Le 7 octobre 2024 à Saint-Nicolas-d’Aliermont (Seine-Maritime), un passant voit, en pleine rue, un couple se frapper dessus. L’homme, fortement alcoolisé et tenant à peine debout, a une ceinture à la main, mais n’arrive pas à toucher la femme avec. Cette dernière le plaque au sol. Si la dispute se finit dans la rue, elle a commencé dans leur domicile un peu plus tôt. Monsieur frappe Madame au visage, tandis que celle-ci l’agrippe aux parties intimes et lui donne un coup de pied au nez.
Vendredi 28 février 2025, les deux comparaissent devant le tribunal de Dieppe à la fois comme prévenus et victimes.
Elle veut le mettre à la porte
« Dans les faits, nous étions séparés depuis deux ans, mais je le revoyais parfois, car il était sans domicile fixe », explique Madame, mère de trois enfants, à la barre du tribunal correctionnel de Dieppe.
Elle l’héberge donc de temps à autre, comme en ce mois d’octobre 2024 : « Cela faisait plus d’un mois qu’il était là. Je lui ai demandé de partir, mais il n’avait nulle part où aller. J’ai décidé de le mettre dehors ».
Ce jour-là, les deux sont alcoolisés et la dispute démarre lorsque Monsieur arrache le portable des mains de son ex-compagne. Les coups mutuels s’ensuivent, jusqu’à ce que l’homme soit mis dehors et que Madame le menace avec un couteau « pour ne pas qu’il revienne dans la maison », dit-elle.
L’homme et la femme condamnés
De son côté, l’ex-compagnon reconnaît des violences ce jour-là : « J’ai dû lui mettre un coup au visage », admet-il. Il est aujourd’hui suivi par le CPCA, le centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales, à Dieppe, et par un addictologue.
Le substitut de la procureure de la République, qui souligne des violences « pas anodines », requiert à l’encontre de Madame quatre mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire pendant deux ans, une obligation de soins psychologiques et addictologiques et une interdiction de paraître au domicile de Monsieur.
Pour ce dernier, le ministère public requiert 12 mois d’emprisonnement, dont huit avec un sursis probatoire pendant deux ans, une obligation de travailler, de suivre des soins psychologiques et psychiatriques et une prise en charge par le CPCA.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, à l’exception de la peine d’emprisonnement de l’homme, qui est entièrement assortie d’un sursis probatoire pendant deux ans. Il a aussi l’interdiction de paraître au domicile de Madame.
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