jnews.fr

Interview. Du changement à venir dans un centre équestre du Cotentin



Créateur du centre équestre d’Auvers, Alain Hinard s’apprête à passer la main à son gendre, Francis Clément. Il revient sur 50 ans d’histoire et de passion.

« J’ai acheté Auvers en 1975 »

Comment avez-vous commencé votre carrière ?

J’ai eu la chance de faire mon service militaire à Fontainebleau. J’avais amené un cheval et le colonel Pierre Durand (NDLR : futur général, écuyer en chef du cadre noir de Saumur) m’en a confié un autre. J’ai eu plein de performances à l’armée. Quand je suis rentré, Alfred Brohier m’a confié des chevaux. J’ai gagné le critérium des 5 ans l’année d’après. J’ai eu des résultats, ma carrière était lancée.

Quand vous êtes-vous installé ici ?

J’ai acheté Auvers en 1975. En 1977, j’étais champion de France avec Déesse II. J’ai gagné dans une tournante devant Gilles Bertran de Balanda et Jean-Marc Nicolas. Quand même ! C’est là que tout a commencé.

Comment s’est opérée l’évolution vers les concours ?

Au départ, j’étais cavalier professionnel. J’ai créé le centre équestre d’Auvers, car j’étais passionné par la formation. On a eu du succès en gagnant le championnat de France des clubs en 1990, que j’ai organisé l’année d’après. Les concours étaient lancés avec les parents des élèves.

« Quelle belle époque ! »

Vous avez été un novateur, un pionnier…

Je suis devenu formateur des cavaliers normands. J’étais allé voir le directeur des haras, Guy Bideault, en lui demandant de confier des chevaux à des très bons cavaliers qui n’en avaient pas, Julien Épaillard, les frères Angot, Laurent Goffinet, Sylvain Montigny. Quelle belle époque !

La situation économique a-t-elle évolué ?

Aujourd’hui, il y a une concurrence très dure. Des investissements publics importants ont été réalisés à Saint-Lô ou au Haras du Pin. Tant mieux, mais en tant que privé, on a du mal à survivre si on veut maintenir notre outil de travail pour la grande compétition. C’est difficile et comme il n’y a plus de bénévoles, il faut avoir recours à des prestataires professionnels.

 » L’objectif est de continuer, en évoluant dans le milieu »

Comment voyez-vous l’avenir ?

Aujourd’hui, je cède la main. A un moment, il faut que ça s’arrête. Je suis là depuis 50 ans. Francis Clément, des carrières Toubin Clément, est mon gendre. Il est cavalier professionnel. Il adore Auvers et a décidé d’investir ici. On a trouvé une entente. Il prend une partie des installations, la carrière du Château, des bâtiments, le manège. Pour le reste, on verra. L’objectif est de continuer, en évoluant dans le milieu.

Quel est votre plus grand souvenir à Auvers ?

Ce sont les championnats d’Europe juniors et jeunes cavaliers en 2007. Il y avait Martin Fuchs et les Whitaker. C’était un moment fabuleux. Ils sont tous devenus des grands cavaliers internationaux.

Avez-vous de la nostalgie ?

Finalement, tout se passe bien. J’avais un peu peur, mais c’est parfait. Il ne faut jamais rien regretter.



Source link
Quitter la version mobile