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Isabelle Perrein présente des voeux sous forme de début de programme


La période des voeux s’est achevée. Parmi les dernières à avoir présenté les siens, Isabelle Perrein. Ce mercredi 29 janvier, la notaire à la tête du mouvement Alerte Montpellier, candidate aux élections municipales, a réuni ses soutiens et a esquissé le début d’un programme en dressant ses priorités. Si la campagne n’est pas lancée pour tout le monde, la sienne est bien engagée.

Un véritable meeting

La route est encore longue avant les élections municipales. Et encore plus pour Isabelle Perrein qui s’est lancée dans la course en septembre 2023. Inconnue alors du grand public, petit à petit, la notaire de 54 ans, « Montpelliéraine de coeur et d’adoption », fait son petit bonhomme de chemin et creuse progressivement son sillon. Un sillon qu’elle a tracé sans détour mercredi soir devant ses fidèles et soutiens venus en nombre (480 personnes selon les organisateurs, à vue d’oeil un peu moins) dont un grand nombre de commerçants. À quinze mois du scrutin, Isabelle Perrein a clairement créé une dynamique derrière elle.

Des voeux aux allures de véritable meeting. La candidate accueille chaque invité sur le pas de la porte, tapis rouge sur lequel elle fendra la foule, affiches et visuels de rigueur, estrade assortie pour l’occasion… l’organisation se teste aussi grandeur nature avant les véritables échéances. Se présentant comme « une femme de la société civile, une candidate citoyenne et une dirigeante d’entreprise aujourd’hui épanouie dans sa vie professionnelle », Isabelle Perrein met en avant : « Ce sont des rencontres déterminantes qui ont forgé la femme que je suis et le maire que je veux être » avec deux mots-clés : « écoute et proximité ».

Expliquant que « la politique doit d’abord rimer avec pragmatisme. Pas de place au dogmatisme, pas de place au tabou. Une politique tournée vers les résultats au service des citoyens », elle prône « la consultation » en précisant : « Je ne dis pas sondage de popularité et autres tests d’opinion, j’ai bien dit consultation, c’est à dire écouter ». Une écoute au contact du terrain : « La future maire que je suis passera le plus clair de son temps à l’extérieur de son bureau ». Quant à son positionnement politique, Isabelle Perrein le définit ainsi : « Ma ville, c’est mon parti. Mon étiquette, ce sont nos quartiers. Mon projet, c’est pour Montpellier ». À son programme de le préciser davantage.

Le Montpellier de 2030

Met avant tout programme, il y a d’abord un diagnostic de la ville à réaliser. Prenant en exemple la période de Georges Frêche, « qui a su porter un politique volontariste et ambitieuse. La mairie dialoguait avec les forces économiques, n’opposait pas ses habitants les uns contre les autres. On n’opposait pas les pro-tramways à hirondelles et les pro-voitures. Il n’y avait pas de dogmatisme, il n’y avait pas de petite posture ou de mépris », Isabelle Perrein regrette : « Qu’avons-nous aujourd’hui ? De quoi héritons-nous ? Ce n’est plus Montpellier l’audacieuse ou Montpellier la surdouée, c’est Montpellier la dangereuse, la saturée, la saleté. Nous voulions l’audace et le rayonnement, nous avons désormais la sous-douée et la déclassée ».

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Tapis rouge pour Isabelle Perrein avant ses voeux. (©CN / Métropolitain)

Fustigeant l’insécurité, les embouteillages ou encore la gestion financière de la ville, la candidate explique : « J’ai trop aimé Montpellier pour ce qu’elle était. Je ne peux pas me résoudre à accepter ce qu’elle est devenue et encore moins, à ce que nous subissons comme politique dogmatique. Une politique qui n’écoute que ses posts Instagram mais qui ne lit pas les commentaires de Montpelliérains ». À ce constat, Isabelle Perrein l’affirme : « Ensemble, c’est le Montpellier de 2030 que nous devons préparer. Et le Montpellier de 2030 sera la Métropole du Sud qui innove, qui inspire et qui rayonne. Ici, c’est le sud flamboyant ! ».

