blessures aux genoux, c’est du passé ?

J’apprends, avec le temps, à faire avec. Aujourd’hui, je sais gérer, je sais quoi faire si j’ai des petites douleurs mais je n’ai rien eu qui m’a obligé à m’arrêter. J’espère que c’est derrière moi.

Il y a près d’un an, tu quittais Évreux après cinq saisons passées au club. Comment s’est passée ton intégration à Vienne ?

Pour moi, c’était un challenge d’arriver dans une ville et un club où je ne connaissais rien ni personne. Ça m’a fait du bien de tout découvrir, la région, la ville, le club mais c’était différent de ma première année à Évreux car aujourd’hui, je parle bien français, je connais le niveau du volley français, je connais la division, j’ai des amis un peu partout en France. Ce n’était pas comme si je commençais de zéro, ça m’a permis de rapidement me sentir bien ici.

« J’ai bien fait de ne pas laisser tomber ma carrière »

Tu étais partie d’Évreux après avoir vécu une saison où tu avais moins joué, tu voulais retrouver des responsabilités et un rôle de capitaine à Vienne. C’est réussi ?

L’objectif quand je suis partie d’Évreux était de rejouer, de voir si je pouvais retrouver mon niveau. La saison dernière, je n’ai pas pu retrouver mon temps de jeu et mon niveau, je me suis demandé si je pouvais encore le faire. Ma tête me disait oui, je savais ce que je voulais. Il était hors de question que j’arrête parce que j’ai toujours la petite flamme quand je joue. Je suis contente d’avoir eu l’occasion avec Vienne d’avoir un rôle sur le terrain, d’être leader. Ça fait du bien et ça me confirme que j’ai bien fait de ne pas laisser tomber ma carrière, de donner encore une chance à mon corps. Je ne regrette pas du tout, je me sens bien. Je fais ce que je voulais faire cette saison, retrouver le jeu, le terrain, prendre du plaisir et aussi le partage sur le terrain. Avec les filles, on a une belle cohésion, une belle énergie, c’est agréable.

Le début de saison de ton équipe a été marqué par la mise en examen pour viols sur mineur en septembre de l’entraîneur qui était arrivé durant l’été. Comment toi et le groupe avez-vous vécu ça ?

Ç’a été vraiment dur. Ç’a été un choc pour tout le monde. On rentrait d’un stage, prêtes à attaquer la saison quand on a appris la nouvelle. On a été sollicitées pendant plusieurs semaines, de façon positive, les gens demandaient si on allait bien, si on avait vécu des choses. Les gens s’inquiétaient mais c’était une charge mentale énorme pour nous, tellement énorme qu’on ne pouvait pas en sortir, on était au centre de tout ça. Le président du club a pris en main le coaching de l’équipe.

Ça a perturbé votre début de saison ?

Le calendrier n’était pas en notre faveur, avec de grosses équipes à jouer en début de saison. On n’était pas dans les meilleures conditions pour performer, mais le club a fait en sorte qu’on se remette dedans le plus rapidement possible et que ça se passe du mieux possible. Quand on regarde en arrière, on se dit qu’on a fait du bon boulot en étant en play-offs et en quarts de finale de coupe de France. On est fières de nous et de notre performance.

Vidéos :

« On a fait du bon boulot »

C’est effectivement une belle saison pour un promu, vous avez obtenu votre billet pour les play-offs en battant Nantes la semaine dernière.

Quand on m’a proposé de venir à Vienne, le club était en train de monter une belle équipe pour tenter d’aller en play-offs. C’est cet objectif qui m’a tentée, ça donne un challenge en plus de savoir qu’on construit l’équipe pour le haut de tableau. On sait pourquoi on s’entraîne et ce qu’on veut faire. Ne pas faire les play-offs, j’aurais vécu ça comme une défaite.

Vous allez les démarrer en dernière position des six équipes en lice, avec un seul point. Quelles seront vos ambitions ?

Le club a rempli son objectif cette saison. On va démarrer les play-offs sans pression, contentes de jouer de bons matchs contre de belles équipes. Ça va nous servir comme d’une expérience, on y va pour prendre du plaisir. On va certes démarrer dernières, mais on préfère démarrer dernières en play-offs que premières en play-down ! On va essayer de mettre une bonne ambiance quand on jouera à domicile, nos supporters vont apprécier de voir des matchs de haut niveau.

