Home Ouest « Il y a de la honte et de la culpabilité »

« Il y a de la honte et de la culpabilité »

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En 2014, Morgane Guillou, addictologue, a porté la création du pôle Addiction aux jeux d’argent et de hasard au CHU de Brest. Une quarantaine de patients sont suivis par an.

Un groupe de parole, ouvert aux joueurs et à leurs proches, se tient également une fois par mois au centre Famille Addiction de Brest.

Lundi 7 avril 2025, l’addictologue co-animera une conférence sur le sujet, dans le cadre des Lundis de la santé.

Lundi 7 avril, Morgane Guillou, addictologue au CHU de Brest, animera une conférence sur l’addiction aux jeux d’argent et de hasard ©Amélie Thomas

Quels sont les chiffres ?

De plus en plus de jeunes de moins de 25 ans sont concernés. Avec peu de recours aux soins : une personne sur dix va demander de l’aide.

Il y a de la honte, de la culpabilité. Cette addiction est peu comprise.

Vidéos :

Vous évoquez une pratique banalisée.

ll y a partout des images positives de joueurs et beaucoup d’incitations au jeu dans la rue et en ligne ! L’âge moyen d’initiation au jeu est de 11 ans, le plus souvent à l’initiative de la famille.

Plus d’un Français sur deux joue une fois dans l’année. Un autre chiffre : les Français consacrent 12 % du budget loisirs aux jeux d’argent. Il ne faut pas minimiser les pratiques.

Pourquoi les jeux de hasard et d’argent peuvent-ils devenir addictifs ?

Ils procurent des sensations incroyables, ce sont les montagnes russes. Le joueur ne joue pas forcément pour gagner mais pour ce moment suspendu, où il attend le résultat.

Certains jouent pour moins penser, se détendre ; d’autres pour l’adrénaline. Les profils sont très variés, ça touche vraiment tout le monde. Les plus jeunes se tournent vers les paris sportifs et le casino en ligne ; les femmes plus âgées les jeux de hasard, les machines à sous.

Comment détecter l’addiction ?

Le glissement est progressif. Le problème surgit quand il y a un envahissement de l’esprit, que la pratique prend trop de temps et que la mise est inadaptée, soit au-delà de ses moyens. C’est un indicateur quand le joueur remise tout le temps et a besoin de rejouer ce qu’il a perdu pour récupérer sa mise.

C’est illusoire de penser que l’on peut gagner sa vie en jouant, ce sont les opérateurs qui gagnent de l’argent.

Le jeu brise beaucoup de familles. On peut s’endetter une vie entière en très peu de temps. Les problèmes d’argent peuvent conduire à des emprunts, des vols ou encore des usurpations d’identité.

Lundi 7 avril de 18 h 30 à 20 h à la faculté de droit, d’économie et de gestion, 12 rue de Kergoat à Brest. Conférence animée par Morgane Guillou et Delphine Lever, addictologues, et Marion Notardonato, psychologue clinicienne au CHU de Brest. C’est gratuit.



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