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Il s’exhibe dans l’Orne, puis monte dans le bus avec une mineure et menace de la violer



Les faits se sont produits à Mortagne-au-Perche (Orne) le 27 janvier 2025. Vers 16 h 30, trois élèves de sixième quittent le collège Bignon pour se rendre au gymnase où les attend leur entraînement hebdomadaire de judo.

En traversant le jardin public, ils croisent un homme manifestement ivre qui se met à uriner en public, exhibant ainsi son sexe à la vue de ces jeunes. Plus inquiétant, il les interpelle en leur déclarant qu’il sait dans quelle école ils sont et qu’ils se rendent au judo.

« J’ai des envies »

Les garçons ayant passé leur chemin, le prévenu se rend à l’arrêt de bus qui se trouve près de l’école et tente de s’approcher et de toucher une adolescente qui se trouve là.

Enfin il monte dans le bus et menace une jeune fille :

Tu sais ce qu’on fait aux filles de 15 ans ? On les viole. Moi, je vais te violer la semaine prochaine.

Le prévenu de 45 ans à une adolescente, dans le bus

Puis joignant le geste à la parole, il désigne son entrejambe et ajoute : « J’ai des envies. Tous les hommes en ont ».

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« C’est la faute à l’alcool »

La procédure nous apprend que l’homme ne travaille pas et vit chez sa mère à La Chapelle-Montligeon. Visiblement sa seule occupation consiste à s’alcooliser de manière « occasionnelle mais massive, pouvant aller jusqu’à cinq litres de bière forte (8.6) par jour » selon les enquêteurs.

Interrogé sur les faits, le prévenu se défend : « c’est la faute à l’alcool. Je ne me souviens de rien », ce qui provoque une vive réaction du président Martin.

Le coup de’ je ne me souviens de rien à cause de l’alcool’, je l’ai entendu 10.000 fois dans ce prétoire, alors j’en ai ras le bol.

Eric Martin, président du Tribunal d’Alençon

Vous faites quoi de votre vie ?

S’ensuit un échange plus éducatif que judiciaire entre le président et le prévenu : « A 45 ans, vivre chez sa mère sans travailler, ce n’est pas glorieux. Vous faites quoi de votre vie ? ». Réponse du prévenu : « je n’ai pas la motivation ». Le président reprend : « Et votre mère, elle a la motivation pour vous faire à manger tous les jours avec ses 450 € de RSA ? »

Le casier judiciaire de prévenu fait état de trois mentions pour usage de stupéfiants, la dernière remontant à 2012.

On apprend que, sans emploi depuis 15 ans, l’homme a travaillé pendant 10 ans dans la logistique et qu’il dispose d’une formation de cariste. Le président Martin ne peut manquer de lui faire remarquer que cette spécialité est assez demandée dans les entreprises et qu’il devrait pouvoir rapidement retrouver un emploi. En revanche, il n’a jamais voulu passer son permis de conduire « à cause de l’alcool » explique t-il, ce qui lui vaut cette remarque de la représentante du parquet : « Boire ou conduire, il faut choisir. Vous avez choisi : c’est boire ! »

Vacuité existentielle

Le rapport de l’expert psychiatre décrit le prévenu comme présentant une « immaturité psycho affective ». Constatant qu’il n’a jamais entrepris de démarche d’autonomie en prenant un appartement, il évoque « une vacuité existentielle » et s’inquiète de « son absence totale de désir et de projet ». Pour conclure, il met en garde : « tant qu’il continuera de s’alcooliser, le risque de récidive persistera ».

« J’étais pétrifiée »

La partie civile souligne que tous ces jeunes ont été marqués par l’attitude inquiétante du prévenu. Elle rapporte le témoignage de la jeune A., 15 ans « j’étais pétrifiée » tandis que le petit G., 11 ans, déclare « j’avais peur qu’il nous enlève ». Elle ajoute que le jeune garçon reste angoissé et fait des crises d’eczéma depuis les faits.

Trois infractions en moins d’une heure

La représentante du parquet constate que l’alcoolisation du prévenu l’a amené à commettre trois infractions sexuelles en moins d’une heure qui ont fait cinq victimes mineures. Elle retient la culpabilité et requiert 12 mois d’emprisonnement dont huit mois assortis du sursis probatoire avec une obligation de soins, un travail d’intérêt général, une interdiction de contacts avec les victimes et une interdiction de paraître à Mortagne.

Douze mois avec sursis

La défense souligne que le prévenu « assume ses actes » et « qu’il n’est pas dénué d’empathie ». Elle plaide pour un travail d’intérêt général.

Le prévenu est relaxé pour les menaces. En effet si celles-ci ont bien eu lieu, il faut qu’elles aient été réitérées pour pouvoir être retenus judiciairement, ce qui ne semble pas être le cas.

Pour les deux autres motifs, il est condamné à 12 mois avec sursis probatoire assorti d’une obligation de soin et de travail et d’une interdiction de paraître à Mortagne-au-Perche.



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