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il y a 100 ans, un incroyable escroc professionnel avait vendu la tour Eiffel à deux reprises

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Les arnaques d’envergure défraient la chronique depuis des décennies. De Charles Ponzi aux escrocs à la taxe carbone, le culot est souvent le maître mot de ces aigrefins devenus célèbres. Pourtant, l’un d’eux a fait passer la filouterie dans une autre dimension. En 1925, à Paris, Victor Lustig va vendre la tour Eiffel à deux reprises. Retour sur cette incroyable histoire.

Une vie d’arnaques

Le protagoniste de cette histoire est originaire d’Autriche-Hongrie. Élevé dans un milieu bourgeois, il bénéficie d’une éducation de qualité. Néanmoins, arrivé à l’âge adulte, Victor Lustig va se trouver une vocation aux antipodes des espérances familiales : embobiner ses contemporains pour les délester de leurs économies.

Dès lors, le jeune homme excelle dans les combines. On le retrouve à bord des transatlantiques en train de tricher aux cartes. Aux États-Unis, l’aigrefin cultivé et affable fait croire à des rupins naïfs qu’il possède une machine à dupliquer les billets. Il serait même aller jusqu’à entourlouper Al Capone, le terrible chef de la pègre de Chicago.

L’existence de la tour Eiffel remise en question

Cette vie picaresque amène Victor Lustig à Paris au milieu des années 20. À cette époque, l’heure est à la fête et les cabarets enivrés de jazz ne désemplissent pas. Plongé dans la fête et l’oisiveté, l’arnaqueur voit ses économies fondre comme neige au soleil. Il faut se refaire. Une coupure de journal va lui donner une idée de génie.

À cette époque, la tour Eiffel ne va pas très bien. Quelques années auparavant, son créateur éponyme Gustave Eiffel est décédé. Avec sa mort, la survie de la Dame de fer est remise en question. Le monument de ferraille, construit en 1889 pour l’Exposition Universelle, ne fait pas l’unanimité. Son état s’est détérioré. Son entretien coûte une fortune.

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Une fausse vente méticuleusement organisée

Ces questionnements, relatés dans la presse de l’époque, font « tilt » chez le dandy escroc. Il va mettre au point un procédé simple, mais démoniaque. Il se fait passer pour un employé du ministère des Postes télégraphes et téléphones (PTT). Il révèle à des ferrailleurs la vente prochaine de l’édifice et sa destruction en pièces détachées. Il empoche le fruit de la transaction de la part de l’acquéreur.

Pour réaliser son projet, Victor Lustig donne rendez-vous à cinq magnats de la ferraille dans sa chambre de l’hôtel Crillon. Le luxueux établissement doit faire illusion. Sous un faux air de confidence, l’aigrefin évoque la fin prochaine de la tour Eiffel. D’un air entendu, il indique que les offres doivent lui être parvenues d’ici demain. Bien évidemment, motus et bouche cousue, car le sujet est très sensible.

Sur les cinq invités, un seul mord à l’hameçon : André Poisson. Par la destruction de la haute tour, l’industriel veut se faire une réputation dans le grand monde. Il remet 80 000 francs au faux fonctionnaire. Celui-ci empoche la somme, et prend la tangente à l’étranger. La victime, roulée dans la farine, ne portera pas plainte, tant la honte surpasse son envie d’obtenir justice.

Condamné à 15 ans de prison pour fausse monnaie

La folle histoire ne s’arrête pas là. Victor Lustig va retenter la même combine un mois plus tard. Cette fois, le potentiel pigeon a plus d’un tour dans ses plumes, et dénonce l’usurpateur, qui doit prendre la fuite en Amérique. Quelques années plus tard, en 1935, l’escroc est condamné par la justice américaine dans une vaste affaire de fausse monnaie. Emprisonné dans la célèbre prison Alcatraz, le vendeur de tour Eiffel décède en 1947.



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