Spécialisée en broderie or et en transformation de la matière depuis 2012, Marie Berthouloux me reçoit dans son atelier, le studio Ekceli à Brest.
La créatrice travaille pour des architectes d’intérieurs, des marques de luxe, des particuliers ou encore des collectionneurs privés.
Installée à Recouvrance depuis un an, elle y reçoit pour faire découvrir son univers, ses créations, mais surtout pour transmettre les gestes de son savoir-faire et partager la vision de son art.
Expression textile
La broderie est un art ancestral et intemporel et le travail de Marie Berthouloux évolue entre tradition et innovation. « J’interroge l’héritage du patrimoine, l’empreinte du temps et la fragilité de l’environnement », résume l’artisane. Des études de mode et de textile à Cholet et Rochefort lui ont ouvert les portes de nombreux projets depuis Nantes et Paris.
La broderie permet de travailler les volumes, le mouvement et la lumière, le travail du textile exprime l’Histoire de l’Humanité.
La création avec uniquement du fil et une aiguille est infinie et Marie Berthouloux continue d’explorer les possibles à travers ses créations et compositions uniques où elle s’inspire des matériaux qui l’entourent. « J’aime l’idée de faire avouer à la matière tout ce qu’elle a dire. »
C’est la transmission de ces techniques qui l’anime, « il faut les réinvestir et les réinterpréter pour que d’autres s’en saisissent ». Transmission qu’elle assure à travers ateliers, cours et master class à Brest.
Parenthèse méditative
Un après-midi d’hiver, je traverse le pont de Recouvrance pour rejoindre l’atelier. Bobines dorées, fils métalliques et tas de cannetilles prennent la lumière sur la table. Même si je sais que tout ce qui brille n’est pas or : c’est beau et ça donne envie !
Nous sommes trois pour cet atelier intitulé Herbier au fil d’or, deux heures et demie d’apprentissage et de pratique ouverts mêmes aux débutants. La création se fera sur toile à l’aide d’un motif proposé par Marie Berthouloux.
Avec beaucoup de pédagogie et d’enthousiasme, l’artiste délivre quelques astuces pour un geste plus sûr et plus rapide. Les automatismes se mettent en place après quelques ratés car s’essayer à la broderie métallique est assez subtil.
Au fil du temps, ma toile prend du relief et les reflets cuivre et or esquissent pétales et pistil. Je n’aurai pas vu les deux heures et demie d’atelier passer.
La parenthèse était assez méditative et, moi qui ai peu de patience, je me suis surprise à apprécier le fait d’avoir les yeux, l’esprit et les mains fixés sur la toile. Et Marie Berthouloux de conclure : « Bien sûr, il faut des années de pratique pour la fluidité. » Je suis rassurée, c’est un bon début.
Anaïs Briec
Source link