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il refuse de rendre sa fille de 9 ans à sa mère, l’affaire jugée à St-Malo

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Ce monsieur est déterminé. Le 21 février 2025, il est monté au sommet d’une grue, à Saint-Malo, pour protester contre la décision de la cour d’Appel d’Angers l’obligeant à remettre sa fille de neuf ans à sa mère, domiciliée en Haute-Savoie.

« Ma fille est en danger avec sa mère »

Mardi 4 mars, il comparaissait devant le tribunal de Saint-Malo pour « non-présentation d’enfant à une personne ayant le droit de le réclamer ».

Il assure qu’elle est danger avec cette mère dont il est séparé depuis 2018, soit deux ans après la naissance de l’enfant.

La résidence de la fillette avait été fixée, en 2019, au domicile de la maman, par le juge aux affaires familiales, avec l’accord du père, qui avait un droit de visite régulier. Mais ce dernier assure que sa fille lui a confié « avoir reçu des fessées, un coup de brosse, été projetée sur le canapé. Elle était sous pression psychologique et malnutrie ». Il décide alors de ne pas rendre l’enfant à sa mère et porte plainte contre elle, en février 2023.

Une affaire classée sans suite

Cependant, lui rappelle Angélique Dingreville, présidente de l’audience, « une enquête a été menée et n’a rien mis en évidence. L’affaire a été classée en juillet 2023 ».

Les gendarmes renoncent

En août 2024, « le juge des enfants ne laisse pas le choix au père ». La maman se rend donc à son domicile, accompagnée de gendarmes. Il refuse qu’elle pénètre chez lui. Les gendarmes prennent la fillette qui est alors « prise de panique. Les militaires renoncent à repartir avec elle, compte tenu de son état », relate la juge.

Devant le tribunal, le père prétend protéger son enfant. Depuis quelque mois, il se contente de laisser discuter la mère et la fille, pendant quelques minutes, au téléphone, sous sa surveillance. « Votre fille a neuf ans, elle va bien devoir construire un lien avec sa mère », poursuit la magistrate. « Je ne refuse pas qu’elle la voie, mais je souhaite, qu’elle soit en sécurité, autrement dit lors de visites médiatisées, dans un lieu neutre », répond-il.

La fillette placée en famille d’accueil

Résultat de cette situation inextricable : à la suite du coup d’éclat du père sur la grue, l’enfant de neuf ans a été confiée, provisoirement, à une famille d’accueil. Demain jeudi 6 mars, le juge aux affaires familiales se prononcera sur le prolongement ou pas de la mesure éducative.

Pour Adeline Houdusse, avocate de la mère, « cette décision dramatique est la conséquence des positions extrêmes de ce père. Et pourtant, en ce moment, la petite fille est pétillante et joyeuse, peut-être parce qu’elle est libérée de cette pression. Elle a deux parents qui l’aiment, il faut simplement que Monsieur l’accepte ».

L’avocate rappelle que sa cliente n’a pu voir sa fille pendant 18 mois. « Quatre décisions de juges aux affaires familiales ont été rendues. Elle a fait plusieurs allers-retours, en vain, depuis la Haute-Savoie. Ce n’est pas elle qui a éloigné l’enfant de son père. Le couple vivait dans la région du Mans, lui a déménagé en Bretagne pour rejoindre sa famille. Au moment de cette audience, la maman a dû partir, car elle pouvait enfin voir sa fille pendant quelques instants. »

Adeline Houdusse demande l’euro symbolique en dommages et intérêts, mais plusieurs milliers d’euros pour toutes les dépenses auxquelles a été contrainte sa cliente.

« Aucune excuse »

Pour la procureure, Emilie Goyet, le père « n’a aucune excuse. Si sa petite fille va mal, il peut s’interroger sur la pression qu’il exerce sur elle. Préférer risquer le placement de son enfant plutôt qu’entendre raison, cela est inquiétant. Il s’oppose de façon bornée à toute reprise de lien avec la mère. » Elle requiert six mois de prison avec sursis.

Pierre Stichelbaut, avocat de la défense, s’offusque du portrait de son client que fait la procureure : « Il n’a rien du butté ou borné puisqu’il avait accepté, au départ, que la résidence de l’enfant soit chez la mère. L’affaire de violence est classée sans suite, donc on ne dit plus rien ? Une expertise psychologique conclut tout de même qu’il y a lieu d’accorder crédit au dire de l’enfant. Enfant qui fait un blocage à l’idée de voir sa mère alors qu’on a tout fait pour le permettre. Au regard de certaines jurisprudences, je demande la relaxe pour mon client qui ne pouvait contraindre sa fille à aller chez sa mère. »

La justice rendra sa décision le 1er avril 2025.



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