jnews.fr

ils attirent leur victime dans une forêt isolée pour le détrousser



Deux jeunes Vendéens de 22 et 25 ans comparaissaient, jeudi 13 mars, au tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon. A la barre, seul le plus jeune est présent, assisté d’un conseil. Le second, parti travailler au Canada, est représenté par son avocate. Tous deux étaient jugés pour avoir manigancé un guet-apens à Montaigu dans le but d’obtenir de l’argent facilement.

Les faits remontent au 25 avril 2022. Le prévenu de 22 ans, petit délinquant notoire à l’époque, avait imaginé un coup pour se faire de l’argent. Il avait rédigé une petite annonce sur un site de revente en ligne dans laquelle il proposait des armes pour 2 000 €. Armes qu’il ne détenait pas, l’objectif étant juste de voler celui qui serait prêt à les acheter. L’annonce fait mouche. Un rappeur nantais est intéressé. L’individu est passablement connu de la justice.

Pas d’argent

Le soir de la transaction, le prévenu se rend avec son ami au lieu du rendez-vous. Il dépose son copain près d’une forêt isolée et lui demande de l’attendre. « L’idée était de conduire l’acheteur dans la forêt pour le voler », reconnaît le jeune homme à la barre, se disant qu’à deux, ils parviendraient sans mal à détrousser l’acheteur. Lorsque le rappeur arrive, ce dernier se rend compte qu’il n’y a pas d’arme.

Après quelques échanges de coups, les deux Vendéens parviennent à lui voler sa sacoche « qui ne contenait pas d’argent non plus » et prennent la fuite. Dix-sept mois plus tard, ces faits du 25 avril 2022 vont resurgir dans une autre affaire beaucoup plus grave, dans laquelle le prévenu est devenu la victime.

Les représailles

Mais retour au 25 avril 2022. Trois heures après avoir détroussé le rappeur, le jeune Vendéen a reçu la visite de sa victime, accompagnée d’un commando. « Ils sont venus chez moi et m’ont tiré dessus et séquestré », raconte le prévenu à la juge. L’affaire s’est soldée par une mise en examen du rappeur nantais pour tentative de meurtre. Il a été condamné à quatre ans et demi de prison.

Vidéos :

« Ce que l’on juge aujourd’hui, c’est l’acte 1, l’acte 2 étant les représailles », recadre Sandrine Zanni, procureure de la République. Pour elle, nul doute que les deux prévenus ont imaginé et prémédité un guet-apens, « avec des violences dans un but crapuleux ». Elle a requis 18 mois de prison, dont douze fermes pour le jeune de 22 ans, cinq condamnations au casier judiciaire, et douze mois avec sursis simple pour son copain, inconnu de la justice.

Me Carole Verdu, qui défend les intérêts du jeune expatrié au Canada, a plaidé la relaxe. Rappelant le parcours de son client, « un étudiant brillant en école d’ingénieur au moment des faits, avec un casier judiciaire vierge ». L’avocate réfute le rôle actif qu’on lui reproche. « Rien n’a été commandité. Il a juste accepté d’accompagner son copain sans savoir ce qui allait se passer. »

La relaxe ?

Pour Me Aristote Toussaint, avocat du prévenu présent, « ce dossier ne tient que sur ce que la victime a raconté ». Un récit « inventé par le plaignant pour justifier les faits de tentative de meurtre pour lesquels il a été jugé ». L’avocat a insisté sur les nombreuses versions du plaignant « qui, à chaque fois qu’il était entendu, en rajoutait ».

Le rappeur explique avoir été agressé par des coups de couteau à l’oreille et à la cuisse. Il raconte avoir dû ramper jusqu’à la route avant de pouvoir être pris par une automobiliste. « Et pourtant, on le retrouve trois heures après chez mon client. Il a même eu le temps d’aller chercher des amis pour venir lui régler son compte avec une arme. »

Me Toussaint plaide lui aussi la relaxe, faute d’éléments probants et estimant le certificat médical de la victime non fiable car « rédigé dix-sept mois après ». Comme il récuse l’accusation de guet-apens. « Aucun message, aucun appel… il n’y a aucun élément matériel permettent d’avancer une quelconque préméditation », estime-t-il avant de demander une requalification des faits en vol avec violences. Il l’assure, son client s’est rangé depuis et a mis une croix sur sa vie de délinquant. « Il se consacre aujourd’hui à sa vie de famille. Il a un enfant de deux ans et il travaille. »

Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Il sera rendu le 17 avril.



Source link
Quitter la version mobile