Tu étais habituée à l’ambiance du gymnase du Canada. Comment c’est à Vienne ?

On a un beau public, entre 500 et 600 spectateurs dans la salle. Ils font du bruit, il y a une belle présence et un soutien pendant les matchs. Je sens que ça évolue positivement, c’est aussi notre boulot de ramener du monde et la lumière sur le volley à Vienne. Il y a une culture du volley à Évreux et Saint-Dié, mais je pense qu’on est dans le top 4.

Samedi, c’est la coupe de France. Quelles sont les ambitions de Vienne dans cette compétition ?

Aller le plus loin possible (rires) ! Sur le papier, on n’est pas favorites samedi, mais on sait qu’au volley, rien n’est gagné avant la fin. On se permet tout, même de gagner. On n’a pas peur d’aller là-bas. L’objectif est de jouer un beau match.

« J’ai crié ‘On va à Évreux’ ! »

Le 20 avril 2024, Marija Vujnovic disait au revoir à Évreux et à son public. La voilà de retour au Canada, avec impatience ! ©Archives Eure Infos La Dépêche

Ce sera particulier pour toi samedi, avec ton retour à Évreux. Quels souvenirs gardes-tu des cinq années passées ici ?

Quand on a regardé le tirage au sort, on ne savait pas encore si on irait en play-offs. Même s’il y avait des équipes plus faciles qu’Évreux, j’ai vraiment prié pour tomber sur l’EVB, pour venir jouer au moins une fois cette saison. Depuis que je suis partie d’ici, j’ai rêvé de revenir jouer à Évreux. On a regardé le tirage au sort en direct. Quand notre nom est tombé face à Évreux, on a crié dans le vestiaire. J’ai perdu la tête, je suis sortie des vestiaires, j’ai crié ‘On va à Évreux’ ! C’était un moment incroyable. J’étais contente, mes coéquipières pas forcément ! Ça a réveillé toutes les émotions que j’ai vécues à Évreux. Quand même, cinq ans là-bas… Le statut que j’avais, les personnes que je connais et ce qu’on a vécu ensemble, les hauts et les bas, des grandes blessures et de grandes réussites, la montée en Ligue A. On est passé par beaucoup de choses ensemble… Je vais essayer de faire mon match, comme un autre, de rester dedans même si sûrement il y aura des émotions et après, de profiter de mes émotions et des gens que je connais, de prendre le plaisir après le match. J’ai imaginé ce moment toute la saison.

Tu as posté une vidéo sur les réseaux sociaux, tu dis que tu ne feras pas de cadeaux à Évreux !

Il y a de forts liens entre nous mais là, c’est le boulot, c’est le terrain !

As-tu gardé des liens avec l’EVB ?

Assez régulièrement, on se donne des nouvelles. J’ai vu Nathalie Trunet-Perret [présidente de l’EVB] quand Évreux a joué contre Saint-Chamond, c’est près de Vienne. J’ai revu Gil [Favresse, l’entraîneur], Aurélien [Georgeault, l’adjoint], les trois filles que je connais, Mia [Guyot-Polverini], Kendi [Koné] et Justine (Fabre]. Je suis en contact avec beaucoup de monde à Évreux.

Et tu reviendras une seconde fois à Évreux, pour les play-offs cette fois.

Le 29 mars, et l’EVB viendra à Vienne pour le dernier match de la saison, le 26 avril. C’est moi qui les recevrai !

Retrouver le chemin de la victoire

Après trois défaites de suite en championnat (Valenciennes, Rennes, Sens), l’EVB va tenter de stopper l’hémorragie ce samedi en coupe. Une seule alternative est envisageable pour Gil Favresse, le coach des Panthères : « Il faut battre Vienne pour arrêter notre série négative. On a les armes pour bloquer leurs attaquantes. Vienne a des joueuses d’expérience comme Marija [Vujnovic] ou Elena Babic, des puncheuses, une équipe assez physique. Il va falloir qu’on serve correctement et qu’on mette notre bloc en place ». Outre l’occasion de se remettre dans la bonne voie avant le début des play-offs, une victoire samedi permettrait à Évreux d’envisager l’organisation du Final 4 à domicile.

EVB – Vienne, samedi 8 mars à 19 h au gymnase du Canada.



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