« Stop à l’enfumage »

Poursuivant son diagnostic qui esquisse l’ébauche d’un programme où se dessine quatre priorités – sécurité, circulation, propreté et ordre social – et une volonté. « Nous devons remettre de l’apaisement pour retrouver l’ordre et la sérénité à Montpellier » prodigue-t-elle. Un apaisement auquel il est toutefois difficile de se plier quand il s’agit d’attaquer l’équipe actuelle sur son bilan en matière de sécurité. Prenant à témoin les femmes de l’assistance quant à leur sentiment lorsqu’elles se balade le soir en ville, Isabelle Perrein dénonce : « La moitié des 360 caméras de surveillance ne fonctionnent pas, elles filment un mur toutes les 50 secondes. Et, aux dires de la municipalité, nous aurions 274 policiers municipaux. Ce chiffre est faux, c’est un doux mélange des fonctions. Nous avons 160 policiers en fonction ».

Alors la candidate tonne : « Stop à l’enfumage. On veut des résultats, pas de la communication » et offre sa lecture des récentes opérations menées contre le marché sauvage de la Paillade : « Que penser de l’action municipale en matière de sécurité quand l’adjoint à la sécurité avoue sur une chaîne nationale son impuissance à déloger les vendeurs de tomates du marché sauvage de la Paillade ? Alors que sur notre seule intervention, Monsieur Retailleau, ministre de l’Intérieur a saisi le Préfet et la police nationale. En deux semaines, l’efficacité des services de la police nationale, que je remercie, a mis fin à une situation qui durait depuis 4 ans, 4 ans d’impuissance ». Soit. C’est peut-être aller un peu vite quant à cette « efficacité » surtout si on oublie que ce marché s’épanouissait depuis bien plus longtemps malgré diverses actions. Mais ainsi va la campagne…

Porte grande ouverte aux entreprises

Isabelle Perrein bifurque ensuite sur le thème des mobilités. « Qui peut prétendre circuler en toute sérénité dans nos rues ? Faut-il rappeler la fermeture de plus de dix rues et boulevards et la suppression de plus de 500 emplacements de parkings ? Faut-il à nouveau rappeler cette politique dogmatique qui dresse les uns contre les autres, les vélos contre les voitures, les piétons contre les vélos ? ». L’évocation de la situation des 4 boulevards provoquent des huées en forme de soutien aux riverains de l’assistance.

Des choix de mobilités qui ont des conséquences. « Tous nos commerces sont à l’agonie et ferment » juge-t-elle en pointant d’autres griefs dans le domaine économique. « Qui peux se satisfaire des relations de l’équipe en place avec les entreprises. Il n’y a pas de concertation et pas d’écoute » estime-t-elle en opposant : « Quand je serai maire de Montpellier, j’ouvrirai en grand ma porte à toutes les entreprises. Je veux être un maire facilitateur. Pour faire réussir Montpellier, il faudra faire réussir nos entreprises. Et pour ça, nos entreprises ont besoin de locaux pour se développer, elles ont besoin que notre ville soit attractive, elles ont également besoin de pouvoir discuter d’égal à égal, avec un spécialiste dans chaque pôle d’excellence ce qui permettra de créer le liant nécessaire au développement de nos entreprises ».

Les propositions

Un diagnostic auquel l’assistance communique régulièrement son approbation. Dans la salle se mêlent des chefs d’entreprise et autres entrepreneurs, des représentants d’associations de commerçants ou de collectifs de riverains, mais également du côté des politiques le maire de Pérols Jean-Pierre Rico, venu porter une oreille attentive, des anciens de l’équipe de Philippe Saurel ou encore Philippe Thinès pour Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard, dans lequel figure également Sandra Houée, toujours fière de porter la voix des gilets jaunes, dont elle est issue. Pour Les Républicains, Arnaud Julien ne confirme pas un soutien d’étiquettes, mais dit « porter un regard attentif à cette candidature ». Posté derrière les deux rangées de fauteuils, ne perdant pas une miette du discours de sa protégée, Joseph Francis songe sans doute au moment lui être cette fois favorable.

Debout au premier rang, Joseph Francis ne perd pas une miette du discours de sa protégée. (©CN / Métropolitain)

Au micro pendant près de 45 minutes, Isabelle Perrein poursuit sur le fond dans la même veine que son premier meeting, en juin dernier à l’aquarium, mais sur la forme affiche plus de confiance et se montre de plus en plus crédible. D’autant que sa candidature et ses propositions sonnent juste auprès des mécontents de la municipalité et bien au-delà. Alors quand vient l’heure du programme, Isabelle Perrein joue en terrain conquis. Au rayon sécurité, elle entend doubler le nombre de policiers municipaux, installer un système de caméras parmi les plus modernes au monde, ainsi que plusieurs postes de police de proximité et, enfin, supprimer les aides municipales aux récidivistes. « Je suis prête à aller au bout sur ces sujets. Pas de tabou, que des résultats ! » martèle-t-elle.

