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imbroglio à Colombes, des élus de la majorité boycottent le conseil municipal



Que s’est-il passé lors du dernier conseil municipal à Colombes ? Jeudi 13 février 2025, après plus d’1h30 de séance, une situation rare s’est produite dans la commune des Hauts-de-Seine. Suite à une suspension de séance, plusieurs élus socialistes, membres de la majorité, ont quitté la salle et ne sont pas revenus. Ce départ est intervenu après seulement quatre délibérations et un ordre du jour encore chargé. Une sortie qui a laissé de marbre les autres membres du conseil municipal.

« Ils sont partis comme des voleurs »

Dès le départ, ce conseil municipal était mal engagé, une dizaine d’élus de la majorité était déjà absent. L’incident de séance n’a fait que fragiliser la position du maire, Patrick Chaimovitch (EELV), qui s’est retrouvé délaissé par une partie de ses alliés. L’édile semblait tout aussi déconcerté par cette situation soudaine. Face à cet incident peu commun, l’opposition n’a pas manqué de lui demander des explications. « Ce soir il y avait un nombre, plus que la normale, d’élus absents […] il y en a qui ont la grippe, d’autres un anniversaire […] il y en a qui ont piscine », a-t-il balayé dans une réponse pour le moins déconcertante.

« Ils sont partis comme des voleurs, c’était complètement surprenant, regrette à son tour Christophe Don auprès d’actu Paris, président du principal groupe d’opposition à Colombes, nous n’avons pas eu le droit à la moindre explication ». Au-delà des faits, ce dernier déplore « l’expression des désaccords qui déchirent la majorité depuis 2020. […] Des désaccords qui ne servent en rien l’intérêt général de notre ville ». Finalement, les membres de l’opposition ont suivi le mouvement et ont également quitté la séance, obligeant le maire à clore le conseil.

De leur côté, ni la mairie ni le groupe socialiste, qui a initié le départ du conseil municipal, n’ont répondu à nos sollicitations. Ces derniers n’ont pas donné d’explication à leur geste. Même Valentin Narbonnais, secrétaire de section à Colombes et maire adjoint, pourtant habituellement prompt à réagir sur ses réseaux sociaux, est resté muet après cet incident.

Des tensions en vue de 2026 ?

Dans les couloirs de la mairie, plusieurs suppositions ont rapidement été avancées, mais pour le moment rien d’officiel. Désaccord sur le budget – traditionnellement débattu en février, mais qui n’était pas inscrit à l’ordre du jour de ce conseil municipal – tensions internes ou encore maire désavoué, les pistes fusent. Un contexte qui rappelle les divisions traversées par le conseil municipal de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), et qui ont mené à des élections municipales anticipées en début d’année.

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Mais cette nouvelle friction tombe mal, à un an des prochaines élections municipales. À Colombes, alors La France insoumise (LFI) gagne de plus en plus de terrain, une alliance avec le maire écologiste en vue du scrutin pourrait déplaire aux socialistes. Les tensions entre les deux partis s’illustrent régulièrement sur les réseaux sociaux à travers des tweets interposés. « Le PS est un parti autonome. (…) Il n’a de leçon à recevoir de quiconque », écrit Valentin Narbonnais, en réaction à un post de LFI accusant le PS de rompre avec l’union de gauche, le Nouveau front populaire (NFP).

Un nouveau conseil municipal a été convoqué ce mercredi 19 février 2025, mais avec une particularité notable : aucun quorum – nombre minimum de membres présents pour valablement délibérer – ne sera exigé pour la séance. Dans une note envoyée aux membres du conseil municipal qu’actu Paris a pu consulter, la mairie rappelle les dispositions du Code Général des Collectivités Territoriales dans ce cas de figure. Un fait notable qui pourrait traduire une volonté du maire de prendre les devants, anticipant ainsi une nouvelle désertion de la majorité lors de la prochaine réunion municipale.



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