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il rejoignait sa belle fille de 14 ans dans son lit, « tout s’est effondré pour elle »



Son petit frère, qui se trouvait en haut du lit superposé, pensait qu’il venait lui raconter des histoires… Carlos, un habitant de 48 ans de Varennes-sur-Seine (Seine-et-Marne) a comparu, ce lundi 17 février 2025, devant le tribunal correctionnel de Fontainebleau. Il devait répondre de faits d’agression sexuelle imposée à une mineure de moins de 15 ans, mais aussi de violences en état d’ivresse, à la suite du signalement réalisé par sa belle-fille. L’affaire débute par une information préoccupante, en mars 2024. Un signalement est adressé au procureur de la République de Fontainebleau par l’établissement dans lequel est scolarisé Lara*.

Le beau-père condamné pour des agressions sexuelles et violences

En pleure, elle confie à sa professeure principale avoir subi des attouchements de la part de son beau-père, durant l’été 2020. L’adolescente, alors âgée de 13 ans, s’était également confiée à une surveillante et déclare à chaque fois la même chose. Une version qu’elle confirme encore devant les policiers. Alors qu’elle était scolarisée en 4e, son beau-père se serait glissé dans son lit. Il lui aurait alors mis la main dans la culotte, puis avait touché ses parties intimes. Selon elle, il empestait l’alcool à chaque fois.

La victime, pétrifiée, aurait tenté de bouger pour réveiller son frère, mais aussi sa mère… Dans leur logement de Montereau-Faut-Yonne, à l’époque, la famille recomposée dort dans la même chambre. Le frère et la sœur dans un lit superposé, la mère et son conjoint dans un autre lit, les deux espaces étant séparés d’une armoire. Sous le choc, Lara ne parvenait toutefois pas à parler, mais cherchait à repousser les assauts de son beau-père en bougeant dans son lit.

Un homme qu’elle connaît depuis toute petite et qu’elle considère par ailleurs comme son propre père, qu’elle n’a pas connu. Lara fini par parler de ces agressions à sa mère et la situation s’est compliquée, toute la cellule familiale continuant de cohabiter… Durant toute la procédure, Carlos a contesté les faits. « J’ai la certitude de n’avoir rien fait, je l’ai toujours considérée comme ma fille : je n’ai rien fait de ça », a-t-il insisté à la barre.

Un examen psychiatrique réalisé

« Comment expliquez-vous que son frère confirme que vous veniez la voir ? », a interrogé la juge. « J’étais le premier à m’endormir car partais tôt au travail’, répond le mis en cause. Selon les témoignages, l’homme aurait changé après les confinements, avec notamment une accélération de sa consommation d’alcool. Un examen psychiatrique met en avant « une négation totale des faits, des réponses stéréotypées et un langage du corps et une irritabilité qui montrent qu’il est conscient de la faiblesse de ses arguments ».

À la barre, Carlos n’a jamais cessé de décroiser ses mains dans le dos, lors de ses déclarations, toujours accompagnées d’un tremblement de la jambe, durant la quasi-totalité de l’audience. Outre les agressions sexuelles, il est aussi mis en cause pour des violences sur la jeune fille. Alors que la famille a déménagé à Forges, il l’aurait saisie par le bras avant de la projeter contre un mur. À l’arrivée des policiers, Lara a une marque rouge au bras. Carlos, lui, accuse 1,8 g d’alcool dans le sang.

« Je reconnais l’avoir attrapée par le bras », a-t-il admis. « Ne pensez-vous pas que, vu le contexte (les accusations d’agressions sexuelles, ndlr), cela aurait pu être une forme de pression pour qu’elle retire sa plainte ? », a poursuivi la juge qui s’est ensuite adressée à la victime. « Confirmez-vous ce qui vient d’être dit ? », demande-t-elle. L’adolescente hoche la tête. « Tout s’est effondré pour elle, a souligné l’avocate de la jeune fille. Il était la figure de référence et elle l’appelait même papa. Elle a un sentiment de culpabilité d’avoir révélé ces faits ».

« Pourquoi aurait-elle inventé cette histoire ? »

Dans ses réquisitions, la procureure a rappelé « les effets dévastateurs d’une telle révélation. Pourquoi aurait-elle inventé cette histoire ? », a-t-elle interrogé, demandant 4 ans de prison dont trois ans avec sursis et l’inscription au Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). L’avocate du prévenu a quant à elle demandé la relaxe de Carlos, rappelant qu’il a toujours maintenu sa version.

Il a finalement été reconnu coupable de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés et condamné à 36 mois de prison, dont 30 mois avec un sursis probatoire d’une durée de deux ans. La peine ferme de 6 mois sera aménageable sous la forme du port d’un bracelet électronique. Une obligation de travail, de soins, d’indemnisation des victimes a aussi été délivrée. Il a par ailleurs interdiction d’entrer en contact avec elle ou de paraître à son domicile.

Il devra également verser 2 500 € à la mère de la victime et 3 000 € à Lara. Carlos a aussi l’interdiction de travailler avec des mineurs pour une durée de 5 ans et a fait l’objet d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

*La victime étant mineure au moment des faits et l’affaire portant sur une agression sexuelle, le prénom a été modifié.



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