Le retour en grâce des automobilistes

Pour les mobilités, la volonté est de « mettre les personnes à mobilité réduite et le piétons au centre de notre réflexion ». Elle souhaitent ainsi sanctuariser les zones piétonnes où seuls les professionnels et les riverains y auront accès. « Plus de traversée de zones piétonnes à vélo » appuie-t-elle tout en complétant joyeusement : « Nos artisans pourront revenir travailler dans le centre ville ». La salle applaudit alors vigoureusement.

Afin de reconnecter les quartiers, des minibus seront déployés au départ des arrêts de tram selon des amplitudes horaires élargies. Quant aux pistes cyclables, Isabelle Perrein souhaite une évaluation de leur utilisation et imagine en implanter, selon la faisabilité de la chose, dans les ruisseaux qui traversent la ville. Si le message est à peine voilée à destination des automobilistes, il se fait alors plus clair : « Sauf contrainte technique, nous réouvrirons des rues et boulevards qui ont été fermés ». Montrant son soutien au Contournement Ouest de Montpellier, la candidate entend également suspendre la ZFE. « La loi ne nous y contraint pas à Montpellier. Pourquoi la maintenir et sanctionner les 60 000 propriétaires de véhicules Crit’Air 3 parce qu’ils n’ont pas les moyens de changer de véhicule ? Je ne veux pas que l’on interdise la ville aux plus pauvres. C’est de l’injustice sociale et de l’injustice territoriale ». Là aussi, les applaudissements accompagnent la charge.

« un choix crucial à faire »

Dans l’optique de « restaurer l’ordre social », Isabelle Perrein mise sur « une politique d’éducation ambitieuse pour activer l’ascenseur social » et imagine pour cela « des écoles où l’ensemble des services permettant l’épanouissement et l’éducation globale d’un enfant soient réunis : enseignants, éducateurs, grands acteurs sportifs et culturels, orthophonistes, psychologues, infirmiers… » ou encore « un passeport Permis-Sport-Emploi pour les jeunes de 16 à 25 ans ». Autre combat évoqué, celui de la propreté pour lequel elle souhaite revoir le rythme et les modalités de nettoyage de l’espace public « pour l’adapter à chaque quartier, parfois à chaque rue » et de promettre l’entretien des espaces verts. « Terminé les déchets et les seringues qui jonchent le sol, terminé l’abandon des jardins qui ont fait la renommée de Montpellier » promet-elle.

Isabelle Perrein a incontestablement créé une dynamique. (©CN / Métropolitain)

Et c’est justement, de manière générale, cette renommée que Montpellier a perdu juge Isabelle Perrein qui place sa candidature en solution. « Mon ambition ultime est de faire de Montpellier une ville qui innove, qui inspire, qui rayonne et qui agit pour toutes et tous, sans laisser personne à côté et sans opposer. Et, oui, disons-le, retrouver la fierté d’être Montpelliérain ». Encore dans la construction de son programme mais bien lancée dans sa campagne, la notaire pronostique les enjeux : « En mars 2026, nous aurons un choix crucial à faire. Soit la poursuite de notre déclassement, et attention au risque très fort d’avoir un maire LFI, soit l’alternance pour apaiser Montpellier, restaurer l’ordre et retrouver notre rayonnement ».

Chacun se fera un avis sur le constat établi et les propositions faites par Isabelle Perrein, reste que la musique jouée sonne juste auprès d’un grand nombre de mécontents et pourrait séduire certains plus attentistes. Ciblant clairement Michaël Delafosse, sans pour autant jamais le nommer durant son discours, et espérant profiter des guerres dans ou entre les partis à gauche, la candidate se positionne de manière habile sur l’échiquier politique montpelliérain dans un espace laissé vacant par la droite, où peu sont volontaires à aller au massacre, et occupé de manière bancale au centre. Place désormais à quinze mois de campagne dans l’arène politique, où il est toujours bon de trouver sa place mais encore plus un écho auprès du plus grand nombre. C’est là tout l’enjeu d’Isabelle Perrein.



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